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Vaccin d’AstraZeneca, mutation du coronavirus, couvre-feu avancé… Le point sur ce qui pourrait changer – L’Usine Santé – L’Usine Nouvelle

AstraZeneca a revu sa copie… et obtenu le feu vert au Royaume-Uni

Bien que sa technologie soit particulièrement novatrice et ne dispose encore que de peu de recul sur les humains, le vaccin vivant recombinant du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca est très attendu par de nombreux pays car il est beaucoup plus facile à transporter et stocker que le vaccin de Pfizer-BioNTech, et bien moins coûteux.

D’après une fuite sur Twitter de la secrétaire d’Etat belge chargée du Budget Eva De Bleeker, le prix à l’unité pratiqué dans l’Union Européenne serait ainsi de 1,78 euro pour le vaccin d’AstraZeneca contre 12 euros pour son concurrent déjà autorisé. Ce nouveau vaccin a été autorisé mercredi 30 décembre outre-Manche, il pourrait y être utilisé dès le 4 janvier selon la presse anglosaxonne.

Interrogé par The Sunday Times, son directeur général, le français Pascal Soriot estime avoir “trouvé la formule gagnante et comment arriver à une efficacité qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres”. Alors qu’il avait été contraint en novembre à revoir sa copie, suite à des résultats intermédiaires d’essais cliniques jugés insuffisants, son vaccin, développé avec l’université anglaise d’Oxford, assurerait désormais une “protection de 100%” contre les formes sévères du Covid-19.

 

Vers un couvre-feu avancé dans 20 départements

Mardi 29 décembre, se tenait un nouveau Conseil de défense organisé par l’Elysée. Un nouveau confinement en France ou des mesures de restriction plus locales n’étaient pas exclus si la situation épidémique “devait s’aggraver”, avait expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran dimanche 27 décembre au Journal du Dimanche, à l’occasion du lancement de la campagne de vaccination en France. “Nous n’excluons jamais des mesures qui pourraient être nécessaires pour protéger des populations. Ça ne veut pas dire qu’on a décidé, mais qu’on observe la situation heure par heure”. Les autorités redoutent en effet une troisième vague du Covid-19 à l’issue des fêtes de fin d’année.

Finalement, “nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui au lieu de démarrer à 20h00, démarrera à 18h00 dans l’ensemble des territoires dans lesquels ça s’avèrera nécessaire”, a annoncé le ministre sur le plateau de France 2 le 29 décembre au soir. “Ces mesures seront applicables à partir du 2 janvier”. Il pourrait être appliqué seulement dans vingt départements, car “la situation est plus problématique dans quatre régions”: le Grand Est, la Bourgogne Franche-Comté, la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département des Alpes-Maritimes.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) avait appelé pour sa part le 28 décembre à “ne pas banaliser le confinement”: il “doit être la dernière extrémité pour mettre fin à une situation incontrôlable, et non une simple hypothèse parmi d’autres”. « « Confiner », c’est passer l’économie au ralenti avec des conséquences économiques, sociales et humaines, catastrophiques à court, moyen et long terme. « Confiner » c’est restreindre la liberté d’entreprendre, la liberté de circuler… Se laisser bercer d’illusions par ceux qui s’abritent derrière les chiffres trompeurs d’un nombre de liquidations en baisse par rapport à l’année dernière, serait une grave erreur. Un grand nombre d’entreprises vivent actuellement sous perfusion. Leur taux d’endettement a explosé et cela ne sera pas sans effet, qu’on le veuille ou non. »

 

Une dose du vaccin Pfizer-BioNTech suffirait-elle ? Trop tôt pour le dire

Alors que les livraisons du vaccin anti-Covid-19 de Pfizer-BioNTech rencontrent des difficultés notamment en Allemagne et en Espagne (mais pour des raisons différentes), faut-il aller au plus simple, c’est-à-dire administrer une seule dose de ce produit si difficile à acheminer et stocker, au lieu de deux ? Les échanges en cours au Royaume-Uni sont à cet égard éclairants, le pays ayant été le premier occidental à autoriser ce vaccin et à lancer dans la foulée une large campagne de vaccination depuis le 8 décembre.

