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Peut-on (encore) domestiquer les GAFA ? – Le Monde

Press conference by Executive Vice-President Vestager and Commissioner Breton on the Data Governance Act. Brussels the 25/11/2020.Conference de presse de la vice-presidente executive Vestager et du commissaire Breton sur le reglement pour la gouvernance des données. Bruxelles le 25/11/2020.

Martin Bertrand / Hanslucas

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Publié aujourd’hui à 00h43

Comment réguler le numérique ? Quelles limites poser à l’immense puissance des Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA) ? Ces questions sensibles sont ravivées par la pandémie, dont les plates-formes en ligne sortent encore renforcées. Le débat entre dans une phase cruciale car la Commission européenne va présenter le 15 décembre deux projets de règlements ad hoc : le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA). A côté des initiatives sur la taxation du numérique et sur la modération des contenus, ces deux règlements ambitionnent de changer de paradigme sur le volet économique, en imposant des obligations aux géants du Web. Visant le cœur du modèle économique des plates-formes, ces textes promettent d’être plus férocement débattus encore que la directive sur le droit d’auteur de 2019. Et ils relancent une discussion mondiale qui résonne aussi aux Etats-Unis, où Joe Biden s’apprête à devenir président.

Pourquoi posent-ils un problème particulier ?

« Dans l’économie traditionnelle, la course à la taille est limitée par le plafonnement des économies d’échelle. Mais cette règle semble remise en cause par le numérique », explique le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O. Avec les « effets réseaux », plus les plates-formes ont d’utilisateurs, plus leur attrait s’accroît. D’où le principe du « winner takes all » : le « gagnant » d’un marché devient ultra-dominant.

« De grandes plates-formes agissent comme des “gatekeepers” – des gardiens des portes d’un marché : elles contrôlent de larges écosystèmes qui deviennent impossibles à contester », pointe du doigt la Commission européenne, dans un document soumis à la consultation en juin.

En ligne de mire, Google, dont le moteur capte 90 % des recherches et dont l’environnement Android équipe 76 % des smartphones. Mais aussi Amazon, avec sa place de marché pour vendeurs tiers considérée comme « dominante » en France et en Allemagne, selon Bruxelles. Ou encore Apple, dont le système d’exploitation iOS et le magasin d’applications sont incontournables sur ses smartphones. Et Facebook, qui cumule avec Instagram les deux leaders des réseaux sociaux, en plus des messageries WhatsApp et Messenger.

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« Différentes, ces entreprises ont en commun des tactiques pour renforcer leur domination : effets de levier pour passer d’un marché à l’autre, politiques de prix agressives, contrats contraignants, acquisition d’entreprises… », analyse l’économiste Joëlle Toledano, auteure cette année de GAFA. Reprenons le pouvoir ! (Odile Jacob, 186 pages, 19,90 euros). Par exemple, Amazon s’appuie sur la puissance de son offre Prime avec sa livraison gratuite pour conquérir le marché sensible du médicament aux Etats-Unis, note-t-elle.

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