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Prothèses : du Moyen-Orient à l’Afrique, un scanner et une imprimante 3D changent des vies

Chaque année, Handicap International équipe en moyenne 5 000 patients de prothèses, qui remplacent des membres amputés, et 8 000 autres avec des orthèses, à porter la nuit ou pour rectifier des positions. Les personnes handicapées peuvent être des victimes de bombardements au Moyen-Orient, des enfants souffrant de paralysie en Afrique de l’Ouest, des réfugiés de camps en Ouganda, qui ont fui la République démocratique du Congo ou le Soudan du Sud.

Ces patients doivent entreprendre un déplacement de plusieurs jours pour atteindre un centre de réadaptation, où des mesures de leur moignon sont prises. Un professionnel concevra l’emboîture sur laquelle se fixera la prothèse. Celle-ci sera fabriquée et posée ultérieurement.

Depuis cinq ans, l’ONG développe un programme de recherche pour prendre, à domicile, les mesures numériques du moignon, à l’aide d’un scanner, puis les transmettre par téléphone portable à une imprimante 3D qui fabriquera l’emboîture à poser sur la partie déficiente. « Nous avons commencé par des amputés à Madagascar, au Togo et en Syrie. L’imprimante se situait au Royaume-Uni, et l’orthoprothésiste qui interprétait les données envoyées par le scanner était basé à Madagascar », explique Isabelle Urseau, directrice technique réadaptation à Handicap International.

20 000 euros pour une imprimante 3D

Aujourd’hui, l’ONG a installé une imprimante 3D au Togo pour couvrir les besoins en Afrique de l’Ouest et une autre en Ouganda. L’imprimante coûte environ 20 000 €. Le scanner – environ 300 € – peut être manipulé facilement et ne nécessite pas la présence d’un professionnel de santé, ce qui est un autre avantage dans des régions où ils sont peu nombreux.

Une fois imprimée, l’emboîture est acheminée au patient. La prothèse elle-même – l’articulation, le pied et la jointure – continue à être fabriquée dans les matériaux disponibles sur place, des matières plastiques sophistiquées en Jordanie, des tubes en fer avec des pieds en bois ou en caoutchouc au Togo. « L’appareillage complet peut ainsi être monté et adapté par l’orthoprothésiste chez le patient », explique Isabelle Urseau.

L’ONG a ouvert il y a cinq ans un centre à Kinshasa, en RDC, qui forme une vingtaine d’orthoprothésistes durant trois ans. La théorie est enseignée à distance par une université du Salvador, avec laquelle Handicap International est intervenu en Haïti. Un expert formateur sert de tuteur et assure les cours pratiques sur place.

234 personnes équipées

Dans les cinq pays où Handicap International a lancé ce projet d’impression 3D – Togo, Madagascar, Mali, Niger et Ouganda – 234 personnes ont déjà été équipées de prothèses ou d’orthèses. Elles ont dû ensuite se réadapter à l’appareillage. « Nous avons développé une application d’exercice de kinésithérapie que l’on peut suivre avec une tablette ou son smartphone. Le monde entier est connecté maintenant. Et les patients adhèrent à ces exercices », explique Isabelle Urseau.

Le patient est contacté à distance par le professionnel de santé pour s’assurer qu’il continue ses exercices. En septembre, l’Union européenne a distingué ce projet d’Handicap International dans le cadre du prix Horizon.

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