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Qui pour diriger le Théâtre du Nord en 2021 ?

 

Le metteur en scène Christophe Rauck va prendre la direction du CDN – le théâtre Nanterre-Amandiers à partir du 1er janvier 2021. Voici la liste des artistes sélectionné.e.s par les tutelles pour présenter un projet afin de lui succéder. 

Mathieu Bauer

© Jean-Louis Fernandez

La préoccupation majeure de Mathieu Bauer est de trouver des formes susceptibles de traduire les enjeux de notre époque. Guidé par l’idée d’un théâtre qui mêle intimement la musique, le cinéma et la littérature, où le montage est pensé comme instrument du décloisonnement entre les formes artistiques, Mathieu Bauer travaille à partir de matériaux très divers : des articles de presse, des essais, des romans, des films, des opéras et des pièces de théâtre. Il compose de nouvelles partitions qui articulent le rythme, le texte, le chant et l’image. C’est la singularité de son travail et la grammaire de sa pratique théâtrale.

Après une formation de musicien, il crée la Compagnie Sentimental Bourreau avec d’autres artistes comme Judith Henry, comédienne, Sylvain Cartigny, musicien, Martin Selze, comédien, animés par ce désir de dire le monde et son époque. Cette aventure collective a vu naître de nombreux spectacles comme Les Carabiniers d’après les scénarios de Jean-Luc Godard, Roberto Rossellini et Jean Gruault (1989). À partir de 1999, Mathieu Bauer prend la direction artistique de la compagnie, qui s’ouvre à de nouveaux collaborateurs : Marc Berman, Georgia Stahl, Kate Strong, Matthias Girbig. Il crée entre autres Les Chasses du comte Zaroff d’après Masse et Puissance d’Elias Canetti et le scénario du film Les Chasses du comte Zaroff (2001); L’Exercice a été profitable Monsieur d’après Serge Daney (2003); Rien ne va plus d’après Stefan Zweig et Georges Bataille (2005); Top Dogs d’Urs Widmer (2006); Tristan et… de Lancelot Hamelin, sur une libre adaptation du livret de Richard Wagner (2009). En 2011, il crée Please Kill Me sur l’histoire du mouvement punk, d’après le recueil de Legs McNeil et Gillian McCain.

Depuis le 1er juillet 2011, Mathieu Bauer dirige le Nouveau théâtre de Montreuil–CDN. Les œuvres programmées et produites sont portées par des artistes qui interpellent, et qui mettent le présent au cœur de leur travail. Avec cette idée que le théâtre d’aujourd’hui, au-delà du texte, se construit aussi à partir d’images, de corps et de sons. C’est pourquoi le Nouveau théâtre de Montreuil est ouvert à une pluralité de formes, au cirque, à la danse, à l’image, à la musique, et place au cœur de son projet le théâtre musical.

Lors des saisons 2012/2013 et 2013/2014, Mathieu Bauer crée un projet singulier et fédérateur avec la «série théâtre» Une Faille, puis, en 2015, The Haunting Melody. En avril 2016, il imagine une première version de DJ set (sur) écoute, spectacle créé en octobre 2016 au Subsistances à Lyon, depuis en tournée chaque année. Au printemps 2016, il met en scène Shock Corridor au Théâtre National de Strasbourg avec la promotion sortante (groupe 42), spectacle présenté ensuite au Nouveau théâtre de Montreuil. En novembre 2017, il crée à La Pop Les Larmes de Barbe-Bleue. À l’automne 2018, il crée Western, d’après le film La Chevauchée des bannis d’André de Toth (adapté du roman de Lee Wells), et propose un diptyque, Une Nuit américaine, réunissant Shock Corridor et Western.

En septembre 2019 il crée L’Œil et l’Oreille, un spectacle sur le duo Fellini/Rota pour l’ouverture du théâtre du Rond-Point, sur une commande de l’Adami. Cette même année, il crée en novembre le ciné-concert performé Buster, à partir du film La Croisière du Navigator de Buster Keaton, qui sera repris en septembre 2021 au Nouveau théâtre de Montreuil. Ce spectacle signera la fin de son mandat à la tête de ce CDN, qui arrive à son terme en décembre 2021.

David Bobée

David Bobée fonde sa compagnie Rictus en 1999 à Caen.

