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Test du Huawei Mate 50 Pro : un smartphone incroyable, mais … – 01net

Il y a un peu plus de deux ans, nous vous proposions le test du Huawei Mate 40 Pro. Un appareil qui nous avait littéralement enchantés, mais que nous n’avions pas pu vous recommander. En cause, l’absence des services de Google, qui se faisait cruellement sentir. Et malheureusement, aujourd’hui, la situation n’a pas vraiment changé en dépit des nombreux efforts déployés par Huawei. Mais faut-il exclure le Mate 50 Pro pour autant de votre liste ? En réalité, tout va dépendre des concessions que vous êtes prêt à faire.

Huawei Mate 50 Pro au meilleur prix Prix de base : 1 199 €

© 01net.com – Lionel Morillon

Un look unique et une identité forte

Les appareils de Huawei ont toujours bénéficié d’une image iconique. Le Huawei Mate 50 Pro ne déroge pas à la règle et un simple coup d’oeil suffit à le confirmer.

Proprement immense – l’écran atteint les 6,74 pouces – le terminal reste relativement léger en main. Comptez 212 grammes seulement. Les dimensions sont contenues : 162,1 mm en hauteur, 75,5 mm en largeur et 9 mm en épaisseur. Une belle prouesse, qui démontre une fois encore tout le savoir-faire de Huawei en la matière.

Sans surprise, le constructeur a opté pour une dalle incurvée. Les bordures latérales de la dalle viennent donc mordre sur le châssis. Cela contribue à donner un aspect très aérien au terminal. La partie haute de l’écran est coupée par une encoche assez large. Exit donc le double poinçon du modèle précédent. Un choix qui peut sembler curieux, mais qui permet au terminal de proposer un déverrouillage par reconnaissance faciale en trois dimensions. La caméra frontale s’accompagne en effet d’un capteur ToF pour plus de sécurité. Un système proche de celui proposé par les iPhone.

Huawei n’a pas fait l’impasse sur le lecteur d’empreintes. Il est toujours présent. On peut en revanche regretter son placement. Le lecteur est en effet très bas, ce qui le rend peu confortable à l’usage.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Le lecteur de cartes vous demandera de choisir entre deux Nano SIM et une Nano SIM et une NM

Le dos laisse songeur. Le module photo rappelle inévitablement le Mate 40 Pro. Il est rond et centré. Cela étant, le constructeur a opté pour un cerclage doré sur le modèle noir. Un choix peu esthétique, que l’on ne retrouve pas sur le modèle blanc. Ici, Huawei a préféré l’argent.

Le véritable problème se situe cependant du côté de la plaque arrière. Contrairement à la tendance générale, le géant chinois a opté pour une plaque en verre brillante, et non mate. Et c’est salissant ! Il suffit en effet de manipuler le téléphone pendant quelques minutes pour se retrouver avec une constellation de traces de doigts. Un résultat peu esthétique, qui aurait pu être aisément corrigé par l’emploi d’une plaque mate.

Le Huawei Mate 50 Pro s’avère globalement confortable en main malgré ses dimensions généreuses. Il a également le bon goût de proposer une certification IP68 et un traitement au Kunlun Glass au niveau de l’écran. La connectique se résume à un port USB-C et à un double slot pour cartes Nano SIM et NanoMemory, le format propriétaire de la marque. Attention en revanche, car il faudra choisir entre faire cohabiter deux lignes téléphoniques et étendre la capacité de stockage du terminal. Le slot pourra en effet accueillir, au choix, deux Nano SIM ou une Nano SIM et une carte NM.

