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Violences faites aux femmes : des mobilisations à travers l’Amérique latine

Mises en garde d’association féministe, manifestations, chorégraphies : quelle que soit la méthode, les mobilisations se sont multipliées en Amérique latine à l’occasion de la Journée internationale des Nations unies (ONU) pour l’élimination de la violence contre les femmes, mercredi 25 novembre.

  • Hausse de 36,52 % des féminicides au Venezuela

Des femmes manifestent devant le ministère de l’intérieur et de la justice à Caracas, au Venezuela, mercredi 25 novembre.

Quelque 228 féminicides sont survenus en 2020 au Venezuela, soit 36,52 % de plus que l’année précédente, a annoncé une association spécialisée. « Nous avons observé une augmentation alarmante », a dit à l’Agence France-Presse (AFP) Aimee Zambrano, coordinatrice de l’organisation indépendante Monitor de Feminicidios, liée à la plateforme numérique Utopix.

Selon le Monitor, 159 de ces 228 meurtres se sont produits après l’introduction du confinement dans le pays, à la mi-mars. Des dizaines de femmes ont manifesté devant le palais de justice de Caracas et d’autres bâtiments publics, en scandant notamment : « On nous assassine, nous les femmes ! »

Le gouvernement vénézuélien a cessé de donner des chiffres officiels de féminicides en 2016, après en avoir annoncé 121 pour 2015.

  • Le gouvernement mexicain mobilisé

Des manifestants rassemblés devant le Palais du gouvernement à Mexico City, mercredi 25 novembre.

De son côté, la ministre de l’intérieur mexicaine Olga Sanchez a promis de mettre fin au « machisme qui tue » quelque 3 800 femmes chaque année dans le pays.

Au même moment, des milliers de femmes sont descendues dans la rue à Mexico pour manifester leur indignation face à cette violence endémique au Mexique. Les manifestantes se sont concentrées autour du Monument à la révolution avant de marcher en direction du Zocalo, la place principale dans le centre de Mexico, où se trouvent le palais présidentiel et la cathédrale.

Insistant sur la nécessité de « ne plus reproduire le système culturel machiste et patriarcal » très ancré au Mexique, la ministre de l’intérieur a estimé que ce pays a une « dette historique » envers les femmes. « Nous avons une dette historique envers les femmes, en particulier envers les victimes de la violence, et nous ne pouvons pas permettre l’impunité », a-t-elle martelé.

Selon les chiffres de l’Institut national des statistiques, les statistiques montrent également qu’en moyenne trente-deux filles âgées de 10 à 14 ans deviennent mères chaque jour à la suite d’abus sexuels, et qu’une sur quatre a subi des violences en milieu scolaire.

L’impunité dont bénéficient les agresseurs au Mexique est particulièrement problématique puisque en moyenne seule la moitié des meurtres classés comme féminicides sont condamnés. Dans certains Etats mexicains, l’impunité atteint même 98 %, selon un rapport présenté mercredi lors de la conférence matinale quotidienne du président Andrés Manuel Lopez Obrador. A cette occasion, le président mexicain a souligné que le phénomène d’agression contre les femmes vient des « conditions de pauvreté et d’inégalité économique ».

  • Une performance à Santiago du Chili

Le groupe Las Tesis a fait sa performance à Santiago, mercredi 25 novembre.

Quelque 2 000 femmes se sont également retrouvées dans le centre de Santiago du Chili pour répéter la performance Un violeur sur ton chemin (Un violador en tu camino, en espagnol). Quatre membres du collectif féministe Las Tesis ont renouvelé cette chorégraphie, créée il y a un an par ce collectif et depuis répétée par des milliers de femmes à travers le monde.

Cette fois revêtues de combinaisons noires, et non rouges comme il y a un an, elles ont réussi à répéter une seule fois cette performance avant que la police ne les disperse à coups de lances à eau.

Des feux d’artifice ont également été tirés et les manifestantes sont parvenues à dévoiler les paroles de la chanson Un violeur sur ton chemin, qui accompagne cette performance, avant que la police n’intervienne et évacue complètement la Plaza Italia, lieu emblématique des manifestations dans le centre de la capitale chilienne. Plus tôt mercredi, des groupes de femmes ont manifesté dans le centre de Santiago pour exiger la fin de la violence machiste. Des barricades ont été incendiées et un magasin a été pillé.

Le Monde avec AFP

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