Il œuvre pour un théâtre sans frontières. Ses interprètes viennent du champ théâtral, chorégraphique ou circassien, professionnels, amateurs ou en situation de handicap, et brillent par leur diversité de nationalités et de cultures. Avec elles et eux, il donne à réfléchir le monde depuis ses périphéries et ses identités différentielles. Affirmant des codes esthétiques populaires, son propos procède toujours d’un soulèvement.

David Bobée est engagé dans une recherche théâtrale transdisciplinaire. À partir du dispositif scénique, il met en œuvre conjointement une scénographie, l’écriture dramaturgique, le travail du son, de l’image et du corps. Ses créations sont transdisciplinaires dans la forme et fondamentalement humanistes, elles mêlent le théâtre, la danse, le cirque, la musique, la vidéo, la lumière. Il a longtemps été le collaborateur artistique d’Éric Lacascade, comédien et danseur avec Pascal Rambert.

Au début de sa carrière, et encore aujourd’hui, il met en scène de nombreux textes contemporains en travaillant notamment très régulièrement avec l’auteur Ronan Chéneau (aujourd’hui auteur associé et artiste permanent du CDN de Normandie-Rouen): Le laboratoire d’imaginaire social, Res persona, Fées, Cannibales, Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue, Warm, Petit Frère, My Brazza, Mesdames messieurs et le reste du Monde, ou avec d’autres auteurs avec lesquels il crée This is the end (Ch. Soto), Gilles (C. Orain), Je t’a(b)îme (S. Belbel), Dedans Dehors David (D. Cooper), Paris (F. Ciriez).

À partir de 2010, il revisite les textes du grand répertoire auquel il offre les outils du théâtre le plus contemporain proposant ainsi de grands spectacles populaires ; un théâtre de troupe capable de fédérer un public large et diversifié: William Shakespeare Roméo et Juliette, Hamlet, Victor Hugo Lucrèce Borgia, Ovide Les métamorphoses, Les lettres d’amour, Pedro Calderon de la Barca La vie est un songe, Henrik Ibsen Peer Gynt…

Entre 2007 et 2013, David Bobée est artiste associé à l’Hippodrome, scène nationale de Douai. Il sera artiste associé au Théâtre national de Chaillot entre 2011 et 2013 et collaborateur du Gogol center et du Platform project à Moscou entre 2011 et 2015. Il collabore avec de nombreux théâtres à l’étranger, notamment de façon rapprochée avec le Gogol Center de Moscou, l’espace Go de Montréal, La Gata Circo de Bogota et l’Espace Yaro à Pointe Noire, le Théâtre Salihara à Jakarta.

Il aime à multiplier les rencontres avec des artistes venus d’horizons différents : le chorégraphe congolais Delavallet Bidiefono, le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov avec lesquels il signe plusieurs créations, le réalisateur François Goetghebeur avec lequel il tourne un film de théâtre pour Arte, le clown Gilles Defacque, la comédienne indonésienne Ine Febriyanti, les chorégraphes tunisiens Hafiz Dahou et Aïcha M’Barek, le rappeur Joeystarr pour lequel il monte le spectacle Elephant man, la cheffe d’orchestre Laurence Equilbey, la comédienne Béatrice Dalle ou l’autrice Virginie Despentes…

En 2013, il est nommé à la direction du Centre Dramatique National de Normandie-Rouen. Son mandat est marqué par la création de la structure juridique sous forme d’EPCC, la fusion de deux équipes réparties sur les théâtres de trois villes différentes. Il y a affirmé son esthétique transdisciplinaire et le théâtre populaire qu’il défend. En quelques années, avec son équipe, il a fait de ce nouveau CDN un lieu dynamique pour le territoire avec une forte visibilité nationale et internationale, reconnu pour son pôle de production et son engagement citoyen. Il engage son action institutionnelle à l’endroit de la parité HF, de la représentativité de la diversité, de
l’accessibilité à la pratique culturelle et artistique et du développement durable des outils culturels et des activités artistiques. Durant son mandat, les théâtres (Espace culturel Marc Sangnier, Théâtre de la Foudre et Théâtre des deux rives) sont pleinement rénovés.