L’indice de réparabilité reste dans la moyenne haute avec une note de 6,9 sur 10. Ici, le Huawei Mate 50 Pro fait donc moins bien que le Fairphone 4 (9,2 / 10), le Galaxy S22 Ultra (8,2 / 10), le Honor Magic 4 Pro (8 / 10) ou même que le Galaxy Z Fold 4 (7,8 / 10). Il fait en revanche jeu égal avec les iPhone 14 et iPhone 14 Plus.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Sur le modèle blanc, la couleur du cerclage change et passe à l’argent

Un écran magnifique… mais imparfait

Le Huawei Mate 50 Pro est tout en générosité. Sa belle diagonale est incontestablement un de ses plus beaux atouts. Il est en effet taillé pour le jeu et le multimédia avec son bel écran de 6,74 pouces. Un écran qui peut, en plus, monter à une définition en 1212 x 2616 sur un format en 19,5:9, contre 18,5:9 pour le modèle précédent.

Ce changement est d’ailleurs loin d’être anodin. Il contribue à améliorer la préhension du terminal. Le pouce a moins de difficulté à parcourir la largeur du téléphone et les erreurs de manipulation sont moins nombreuses.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Il faut reconnaître qu’il impressionne de face

Grosse déception en revanche concernant la technologie de la dalle. Huawei n’a pas opté pour du LTPO. Le taux de rafraichissement ne pourra donc pas descendre sous les 60 Hz pour préserver l’autonomie du téléphone. En revanche, elle pourra monter aux 120 Hz, avec une belle impression de fluidité à la clé sur les défilements au sein des applications ou dans les jeux les plus rapides.

L’affichage reste malgré tout correct. La luminosité moyenne a été mesurée à 933 cd/m2 par notre laboratoire. Le dernier-né de Huawei se situe donc au-dessus de la moyenne, tout en restant derrière des appareils comme le Pixel 7 Pro (1135 cd/m2), le Galaxy S22 Ultra (1135 cd/m2), le Pixel 7 (1052 cd/m2) ou encore l’iPhone 14 Pro (1064 cd/m2). Le Delta E 2000 atteint pour sa part les 2,62. C’est donc mieux que l’iPhone 14 (2,64), le Pixel 7 Pro (2,86) ou encore l’iPhone 14 Plus (3,09). Les contrastes, enfin, sont infinis.

En utilisation, on prend en tout cas plaisir à regarder des films, des séries ou des animés, mais également à retoucher ses photos. Le Mate 50 Pro a d’ailleurs de sérieux atouts à faire valoir sur ce terrain, comme nous le verrons un peu plus loin. Quant à l’audio, les deux hauts-parleurs placés de chaque côté de l’écran remplissent bien leur office. Le son est bien équilibré, avec une belle profondeur qui facilite l’immersion dans les contenus.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Quel dommage d’avoir placé le lecteur d’empreintes aussi bas

Une puce puissante, avec un oubli de taille

Exit les SoC maison, le Huawei Mate 50 Pro embarque à son bord une puce Qualcomm. Plus précisément un Snapdragon 8+ Gen 1 flanqué de 8 Go de RAM. Soit l’une des puces les plus puissantes du marché. Du moins en théorie. Les benchmarks ne sont en effet pas tendres avec le terminal.

Le bilan est finalement assez mitigé. Si le GPU ne manque pas de puissance, il se trouve même au-dessus de la moyenne, le CPU déçoit. Sur AnTuTu9, le Huawei Mate 50 Pro plafonne à 177 710 points sur la partie CPU. C’est beaucoup moins que le Asus ROG Phone 6D Ultimate (282 141 points) ou que le Xiaomi 12T Pro (242 482 points). Des résultats étonnants, qui nous ont poussés à refaire plusieurs fois les tests en laboratoire. 

Le nouveau vaisseau amiral de Huawei ne brille pas plus sur Geekbench5. Il arrive loin derrière l’iPhone 14 Plus, le ROG Phone 6D Ultimate ou même le Xiaomi 12T Pro. Il fait à peine mieux que le Pixel 7 Pro. Un résultat proprement incompréhensible pour un smartphone positionné sur ce segment tarifaire.

Reste que nous n’avons pas noté de ralentissement particulier durant ces semaines de test, que ce soit en jeu, dans le défilement de contenus ou même lors du passage d’une application à une autre.

