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Yves Mersch : « Pour rivaliser avec les Etats-Unis, l’Europe devra résoudre ses déficiences structurelles »

En vingt-deux ans, Yves Mersch a participé à plus de 530 réunions du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, d’abord comme gouverneur de la banque du Luxembourg, puis depuis 2012 comme membre du directoire de la BCE. Cela fait de lui l’une des principales mémoires de l’euro.

Alors que son mandat se termine le 14 décembre, cet ancien négociateur du traité de Maastricht, qui a consacré sa vie professionnelle à l’Union européenne, porte un regard globalement satisfait sur la monnaie unique. Mais ce « faucon » modéré, partisan de budgets équilibrés et de rigueur monétaire, prévient que l’UE doit poursuivre les réformes structurelles pour renforcer son économie. Il estime également qu’elle devrait en faire plus sur les questions de santé et de sécurité, au coeur des préoccupations des citoyens.

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Quel regard portez-vous sur l’euro aujourd’hui par rapport aux espoirs que vous nourrissiez lorsque vous avez négocié Maastricht ?

À l’époque, c’était un saut dans l’inconnu. Les marchés financiers internationaux étaient sceptiques. Et on ne savait pas si cette monnaie serait acceptée par les citoyens. Aujourd’hui, je suis très satisfait du résultat. D’abord, c’est une monnaie plébiscitée par plus de 75 % des Européens. Même les partis politiques les plus eurosceptiques se sont ravisés, car les citoyens ne veulent pas se défaire de cet acquis.

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C’est ensuite une monnaie appréciée par les entreprises et recherchée par les marchés financiers. Il y a quelques années encore, il y avait des inquiétudes quant à une possible désintégration de la zone euro. La réaction politique à la crise et l’action de la Banque centrale européenne ont éteint ces inquiétudes. Aujourd’hui, les écarts de taux entre les pays, entre les entreprises de ces pays, ont été rabotés. Il y a une demande accrue pour des actifs en euros de la part des investisseurs internationaux, même si la profondeur de nos marchés financiers n’a pas atteint celle d’autres juridictions, comme celle des Etats-Unis par exemple.

Le scepticisme à l’égard de l’euro demeure. La défiance exprimée à l’égard de l’union monétaire en Italie, au début de la pandémie de Covid-19, ou encore en Grèce, pendant la crise de 2012-2015, ne vous inquiète-t-elle pas ?

Il est toujours plus facile de blâmer l’Europe pour ce qui va mal et d’attribuer les succès à la politique nationale, et cela peut nourrir la défiance. Malgré tout, le soutien populaire à l’euro est fort – dans certains Etats membres, il frôle même les 90 %. N’oublions pas les transferts permanents au sein de l’UE, des pays les plus avancés vers les moins avancés.

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