Entre 2017 et 2020, il met en scène plusieurs opéras : The Rake’s progress de Stravinsky au Théâtre de Caen, La nonne sanglante de Charles Gounod à l’Opéra-Comique à Paris, Tosca de Giacomo Puccini à l’opéra de Normandie-Rouen et Tannhäuser de Richard Wagner, crée au Stadttheatr de Klagenfurt en Autriche. Il dirige les mises en scène d’autres spectacles musicaux avec des ensembles baroques : Dios proveerá sur le répertoire colombien de la période coloniale, Louées soient-elles, mettant en scène les cantates et oratorios de Haendel à l’opéra de Rouen et Stabat mater de Giovanni Battista Pergolese. Il a également mis en scène des spectacles de Cirque Dios proveerá, Warm, This is the end… Artiste engagé, il défend par ses œuvres, ses écrits et ses actions une haute idée du service public de la culture et engage son théâtre contre toute forme de discrimination. En 2015, il devient membre du Collège de la diversité au sein du Ministère de la Culture et confonde le collectif Décoloniser les arts qui travaillent à une meilleure considération de la diversité sur les plateaux de France.

En tant que directeur d’institution publique, il plaide pour des programmations paritaires, un juste partage des moyens de production entre les hommes et les femmes, une programmation diversifiée, une accessibilité des œuvres pour toutes et par tous en commençant par les personnes les plus empêchées dans leur pratique culturelle, que ces éloignements soient physiques, culturels, sociaux ou psychologiques. Il engage le CDN dans une lutte contre toutes les discriminations, à ce titre les créations du feuilleton Mesdames messieurs et le reste du Monde (dédié aux questions de genre) pour le Festival d’Avignon, le spectacle Viril, avec Virginie Despentes, Casey et Béatrice Dalle sur les nouveaux féminismes, Les arrivants écrit avec Ronan Chéneau ou Les Inamovibles avec Giovanni Houansou sur les questions migratoires en sont des marqueurs importants. Il anime de nombreux ateliers de formation continue, de sensibilisation, de transmission ou d’insertion, participe régulièrement à débats d’ordres esthétiques ou politiques ainsi que des colloques professionnels ou universitaires, en France comme à l’étranger.

Ses projets à venir sont: la création d’un spectacle jeune public (6-8 ans) intitulé Ma couleur préférée ; la création d’un Shakespeare au Congo dans le cadre du jumelage avec l’espace Yaro; la création de Fidelio de Beethoven (dirigé par Laurence Equilbey) à la Seine musicale; la création avec Joeystarr de Black Label de Léon-Gontran Damas.

Fanny de Chaillé

Fanny de Chaillé s’intéresse avant tout à la langue, aux espaces qui se trament derrière elle, cachés derrière des aspects prêts à l’emploi et ses images dramatiques stéréotypées. Un travail qu’elle a initié – sans souci du genre artistique : théâtre, danse ou performance – avec des pièces telles que KARAOKURT (un karaoké de la célèbre Ursonate de Kurt Schwitters) et LE VOYAGE D’HIVER, un travail à la fois de lecture-performance et de réécriture à partir du texte éponyme de Perec. La langue se travaille non pas à l’endroit de l’interprétation mais là où il est possible de la faire résonner comme un objet plastique, de la faire entendre comme un jeu de sens multiples. (Alexandra Baudelot)

De 1996 à 2001, après des études universitaires d’Esthétique à la Sorbonne, Fanny de Chaillé travaille avec Daniel Larrieu au Centre chorégraphique national de Tours, d’abord assistante à la mise en scène pour les pièces ON ÉTAIT SI TRANQUILLE, FEUTRE (dont elle compose la musique avec Rubin Steiner) et +QU’HIER, puis en tant qu’interprète pour CENIZAS.
Fanny de Chaillé collabore en parallèle aux travaux de Matthieu Doze (réalisation des films du solo sous eXposé) et à ceux de Rachid Ouramdane (elle est interprète sur FACE CACHÉE et À L’OEIL NU et réalisatrice sonore pour AU BORD DES MÉTAMORPHOSES et LES MORTS PUDIQUES). Avec Gwenaël Morin, elle joue dans le film ANÉANTIS MOVIE et dans les pièces GUILLAUME TELL, PHILOCTÈTE et LORENZACCIO.