Néanmoins, il faut composer avec un manque de taille : la 5G. Huawei n’a plus accès aux modems compatibles avec cette norme en raison des directives prises par l’administration américaine. Le constructeur n’a donc pas eu le choix. Il a dû se diriger vers un modem 4G. 

Un choix très pénalisant au regard du prix de l’appareil. S’il est acceptable de faire des compromis sur des terminaux proposés à quelques centaines d’euros, il en va tout autrement pour un smartphone proposé au-dessus de la barre fatidique des 1 000 €. Et avec un prix plancher fixé à 1 199 €, le Mate 50 Pro n’est clairement pas le moins cher du marché.

Le module photo est un véritable nid à poussière

Une autonomie honorable, et une charge rapide

Concernant l’autonomie, le Mate 50 Pro peut compter sur un accumulateur de 4 700 mAh. Sans être le plus endurant, le vaisseau amiral de Huawei se situe dans la moyenne haute avec une autonomie moyenne observée de 17h40 pour un usage polyvalent. En streaming vidéo, il chute un peu et tombe à une autonomie moyenne de 15h03. Il reste au-dessus de la plupart de ses concurrents, sans parvenir au niveau d’un iPhone 14 Plus par exemple. Avec une autonomie de 27h35 en usage polyvalent, le smartphone californien reste en tête de notre classement.

La charge est assez rapide. Le bloc peut délivrer une puissance de 66 W et l’appareil n’aura besoin que de 38 minutes pour passer de 0 à 100 %. C’est beaucoup mieux que le Mate 40 Pro qui avait besoin de 44 minutes pour une charge complète. Le 0 à 50 % s’accomplira pour sa part en 14 minutes. Sur ce terrain, le Mate 50 Pro prend l’avantage sur des appareils comme le Oppo Find X5 Pro, le Vivo X80 Pro ou encore les derniers iPhone.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Le Mate 50 Pro a beau ne pas être le téléphone le plus compact du marché, il reste très confortable à l’usage

Toujours aussi bon en photo

Huawei a longtemps pu compter sur Leica pour assurer le développement du module photo de ses smartphones haut de gamme, mais c’est désormais de l’histoire ancienne. Le contrat passé entre les deux géants est en effet arrivé à son terme et le géant allemand travaille désormais main dans la main avec un autre constructeur chinois, Xiaomi.

En dépit de ce revers, le Mate 50 Pro s’avère impressionnant dans cet usage.

Un capteur principal bien défini et couplé à une optique à ouverture variable

Le capteur principal atteint les 50 millions de pixels. Une belle définition, mais pas que. Huawei a en effet placé au-dessus une optique équivalente à un 24mm et offrant une ouverture variable mécanique comprise entre f/1.4 et f/4. En shootant sur les modes automatiques, l’ouverture est gérée automatiquement par le terminal. Il ouvrira donc son diaphragme lorsque la lumière viendra à manquer, et le refermera sur les scènes les plus éclairées. Il est cependant possible d’aller plus loin et de basculer sur le mode « ouverture ». Un mode proposant deux onglets : ouverture virtuelle et ouverture physique. 

Dans le premier cas, le changement d’ouverture du diaphragme sera géré par l’OS, avec une fourchette comprise entre f/0.95 et f/14. Le second mode est purement mécanique. Cette fois, l’ouverture sera comprise entre f/1.4 et f/4.

Si le Huawei Mate 50 Pro n’est pas le premier smartphone à proposer une ouverture variable, les résultats sont bluffants. Le terminal se montre précis, avec une mise au point rapide et efficace. Les couleurs sont naturelles et la dynamique reste très correcte pour un capteur aussi petit. L’ouverture variable donne également plus de flexibilité à l’utilisateur. Elle lui permet de mieux doser le flou et donc de mieux gérer l’intégration du sujet à la scène. Attention en revanche à ne pas avoir la main trop lourde. A f/0.95, le résultat manque de naturel. Reste qu’il est difficile de ne pas se montrer enthousiaste face aux clichés produits par le téléphone.