Privilégier une seule dose en raison du manque de stock, c’est la recommandation émise notamment par l’ancien Premier ministre Tony Blair et le professeur David Salisbury, ancien spécialiste de l’immunisation au sein du ministère de la Santé. Ce dernier a expliqué à The Guardian qu’une « étude du New England Journal of Medicine avait rapporté que la première dose du vaccin Pfizer/BioNTech avait une efficacité de 91%, contre 95% pour deux doses. Ce niveau de protection justifie l’administration d’une seule dose à un groupe plus important dans un premier temps, puis de la seconde lorsque cela est possible », à ses yeux.

La réponse n’est cependant pas si aisée. “Je pense que le problème est que le vaccin est basé sur l’administration de deux doses, et que l’efficacité est basée sur cette base. Pour changer à ce stade, il faudrait que les données des essais cliniques fassent l’objet de beaucoup plus d’analyses”, a répliqué Wendy Barclay, membre du Nervtag (le groupe d’experts des virus respiratoires émergents chargé de conseiller outre-Manche le gouvernement), devant la commission des sciences et de la technologie du Parlement anglais. Les auteurs de l’étude eux-mêmes ont estimé qu’elle n’était pas “conçue pour évaluer l’efficacité d’un régime à dose unique”, relève le Guardian.

Interrogé par L’Usine Nouvelle, le laboratoire Pfizer préfère lui aussi jouer la carte de la prudence. « La dernière analyse primaire d’efficacité de notre étude clinique de phase 3 en cours a démontré un taux d’efficacité du vaccin de 95% chez les participants, à partir de 7 jours après la deuxième dose. Bien qu’une certaine protection du vaccin semble commencer après la première dose (52 %), le Résumé des Caractéristiques du Produits et les informations destinées aux professionnels de la santé indiquent que les individus peuvent ne pas être protégés avant au moins 7 jours après leur deuxième dose du même vaccin. Deux doses du vaccin à 21 jours d’intervalle sont nécessaires pour assurer une protection maximale, en corrélation avec le niveau d’anticorps neutralisants. »

 

Une mutation du virus… qui semble pour l’instant couverte par les vaccins

Le 25 décembre a été détectée en France la première contamination au variant VOC 202012/01 du virus du Covid-19. Il s’agit d’une mutation actuellement très présente dans le sud-est de l’Angleterre et également décelée au Canada et dans d’autres pays européens dont l’Allemagne. Problème, si elle ne semble pas pour l’instant entraîner des formes plus graves du coronavirus, elle serait bien plus contagieuse que la souche d’origine. Mais tout laisse à “penser que les vaccins (existants) sont efficaces sur ces mutants”, selon la Direction générale de la santé.

Interrogé par L’Usine Nouvelle, le laboratoire Pfizer va dans le même sens : « Pfizer et BioNTech ont testé des sérums provenant de personnes immunisées avec le vaccin BNT162b2 pour sa capacité à neutraliser de multiples souches mutantes. À ce jour, nous avons constaté une couverture constante de toutes les souches testées. Pfizer et BioNTech génèrent actuellement des données sur la capacité des sérums provenant de personnes immunisées avec le BNT162b2 à neutraliser la nouvelle souche identifiée au Royaume-Uni. » Le groupe pharmaceutique met d’ailleurs en avant sa technologie d’ARN messager, dont « la flexibilité inclut la capacité de modifier le vaccin pour couvrir de nouvelles souches du virus, si jamais une nouvelle souche émergeait ».

Contre cette nouvelle souche, “nous pensons pour l’instant que le vaccin devrait rester efficace”, a indiqué pour sa part le dirigeant d’AstraZeneca, Pascal Soriot. “Mais on ne peut pas en être sûr donc nous allons faire des essais”.

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