Depuis 1995, elle crée ses propres pièces, installations et performances : KARAOKURT (1996), karaoké réalisé à partir de l’œuvre de Kurt Schwitters, l’Ursonate ; LA PIERRE DE CAUSETTE (1997), installation-performance ; LE ROBERT (2000), performance pour un danseur et un dictionnaire ; LE VOYAGE D’HIVER (2001), lecture performance à partir d’un texte éponyme de Georges Perec ; WAKE UP (2003), concert pour 55 réveils préparés ; mais aussi UNDERWEAR, POUR UNE POLITIQUE DU DÉFILÉ (2003), TA TA TA (2005), AMÉRIQUE (2006), GONZO CONFÉRENCE et À NOUS DEUX (2007), pièces chorégraphiques. Fanny de Chaillé collabore par ailleurs comme dramaturge avec Emmanuelle Huynh, pour CRIBLES ET SHINBAÏ, LE VOL DE L’ÂME (2009), elle assiste Alain Buffard, pour TOUT VA BIEN (2010) et BARON SAMEDI (2012) et rejoint une SESSION POSTER initiée par Boris Charmatz au Festival d’Avignon en 2011.

Elle a fondé avec Grégoire Monsaingeon le duo musical LES VELOURSES, avec qui elle conçoit MMEELLOODDYY NNEELLSSOONN dans la série intitulée “albums” du Théâtre de la Cité Internationale à Paris dont elle est artiste associée pendant trois ans. Elle présente en 2010, lors d’un “Week-end à la Cité”, LA BIBLIOTHÈQUE menée avec 23 résidents de la Cité universitaire internationale, projet qu’elle continue régulièrement à mettre en œuvre en France et à l’étranger. En 2011, elle y crée JE SUIS UN METTEUR EN SCÈNE JAPONAIS, d’après le texte Minetti de Thomas Bernhard et PASSAGE À L’ACTE co-signé avec le plasticien Philippe Ramette. En 2013, elle est invitée du Nouveau Festival du Centre Pompidou et propose avec la scénographe Nadia Lauro, LA CLAIRIÈRE.

Ses plus récentes pièces, LE GROUPE (2014) d’après la Lettre de Lord Chandos de Hugo von Hoffmannsthal, et CHUT (2015) un hommage à Buster Keaton, ont été créées à Malraux, Scène nationale Chambéry Savoie. Sa collaboration avec Pierre Alferi commence avec COLOC dans le cadre de l’Objet des Mots/ActOral 2012, et le duo RÉPÈTE – un duo avec Pierre Alferi dans le cadre de Concordanse 2014 – et se poursuit aujourd’hui avec LES GRANDS (2017) où elle interroge le statut d’adulte et les différentes strates de réalité qui constituent un individu.

Elle a été artiste associée au CND à Lyon de 2017 à 2020 et y a proposé des Journées d’étude ouvertes à la communauté artistique, aux amateurs et étudiants qui ont permis des rencontres et échanges élaborés autour de thématique ouvrant des temps de réflexion et de mises en commun de questions théoriques et sensibles (« La dramaturgie en danse », « L’interprète en danse », « La production, enjeux et usages » ou encore « Faire parler la danse »).

Depuis 2014, Fanny de Chaillé est artiste associée à Malraux, scène nationale Chambéry Savoie où elle a créé sa plus récente pièce destinée aux amphithéâtres d’universités ; DÉSORDRE DU DISCOURS (2019) d’après « L’ordre du discours » de Michel Foucault (ed. Gallimard) présentée également au Festival d’Automne à Paris.
Elle y a également imaginé un projet d’ AUDIOGUIDE : LE MONT-CENIS (2019), documentaire audio qui donne la parole à ses habitants ainsi qu’un projet d’installation destiné aux espaces publics POÈME MONUMENT (2020) en collaboration avec le designer David Dubois.

Fanny de Chaillé est invitée à mettre en scène 10 jeunes comedien.ne.s pour Talents Adami Théâtre 2020 et le Festival d’Automne à Paris : elle leur propose un projet intitulé LE CHOEUR à partir de l’écriture du poète Pierre Alferi.

Séverine Chavrier

photo Mathias Steffen

Directrice du CDN Orléans / Centre-Val de Loire, Séverine Chavrier a rapidement déployé un projet aux lignes de programmation claires, riches et décloisonnées, invité nombre d’artistes internationaux, inscrit un nouveau temps fort festivalier à Orléans avec les SOLI, insufflé des rencontres d’artistes locaux et internationaux autour de la pratique de l’improvisation avec les Voyages divers, soutenu la création contemporaine avec des résidences et coproductions, irrigué le territoire régional avec des spectacles proposés en itinérance, attiré la jeunesse dans les salles de spectacle avec la gratuité étudiante, développé la formation et œuvré à l’insertion professionnelle de jeunes artistes. Elle a également encouragé la mise en place de plusieurs installations éphémères dans les espaces communs du Théâtre d’Orléans et a été moteur dans cette préoccupation d’accueil, de circulation des publics et cette sensibilisation à la nécessité d’un théâtre qui soit un lieu de vie.

