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« Projet Cartel » : des Amériques à l’Asie, les « narcos » à l’assaut du marché du fentanyl – Le Monde

Dans un laboratoire artisanal clandestin de fentanyl appartenant au cartel de Sinaloa, dans les montagnes près de Culiacán (Sinaloa, Mexique).

« Mexique, l’empire des cartels ». C’est écrit noir sur blanc dans un rapport confidentiel de la Drug Enforcement Administration (DEA), l’agence antidrogue américaine : « Les données des forces de l’ordre analysées de 2018 à fin février 2019 indiquent que le cartel de Sinaloa s’est imposé comme un producteur et un trafiquant de premier plan de fentanyl aux Etats-Unis. » Ce rapport datant d’octobre 2019 a été découvert dans les « Blue Leaks », une immense fuite de données internes aux forces de l’ordre américaines, publiée en juin. Malgré l’arrestation, en 2016, de Joaquin Guzman, appelé « El Chapo », le chef historique du cartel, l’agence américaine est forcée de constater que le business tourne toujours à plein régime.

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Les cartels mexicains ne ménagent pas leurs efforts pour dominer le marché lucratif du fentanyl, un puissant analgésique synthétique dont l’usage détourné provoque des milliers d’overdoses à travers le monde. De l’autre côté de la frontière, on compte les victimes par milliers : en 2018, sur plus de 67 000 décès par overdoses aux Etats-Unis, près de la moitié étaient dus au fentanyl ou à des drogues de synthèse similaires. L’épidémie est comparable à celle de l’héroïne dans les années 2000-2010.

Un laboratoire artisanal clandestin de fentanyl appartenant au cartel de Sinaloa, dans les montagnes près de Culiacan (Sinaloa, Mexique). L’homme à droite est ingénieur biochimiste le jour. La nuit, il gère 10 laboratoires clandestins comme celui-ci. Au total, ils produisent 6 000 comprimés par jour.

Désormais, les cartels se tournent vers l’avenir, et celui-ci est synthétique. L’infrastructure logistique du cartel, déjà bien installée, est exploitée pour faire passer la drogue aux Etats-Unis. Le « triangle d’or » mexicain dans le nord du pays, connu pour ses cultures d’opium et de marijuana, se transforme, sous l’impulsion notamment du cartel de Sinaloa. Les champs de pavot laissent désormais place à des laboratoires dans les terrains montagneux entourant Culiacan, capitale de l’Etat du Sinaloa.

Arrangements internationaux

Dans son installation clandestine nichée entre les arbres, non loin de la ville, un chimiste embauché par le cartel de Sinaloa décrypte le business. « Pour les cartels, c’est l’une des drogues les plus attractives. Ça te laisse plus de profits : c’est seulement une pastille par personne », explique-t-il à Forbidden Stories. Dans un plat de cuisine, il mélange la poudre blanche qui lui sert de préparation pour fabriquer les pilules à base de fentanyl. Estampillées de la lettre « M », elles sont censées imiter des pilules d’oxycodone, un autre opioïde très addictif. « Je sais que ma pilule est puissante et qu’elle va créer une dépendance, explique le chimiste. Et c’est ce que je veux. »

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