in

Plácido Domingo veut rechanter au Palais Garnier

Malgré les accusations de harcèlements qui le visent et ses problèmes de santé, le ténor espagnol de 79 ans explique négocier un retour sur la scène de l’Opéra de Paris.

Accusé de harcèlements sexuels et victime de plusieurs problèmes de santé en 2020, dont une contamination au coronavirus, le ténor espagnol de 79 ans n’en a pas fini de chanter. C’est du moins ce qu’il affirme dans le magazine Diapason qui lui consacre la une de son numéro de janvier et un long portrait alimenté par des confidences. «Quand bien même Plácido Domingo se serait mal comporté – ce que l’on se gardera de contester ou d’attester-, cela nous autoriserait-il à rayer d’un trait de plume six décennies d’une carrière colossale ?», fait mine de s’interroger le directeur du magazine dans son éditorial. Refusant «de participer à une forme de lynchage médiatico-numérique», s’interrogeant sur la «question ô combien délicate du consentement» et sur «où s’arrête la drague lourde ?», le magazine «évite les sujets qui fâchent, sous peine de voir le maestrissimo tourner les talons» quand il rencontre le chanteur.

Plácido Domingo, il est vrai, a déjà tenté de s’expliquer. Confusément. D’abord pour nier catégoriquement, puis en demandant publiquement pardon, puis encore pour se défendre de n’avoir «jamais abusé personne» . «Que reste-t-il à ajouter ?», lance Vincent Agresh dans Diapason. Le journaliste, qui consacre également plusieurs pages à une enquête sur le phénomène #MeeToo à l’opéra, se concentre sur l’artiste, sur sa carrière et son souhait de la voir se poursuivre jusqu’au bout. «J’aimerais chanter Nabucco à Vienne ce mois-ci et célébrer mon gala d’anniversaire, bien sûr», confie Plácido Domingo alors que plusieurs scènes, et notamment les grands théâtres américains, lui restent fermées.

À la veille de son 80e anniversaire le 21 janvier, le ténor se prend ainsi à rêver de nouvelles aventures lyriques. «Essayer encore quelques nouveaux rôles si j’en ai la santé, par exemple le sheriff de La Fanciulla del West, explique Plácido Domingo. Et chanter une dernière fois au Palais Garnier.» «Si je pouvais chanter à Garnier un dernier Athanaël dans Thaïs, je n’aurais plus grand-chose à demander!», ajoute-t-il. Domingo a chanté dans dix-huit productions de l’Opéra de Paris, du Trouvère en 1973 à Germont dans La Traviata en 2018, quelques mois avant que le scandale ne le rattrape.

Pour lui, «rien n’égale la magie de Garnier». Il évoque Rolf Libermann, «l’un des directeurs de théâtres qui ont le plus compté dans ma vie». Et pour cause : dans les années 1970, Plácido Domingo était invité à Paris chaque saison, parfois plusieurs fois par saison, pour Tosca, Otello, La Bohème, La Force du destin ou Les Vêpres. Le ténor n’a pas boudé non plus la salle de Bastille, après son inauguration en 1989. Alors que le vaisseau de Carlos Ott fait encore peur à certains chanteurs, lui le défend. «Ce n’est pas du tout une mauvaise salle!, explique-t-il pour tordre le cou à la légende solidement ancrée. Je ne comprendrai simplement jamais pourquoi on n’y a fait que sept cents places de plus que dans la première, alors qu’il en aurait fallu au moins mille pour avoir un vrai théâtre populaire proposant des billets bon marché.»

Un retour de Plácido Domingo à l’Opéra de Paris -et à Garnier selon ses vœux- paraît aujourd’hui improbable à beaucoup. Mais pas au ténor qui assure que «des contacts sont en cours» avec le nouveau directeur de l’Opéra de Paris, Alexandre Neef. L’intéressé n’a pas encore confirmé. Et si le ténor n’est plus attendu sur la plupart des scènes lyriques, il a conservé quelques dates dans plusieurs théâtres européens cette saison, à Vienne où il doit chanter Nabucco en janvier ou à Gaveau, pour un récital en mars. Si le Covid le permet.

What do you think?

1000 points
Upvote Downvote

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Loading…

0

Il danse pendant le réveillon, arme à la main, et tue un enfant de 4 ans – Paris Match

Liban: Décès du musicien Elias Rahbani des suites du coronavirus