À son arrivée à la direction du CDNO, Séverine Chavrier a inventé un rendez-vous annuel, les Voyages divers, composé de soirées d’improvisation au cours desquelles elle réunit, autour de son piano préparé, une pléiade d’artistes venus de tous univers artistiques confondus (Rébecca Chaillon, Jean-Pierre Drouet, David Geselson, Maud Le Pladec, Dorothée Munyaneza, Laurent Papot…).

Musicienne, metteuse en scène et diplômée de philosophie, elle dirige le CDNO depuis janvier 2017.

Après une hypokhâgne, elle obtient une médaille d’or et un diplôme du Conservatoire de Genève en piano, ainsi qu’un premier prix d’analyse musicale. Elle se forme au jeu d’acteur très jeune, rejoint les cours de Michel Fau et François Merle puis participe à différents stages où elle continue de se former auprès d’artistes comme Félix Prader, Christophe Rauck, Darek Blinski, Rodrigo Garcia.

Chacun de ses spectacles est l’occasion de rencontres et de croisements.

En tant que comédienne et musicienne, elle multiplie les collaborations tout en dirigeant sa propre compagnie, La Sérénade interrompue. Aux côtés de Rodolphe Burger, elle rencontre Jean-Louis Martinelli pour qui elle crée et interprète la musique de plusieurs spectacles au Théâtre Nanterre-Amandiers (Schweyk de Bertolt Brecht, Kliniken de Lars Norén et Les Fiancés de Loches de Feydeau). En 2009, La Sérenade interrompue obtient l’aide au compagnonnage avec la compagnie FV de François Verret dont elle devient l’interprète pour trois créations au piano préparé jusqu’en 2012 (Cabaret, Do you remember no I don’t et Courts-Circuits).

Séverine Chavrier développe une approche singulière de la mise en scène, où le théâtre dialogue avec la musique, la danse, l’image et la littérature. Elle conçoit ses spectacles à partir de toutes sortes de matières : le corps de ses interprètes, le son du piano préparé, les vidéos qu’elle réalise souvent elle-même. Sans oublier la parole, une parole erratique qu’elle façonne en se plongeant dans l’univers des auteurs qu’elle affectionne.

En 2009, sa pièce Épousailles et représailles, d’après Hanokh Levin, créée au théâtre Nanterre-Amandiers puis programmée au Centquatre-Paris par L’Odéon – Théâtre de l’Europe, dans le cadre du Festival Impatience, dissèque les vicissitudes du couple avec humour, cruauté et humanité.
En octobre 2011, Séverine Chavrier, alors artiste associée au Centquatre – Paris, y crée, dans le cadre du Festival Temps d’images d’Arte, Série B – Ballard J. G., inspirée de James Graham Ballard, puis, au Festival d’Avignon 2012, Plage ultime, repris notamment au Théâtre Nanterre-Amandiers et à la MC2 Grenoble.

Depuis 2013, elle intervient régulièrement à l’École supérieure des Arts du cirque de Châlons-en-Champagne, le CNAC, et accompagne les élèves pour les Échappées.

Entre 2014 et 2016, elle est invitée à créer deux pièces au Théâtre Vidy-Lausanne, Les Palmiers sauvages, d’après le roman de William Faulkner, et Nous sommes repus mais pas repentis, d’après Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard. Après des tournées sur les plus grandes scènes françaises (Bonlieu, scène nationale d’Annecy, Nouveau Théâtre de Montreuil, Comédie de Reims, Théâtre d’Arras, l’Apostrophe de Cergy-Pontoise, Théâtre Liberté de Toulon…), ces deux pièces sont présentées en diptyque à l’Odéon-Théâtre de l’Europe au printemps 2016. Elles ont toutes deux été reprises au CDN Orléans / Centre-Val de Loire et seront en tournée pendant les saisons 2018/2019 et 2019/2020.

Depuis 2015, Séverine Chavrier développe par ailleurs un travail au long cours avec la création d’Après coups, Projet Un-Femme dont les deux premiers volets, créés en 2015 et 2017, ont été présentés au Théâtre de la Bastille à Paris et en tournée à Lyon, Rouen et Orléans, réunissant des artistes femmes venues du cirque et de la danse. Un diptyque a été créé à Orléans avant d’être présenté au Théâtre National de Bretagne (Rennes), au Manège de Reims et à la MC 93.