Une impression confirmée par nos tests en laboratoire. En haute luminosité, le Mate 50 Pro parvient à récupérer plus de détails que le Pixel 7 Pro sur les scènes photographiées. Les images sont beaucoup plus précises. Contours, textures, le géant chinois fait mieux que son concurrent américain sur cette focale. Et il se paye même le luxe de rester devant en basse luminosité.

En effet, de nuit, le Mate 50 Pro impressionne. En temps normal, les smartphones sont très vite handicapés par la petite taille de leur capteur. Dès que la lumière baisse, la qualité de leurs clichés s’écroule. Néanmoins, ce n’est pas le cas ici. Le nouveau fer de lance de Huawei parvient en effet à produire des images très piquées en basse luminosité. Les couleurs restent naturelles et les artefacts sont peu nombreux. Le téléphone ne tombe pas non plus dans le lissage à outrance.

Il reste en revanche assez sujet à l’éblouissement. Pour obtenir le meilleur de lui, il faudra donc s’assurer d’exclure le maximum de sources lumineuses de sa composition.

Un ultra grand angle surprenant

L’ultra grand angle est équivalent à un 13 mm et il propose une ouverture à f/2.2. Huawei a fait le choix de le coupler à un capteur de 13 millions de pixels. Une définition assez conventionnelle, qui laissait craindre des résultats en demie teinte.

Fort heureusement, il n’en est rien. Cette focale reste efficace et elle permet une fois encore de générer des images piquées, avec une belle dynamique et des couleurs naturelles. La déformation est bien maitrisée et elle ne vient pas nuire à la qualité de la prise de vue. En réalité, c’est même un avantage. Elle permet en effet d’étirer les lignes et de donner plus de profondeur et plus de mouvement à la scène photographiée. Encore plus lorsque les prises de vues sont prises au ras du sol.

En basse luminosité, l’ultra grand angle est moins à l’aise. Les images sont un peu moins précises, et un peu plus bruitées. Tout comme le grand angle, cette focale sera aussi sujette à l’éblouissement. Il sera donc préférable de bien penser sa composition avant de shooter. Et de s’assurer également une totale immobilité. L’optique étant un peu moins lumineuse, le Mate 50 Pro augmentera la vitesse de son obturateur en conditions lumineuses difficiles. Avec à la clé plus de risques de flous de bouger.

Un zoom correct, mais pas inoubliable

Le troisième capteur placé à l’arrière du téléphone est dévolu au zoom. Il atteint les 64 millions de pixels, sans pour autant pouvoir shooter dans cette définition. Tout comme avec le capteur principal, Huawei a effectivement fait appel à la technologie pixel bining et le Mate 50 Pro sortira donc des images de 16 millions de pixels. Le téléobjectif est équivalent à un 90 mm et il ouvre à f/3.5 tout en proposant un grossissement optique en 3,5x par rapport au grand angle.

Un grossissement numérique vient compléter l’offre, avec un zoom maximum en 100x. Un zoom qui trouve malheureusement très vite ses limites.

En pleine journée, le Mate 50 Pro se montre efficace jusqu’au 5x et il est capable de produire des images exploitables jusqu’au 10x. La qualité chute ensuite très vite. Encore plus lorsque les conditions lumineuses deviennent difficiles. Le Mate 50 Pro opère alors un lissage qui rend les images inexploitables. Les couleurs perdent également en précision.

De nuit, c’est tout simplement la débandade. Les seules fois où le Mate 50 Pro ne s’est pas pris les pieds dans le tapis, c’est sur les scènes très éclairées, comme un parking public par exemple. Dès que les conditions lumineuses deviennent un peu plus compliquées, le téléphone perd totalement pied. Contours baveux, textures approximatives, balance des blancs en RTT, les images seront tout bonnement inexploitables. Même sur le 3,5x. Il sera de toute manière préférable de ne pas vous aventurer au-dessus une fois le soleil couché.

