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Richard Gasquet, l’ex-« petit Mozart du tennis », veut un dernier rappel

Richard Gasquet a fait admirer ses cinquante nuances de revers au Sud-Africain Lloyd Harris, au premier tour de Roland-Garros, mardi 24 mai.

Le « Suzanne », comme il le surnomme affectueusement, a toujours été « [sa] préférence à [lui] ». Plus intime et moins guindé que l’imposant court Philippe-Chatrier. Mardi 24 mai, le jour de l’anniversaire de l’ancienne joueuse Suzanne Lenglen – « la Divine » aurait eu 123 ans –, Richard Gasquet s’est qualifié pour le deuxième tour de son 19e Roland-Garros aux dépens du Sud-Africain Lloyd Harris (6-1, 6-3, 6-4). Au même moment, son « pote » Jo-Wilfried Tsonga tirait sa révérence sur le Central.

L’heure des adieux sonnera aussi bientôt pour le Biterrois, alors on se presse tant qu’il est encore temps. Lundi, la pluie avait interrompu sa partie, au grand dam d’un petit millier d’oiseaux de nuit nichés sous leurs parapluies, piaillant chaudement des « Allez Richie », « On t’aime Richard ».

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« Tu sens la fin arriver, c’est important de choisir quand j’arrête, de ne pas finir sur une blessure, confiait-il au Monde mi-février à Marseille. Idéalement, j’aimerais bien que ce soit à Montpellier, parce que je viens de là-bas, ou à Roland-Garros. » Pas le genre à envisager une tournée d’adieu.

Depuis un quart de siècle qu’il est entré dans la vie des Français, Richard Gasquet fait un peu partie du patrimoine national. « Gasquet, le champion que la France attend ? » Combien de fois lui a-t-on exhumé cette « une » de Tennis Magazine de 1996, immortalisant son revers à une main à la gestuelle déjà léchée du haut de son 1,37 mètre et ses 33 kilos ? Le « petit Mozart du tennis » était classé 15/4 à 9 ans, du jamais-vu dans l’histoire du tennis hexagonal. Cet encombrant sparadrap ne s’est jamais vraiment détaché de la raquette.

Crime de lèse-majesté sur le Rocher

En avril 2002, à 15 ans et 10 mois, le gamin du tennis club de Sérignan (Hérault) devient le plus jeune joueur à remporter un match sur le circuit professionnel, à Monte-Carlo. Dans ce décor princier, trois ans plus tard, il commet un crime de lèse-majesté en se payant le numéro un mondial, Roger Federer. Les projecteurs statufient l’adolescent et son talent. « Peut-être que, à 16-17 ans, je n’ai pas été accompagné comme j’aurais pu l’être. Il y avait trop de pression pour le jeune que j’étais », analyse-t-il.

Une médiatisation à rebours de sa personnalité introvertie. Le petit Richard ne s’est jamais rêvé comme un champion. « Le tennis m’a choisi plus que je ne l’ai choisi », n’a cessé de répéter ce fils unique de deux moniteurs de tennis. Tout est allé si vite qu’il n’a pas eu le temps de s’imaginer un autre avenir professionnel : « J’ai joué très bien, très jeune, donc je n’ai jamais vraiment eu à y réfléchir », dit-il avec cet accent chantant qui le caractérise. A bientôt 36 ans (il les fêtera le 18 juin), la voix a pris de l’assurance, le regard ne se fait plus fuyant comme aux premiers temps.

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