La musique, qu’elle joue dans ses propres mises en scène ou avec de prestigieux improvisateurs, continue d’occuper une place importante dans sa vie d’artiste. En 2013, elle improvise au piano, en duo avec Jean-Pierre Drouet aux percussions pour le Festival d’Avignon et l’Opéra de Lille, et en trio avec Bartabas à La Villette. À l’automne 2016, à La Pop (Paris), elle crée avec Mel Malonga, bassiste congolais, le spectacle Mississippi Cantabile, rencontre musicale entre Nord et Sud.

En janvier 2020, à l’invitation de Carmen Romero et du Festival Santiago a Mil, Séverine Chavrier a mis en scène une version en espagnol des Palmiers sauvages, Las Palmeras Salvajes, interprétée par deux acteurs chiliens : Claudia Cabezas et Nicolás Zárate.

En 2020, sa création autour de l’adolescence et de la musique, Aria da capo, est créée au Théâtre National de Strasbourg en partenariat avec le Festival Musica. Ce spectacle est en tournée pendant la saison 20/21 (CDN Orléans / Centre-Val de Loire, Théâtre de la Ville-Les Abbesses, Paris et le Centre Pompidou).

Blandine Savetier

photo Jean-Louis Fernandez

Blandine Savetier a partagé une grande partie de sa vie entre la France et la Belgique. Elle a vécu en Afrique, aux Etats-Unis, en Russie et en Asie Centrale.

Après un début dans le dessin et une maîtrise d’Arts du spectacle, elle se forme au jeu notamment auprès de Claude Buchvald, Stanislas Nordey, Thierry Salmon (Belgique), Marc Liebens (Belgique), et suit les master classes d’Anatoli Vassiliev à Moscou et Paris. Puis elle intègre l’Unité nomade de formation à la mise en scène dirigée par Josyane Horville, et travaille avec André Engel, Bob Wilson et surtout avec Krystian Lupa. Elle travaille comme collaboratrice artistique, notamment avec Stanislas Nordey et Thierry Roisin.

Depuis septembre 2014, elle est artiste associée au Théâtre National de Strasbourg, dirigé par Stanislas Nordey. Auparavant, elle est artiste associée durant 4 ans à la Comédie de Béthune, Centre Dramatique National du Nord-Pas-de-Calais.

Elle crée son premier spectacle professionnel, Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon à Bruxelles en 2002 (tournée en France et au Liban) et fonde la compagnie Longtemps je me suis couché de bonne heure. Elle met en scène entre autres :L’Assassin sans scrupules… de Henning Mankell (Comédie de Béthune, Théâtre Gérard Philipe, Théâtre de la Place à Liège), Le Président de Thomas Bernhard (Comédie de Béthune – Théâtre National de la Colline), prix du Syndicat de la critique, Le Marin de Pessoa (Théâtre National de Bretagne), La Petite Pièce en haut de l’escalier de Carole Fréchette (TNB – Festival Mettre en Scène – Théâtre du Rond-Point), Oh les beaux jours de Samuel Beckett (Comédie de Béthune – Théâtre de la Commune Aubervilliers, Théâtre National de Toulouse), La Vie dans les plis d’Henri Michaux (Comédie de Béthune – Théâtre Nanterre-Amandiers), Love and Money de Denis Kelly (Théâtre National de Strasbourg – Théâtre du Rond-Point). Elle a créé Neige d’Orhan Pamuk, au TNS en 2016 au Théâtre National de Strasbourg ; depuis le spectacle a tourné en France et à l’étranger (Chine, États-Unis).

Elle intervient régulièrement comme enseignante dans les Écoles nationales de théâtre (Théâtre National de Bretagne, l’Académie du Limousin, Atelier Volant du Théâtre National de Toulouse, le Centre des Arts Scéniques et le Théâtre National de Bruxelles, l’ENSATT, le Théâtre National de Strasbourg, Ier Acte à La Colline-théâtre national). Elle dirige la Classe Préparatoire théâtre de Mulhouse créée en collaboration avec le TNS et La Filature en 2018. La direction d’acteurs tient une place centrale dans son travail de metteure en scène et est pour elle un objet de recherche continu.

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