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Rugby : “Ils ont perdu la culture de la gagne et l’âme de leur jeu”, rien ne va plus chez les All Blacks

À un an de la Coupe du monde en France, le rugby néo-zélandais s’enfonce dans la crise. Battus par l’Afrique du Sud samedi 6 août (26-10), les All Blacks doivent impérativement l’emporter ce samedi 13 à Johannesburg dans le cadre de la 2e journée de Championship, le tournoi regroupant les meilleures nations de l’hémisphère Sud. Car la nation phare du rugby a perdu cinq de ses six dernières rencontres.

La Nouvelle-Zélande est même tombée à la cinquième place du classement mondial World Rugby. Rien ne va plus au pays du rugby. “Cela s’explique d’abord par une espèce de fatigue, je pense qu’ils ont perdu la culture de la gagne et aussi un peu l’âme de leur jeu“, pointe Ian Borthwick, journaliste néo-zélandais. 

“On a rarement vu les Blacks aussi dénués d’idées et perdus stratégiquement sur le terrain comme ils l’ont été”. 

Ian Borthwick, journaliste néo-zélandais

franceinfo

Pour celui qui est présenté comme le plus français des journalistes néo-zélandais, puisque il a effectué une large partie de sa carrière en France “le mal est fait, le ver est dans le fruit. Il faut trouver quelque chose qui redonne vie à cette équipe néo-zélandaise“.

Le rouleau compresseur des All Blacks a montré ses premiers signes de fatigue dès l’automne 2021. Une défaite en Irlande d’abord, puis en France le 20 novembre 2021. De nouveau défaits par ces mêmes Irlandais mais cette fois à la maison, à Dunedin, et enfin par les Springboks samedi dernier, le plus large échec face aux Sud-africains depuis 1928.

Le quinze à la fougère semble toucher le fond. “C’est une génération qui est un peu en bout de course. Le staff s’obstine à rester sur des joueurs qui maintenant ont largement dépassé les 30 ans“, explique Guy Accoceberry, consultant rugby de franceinfo. Et l’avenir n’est guère réjouissant : “derrière ce grand manque de renouvellement, ils avaient l’habitude de nous sortir de nouveaux joueurs, souvent quelques joueurs extraordinaires. Là, sur la génération qui suit, ils ne les ont pas, ou du moins pour l’instant, ne les ont pas montrés“.

Dans un pays où le rugby est roi, “la presse est très virulente” reconnait Ian Borthwick. Mais pour lui “c’est le prix à prix à payer. Quand tout va bien, tout le monde est content. Mais quand tout va mal, les gens peuvent être très durs“. Le sélectionneur néo-zélandais, Ian Foster, est dans la tourmente. Nommé au lendemain de la défaite contre l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde 2019, son contrat va normalement jusqu’à la Coupe du monde en France en 2023. Mais cette série de défaites plombe son bilan. Le lundi 8 août, le “New Zeeland Herald”, le premier quotidien du pays, titrait “It’s time to change[il est temps de changer],  avec en-dessous une photo du sélectionneur. En coulisses des noms circulent déjà pour le remplacer. Ce soir, face à l’Afrique du Sud, une défaite supplémentaire rapprocherait encore un peu plus Ian Foster de la sortie.

Souvent critiqué pour son manque de leadership, le capitaine, Sam Cane, est lui aussi dans l’œil du cyclone. “Il n’a pas le charisme de Richie McCaw ou Kieran Read qui ont mené cette équipe sur le terrain“, tranche Ian Borthwick. 

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