La caméra selfie

L’encoche du Mate 50 Pro abrite deux capteurs, mais un seul peut être exploité pour les photos. Le second a pour une unique vocation de générer une image en trois dimensions de notre visage. Il reste donc réservé au système.

La caméra frontale exploitable offre une définition de 13 millions de pixels et elle est couplée à une optique tendant vers l’ultra grand angle. Si les images sont correctes, elles restent encore loin de ce qu’il est possible d’obtenir avec un iPhone 14 Pro ou encore un Pixel 7 Pro. Elles n’ont en effet rien de renversantes. Piqué passable, couleurs un peu fades, dynamique perfectible, elles manquent cruellement de personnalité et il faudra veiller à bien désactiver les fonctions d’embellissement sous peine de se retrouver avec des photos peu naturelles.

Les RAW

© 01net.com – La gestion des RAW du Mate 50 Pro n’est pas évidente

Les RAW générés par le Mate 50 Pro sont assez délicats à manier. Les images ne sont pas exploitables en tant que telles. Elles doivent impérativement être réexposées et corrigées. Dans certains cas, elles sont beaucoup trop bouchées, dans d’autres complètement brûlées. Il arrive aussi parfois qu’une couleur prenne le pas sur les autres.

Ce problème d’exposition est valable lorsqu’on consulte les fichiers dans le Finder, mais également lorsqu’on les importe dans un logiciel comme Lightroom ou Photoshop. Et c’est sans compter les nombreux artefacts lumineux qui viennent compliquer encore un peu plus la situation, comme les éclats violets qui apparaissent dans les zones les plus exposées de l’image.

Un comportement erratique agaçant, certes, mais qui n’enlève rien à la qualité des RAW délivrés. Les images sont très piquées, avec une dynamique qui se montre finalement impressionnante. En jouant avec les hautes lumières et les ombres, il est en effet possible de récupérer de nombreux détails sur les scènes photographiées. Attention en revanche à ne pas avoir la main trop lourde, sous peine de très vite voir apparaître du grain dans l’image.

La vidéo

En vidéo, le Mate 50 Pro peut filmer en 4K à 60 images par seconde, ou encore en 1080p à 480 images par seconde et en 720p à 3840 images par seconde. Attention cependant à ne pas vous montrer trop gourmands, le bitrate du téléphone reste en effet limité. Comptez 50 mbps en moyenne. En augmentant la cadence, vous prenez donc le risque de réduire – drastiquement – la qualité de l’image. Il sera de ce fait préférable de capturer ses vidéos à un maximum de 60 images par seconde et de réduire ensuite la vitesse en post production en jouant avec des fonctions dédiées comme le flux optique de Premiere Pro.

Quoi qu’il en soit, une fois ces considérations purement techniques mises de côté, le Huawei Mate 50 Pro est capable de capturer des séquences assez flatteuses. S’il ne parvient pas à égaler l’iPhone sur le terrain, il se montre globalement efficace, tant pour la netteté que pour les couleurs ou même la dynamique. Du moins à condition de rester sur le grand angle ou l’ultra grand angle. Le zoom est un peu moins polyvalent et il aura tendance à payer cher le manque de lumière.

La stabilisation n’est pas mauvaise, mais tout dépendra une fois encore de la focale choisie. Seuls l’ultra grand angle et le zoom sont équipés d’un OIS. Néanmoins, on reste loin, une fois encore, de ce que propose Apple sur les derniers iPhone ou même Google sur les Pixel 7.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Rien à dire du côté des couleurs, le Mate 50 Pro est très efficace sur ce terrain

La vie sans Google

Jusque là, le bilan semble plutôt positif, mais il reste à évoquer le sujet qui fâche : le logiciel. Cela fait maintenant plusieurs années que Huawei se débat et met tout en oeuvre pour pallier au blocus américain. Depuis 2019, le constructeur fait face à un embargo des Etats-Unis. Les entreprises américaines n’ont plus le droit de travailler avec lui. Et s’il est toujours libre d’utiliser Android, il ne peut plus livrer ses smartphones avec les applications et les services de Google.

