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Veolia dessale les eaux omanaises – Recyclage et services à l’environnement – L’Usine Nouvelle

La mer d’un bleu profond des côtes omanaises est une ressource vitale pour les habitants de ce sultanat d’un peu moins de 5 millions d’habitants. Car 95 % de l’eau potable du pays proviennent de la mer. À Sour, à trois heures de bus au sud-est de la capitale Mascate, pas question de ne pas respecter la mer. Cet ancien village de pêcheurs, devenu une ville au développement quelque peu anarchique, ne voulait pas d’eau potable à n’importe quel prix. Le respect de la biodiversité était une condition sine qua non à la présence d’une usine de dessalement capable d’alimenter en eau les 600 000 habitants de la région de Sharqiyah. Trois recommandations ont été émises : créer des récifs artificiels, pomper l’eau de mer sans aspirer de poissons et déchets végétaux et limiter le cône de diffusion de la saumure rejetée en fin de cycle.

« Nous avons installé des diffuseurs dimensionnés tout au long de la conduite », indique Hélène Coulon, qui a dirigé l’usine de 2015 à 2019. Six tonnes de sel sont rejetées quotidiennement… Veolia travaille avec l’université de Mascate pour réutiliser la saumure. Un projet de développement d’algues à fort pouvoir nutritionnel pour l’agroalimentaire et les cosmétiques est à l’étude. Cette usine, mise en service en 2009, a bénéficié en 2017 d’une extension qui a porté sa capacité de production quotidienne à 130 000 mètres cubes. Le contrat entre Veolia et son partenaire Oman Power and Water Procurement Company, chargé de l’approvisionnement en eau du sultanat et de la construction d’infrastructures, court jusqu’en 2036.

En bord de mer, 31 puits installés dès 2009 captent l’eau dans le sable à des profondeurs pouvant atteindre 80 mètres, ce qui permet d’avoir une eau plus pure que lorsqu’elle est pompée dans l’océan et limite fortement les prétraitements avant l’opération de dessalement par osmose inverse. Le Beach wells, un procédé de filtration lente et naturelle qui requiert une pression de 60 bar, évite l’utilisation de produits chimiques. « Nous n’avons pas enregistré le moindre jour d’arrêt dû à la qualité de l’eau depuis le lancement de l’exploitation de l’usine, assure Hélène Coulon. Avec le Beach wells, qui était une première mondiale à l’époque, la durée de vie des pompes est multipliée par dix. »

Le barrel, une technologie maison

Une deuxième station, issue de l’extension de l’usine, prend l’eau directement dans la mer grâce à une conduite de 700 mètres de longueur. Des grilles très fines empêchent poissons et particules en suspension d’entrer dans le processus de traitement. À quelques décamètres, près des unités de prétraitement, des bâtiments abritent le processus d’osmose inverse, une technologie faite de tuyaux, de membranes et de filtres qui purifient l’eau en plusieurs étapes. Elle est d’ailleurs trop pure pour être bue et doit subir quelques traitements supplémentaires pour devenir potable.

Une unité renferme 12 000 membranes de filtration, qui traitent 60 000 mètres cubes d’eau. Veolia a trouvé la solution pour réduire la surface occupée avec le « barrel » (tonneau, en anglais), une technologie développée par les équipes de Vincent Baujat, le directeur général de l’entité Sidem et directeur du techno hub de Veolia Water Technologies. Une citerne installée au beau milieu du site concentre un savoir-faire ingénieux. Elle contient une structure alvéolaire où sont logées les membranes. Pour contrôler leur état, « un objet connecté, un petit mouchard, interroge la performance de chaque membrane, précise Vincent Baujat. Cette technologie est sûre. Compact, sans raccords, le barrel a une emprise au sol réduite par rapport à la technologie classique et il n’est pas nécessaire de l’abriter dans un bâtiment. Les coûts baissent de 3 à 5 % et la consommation d’énergie de 1,5 % ». Un second « tonneau » a été installé sur l’île de Saint-Barthélémy. Dans les deux cas, l’utilisation d’algorithmes permet de suivre les membranes à distance jour après jour et de prévoir leur remplacement.

Alors que l’énergie n’est pas très vertueuse à Oman, l’électricité étant produite avec du pétrole ou du gaz, une ferme solaire d’une capacité quotidienne de 13 mégawatts est entrée en service cette année à proximité de l’usine. Elle répond à ses besoins en énergie en journée, soit la moitié de sa consommation. L’énergie est un maillon essentiel d’un dessalement durable.

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