in

Technologie. Demain, la mer à boire ! – L’Humanité

À la fin de l’année, l’eau californienne devrait devenir un indice boursier comme un autre (lire l’« HD » n° 732). Sachant que, selon l’ONU, la demande en eau devrait augmenter de 55 % d’ici à 2050, on voit bien que les traders ont trouvé là de quoi se gaver pour quelques années. Cette introduction en Bourse constitue une nouvelle étape dans la financiarisation de l’eau, consacrée pourtant comme « droit humain universel ».

Afin de réguler peut-être plus efficacement cette demande et de gérer cette pénurie annoncée, de nombreux laboratoires à travers le monde tentent de trouver des solutions à « l’eau magique », inépuisable. Une des voies explorées se trouve dans la désalinisation de l’eau de mer, cette eau qui recouvre les trois quarts de notre planète. Divers procédés sont en cours de test et de validation.

Le premier procédé est la filtration, comme le classique filtre à café. Cela consiste à séparer le sel de l’eau grâce à un filtre dont les pores sont suffisamment fins pour retenir le sel tout en laissant passer l’eau.

Le deuxième est la pervaporation : l’eau salée est chauffée, change d’état, et devient gazeuse. Puis, elle est condensée sur un support plus froid. Elle change donc à nouveau d’état et redevient liquide, mais sans sel. Cette méthode peut être utilisée sur des eaux salées, usées, boueuses, mais elle a un faible rendement.

L’électrochimie est un troisième procédé un peu plus compliqué. Les composés (l’eau, H20, et le sel, le chlorure de sodium, Na Cl) sont séparés grâce à une tension électrique qui va charger les ions chlorure (Cl-) et sodium (Na +). Il ne reste alors que de l’eau pure.

Le quatrième procédé est dit d’osmose inverse : une forte pression mécanique est appliquée à une solution d’eau de mer pour forcer l’eau à passer à travers une membrane semi-perméable. En théorie, c’est la meilleure méthode pour la purification à grande échelle. C’est en utilisant ce procédé que des chercheurs du CNRS viennent de mettre au point une membrane dotée de canaux à eau. « Nous nous sommes inspirés des aquaporines (lire encadré) pour créer cette membrane, explique Mihail Barboiu, chimiste, directeur de recherche au CNRS. Nous avons découvert une méthode pour englober ces canaux artificiels dans une membrane avec une homogénéité parfaite ! »

Publiée dans la revue « Nature Nanotechnology », début novembre, la technique promet des rendements importants et surtout une industrialisation aisée. « La perméabilité par rapport aux anciennes mem­branes est multipliée par deux et le gain d’énergie est de 12 %, poursuit M. Barboiu. Cela permet de produire trois fois plus d’eau désalinisée avec la même dépense énergétique. » Mais il reste cependant des questions éthiques. La mer devient-elle une source inépuisable d’eau potable ? Cette découverte permet-elle d’évacuer la question des économies d’eau pour l’agriculture ou l’élevage ? Dans tous les cas, cela permettrait sans doute d’améliorer les conditions d’accès à une eau de meilleure qualité pour près d’un milliard de personnes qui aujourd’hui en sont privées.

What do you think?

2730 points
Upvote Downvote

Comments

Laisser un commentaire

Loading…

0

Réouverture des cinémas : quels films pourra-t-on voir à partir du 15 décembre ? – France 3 Régions

Technologie: un exode des jeunes pousses difficile à freiner – Le Devoir