Le Mate 50 Pro est donc livré, nativement, sans le Play Store, et sans les applications de Google. Pour installer de nouveaux outils, deux solutions sont proposées par Huawei : l’AppGallery, une boutique d’applications maison, et Petal Search.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Il y a du bon monde à l’arrière

L’AppGallery est le plus simple à utiliser. On lance une recherche, on clique sur l’application qui nous intéresse et on l’installe par le biais du bouton dédié. Malheureusement, la plateforme pèche par son contenu. Les applications sont, encore aujourd’hui, peu nombreuses et il manque la plupart des incontournables.

C’est là qu’entre en scène Petal Search. S’il fallait le résumer en quelques mots, on pourrait décrire le service comme un méta moteur de recherche. Un méta moteur capable de renvoyer des listes de sites, des contenus multimédias ou… des applications proposées sous la forme de fichiers APK. Des applications provenant pour la plupart des grandes boutiques dédiées, à commencer par l’incontournable APK Pure.

Une procédure simple pour les connaisseurs, mais un peu moins pour les néophytes. Qui qui se sentiront très vite perdus face à la profusion de propositions renvoyées par le moteur de recherche.

Mais le manque d’applications n’est pas le seul problème ici. Le véritable manque se situe plutôt du côté des services de Google. Des services nombreux, intégrés à un large choix d’applications et auxquels nous n’avons pas droit sur le Mate 50 Pro. Pas officiellement, du moins. Et cela se traduit bien entendu par de nombreuses impasses, certains outils ayant techniquement besoin de ces services pour fonctionner correctement. 

Ce manque se fait sentir dans bien des usages. Vous utilisez Chrome pour stocker vos mots de passe et les synchroniser d’un appareil à l’autre ? Il va falloir changer vos habitudes et passer par un autre outil, faute de compte Google configurable sur le téléphone. Même chose si vous utilisez ce précieux sésame pour vous identifier sur vos plateformes et vos applications. Et que dire de toutes ces applications qui utilisent l’API de Google Maps et qui ne seront donc pas capables de fonctionner sur le Mate 50 Pro ? Ou encore de l’absence de Google Assistant ? Une absence encore une fois difficile à accepter, et encore plus sur un appareil proposé à ce prix. Alors certes, en compensation, Huawei propose ses propres outils, Petal Maps et Celia, mais ces derniers sont loin d’être aussi efficaces.

Une situation rageante, d’autant que la plateforme reste très agréable à l’usage. Les visuels affichent une belle cohérence, les animations sont soignées et on prend très vite nos marques. Il est également possible de personnaliser de nombreux éléments, comme les icônes ou encore l’écran de verrouillage. Le géant a en outre fait des choix judicieux en termes d’ergonomie, comme la séparation du centre de notifications et du centre de contrôle. Certes, ce n’est pas très original, mais cela fonctionne bien et cela permet d’afficher davantage d’éléments dans chacun des deux écrans.

© 01net.com – Frédéric Pereira // Il faut reconnaître qu’il en impose
Huawei Mate 50 Pro au meilleur prix Prix de base : 1 199 €

En conclusion

Le Huawei Mate 50 Pro est un produit frustrant. En dépit de sérieuses qualités sur le plan esthétiques et techniques, il nous est en effet impossible de le conseiller à l’achat en raison de l’absence des applications et des services Google.

Faut-il pour autant le remiser au fond d’un tiroir et l’oublier ? Pas forcément. Si vous êtes prêts à faire des concessions, il peut en effet s’avérer redoutable. Et encore plus si vous avez un goût prononcé pour la photo sur smartphone. Il excelle véritablement dans cet usage, en dépit d’un zoom qui manque un peu de panache.

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