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La bataille des entreprises dans une économie en état d’urgence

“Ne rien lâcher” ; “ne pas laisser gagner la crise” ; “repartir à la conquête” : le 7ème sommet de l’économie de Challenges a été l’occasion pour Eric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts (CdC) et Antoine Frérot (PDG de Veolia), tous deux sponsors de l’évènement, ainsi que pour Jean-Marc Borello (président du directoire du groupe SOS), de mettre en avant leurs actions pour soutenir l’activité en France. “Nous prenons chaque année 1.000 jeunes en apprentissage, explique par exemple Jean-Marc Borello. Et nous en avons mobilisé plus de 500 depuis septembre.” Veolia surenchérit sur ce front : “Il faut accélérer les embauches”, explique Antoine Frérot, qui promet pour sa part d’employer 2.500 apprentis en 2021.

Eric Lombard insiste, pour sa part, sur la nécessité pour les entreprises de renforcer leurs fonds propres. Selon ses calculs, la crise aurait avalé de 50 à 70 milliards d’euros de fonds propres. La CdC mobilise 26 milliards pour absorber une partie du choc, avec déjà 8 milliards investis dans les sociétés. Dans ce cadre, le directeur général de la Caisse veut préparer les petites entreprises, notamment familiales, à une mutation : “Il existe en France, dans de nombreuses entreprises, des réticences à laisser entrer des actionnaires à son capital, relève-t-il. Je le comprends. Mais si on veut accélérer le développement de ces sociétés et franchir la crise, cet accompagnement peut être nécessaire. Il ne faut pas voir l’actionnaire comme un ennemi, dès lors que les projets sont partagés.” Eric Lombard rappelle que la CdC détient 80 milliards d’euros de participations dans le pays.

Lire aussi”Les résistants” au 7e sommet de l’économie de Challenges

Soutien aux petites entreprises

Le rebond passera par les grandes entreprises. Antoine Frérot détaille ainsi les investissements de Veolia pour de nouvelles usines dans l’Est de la France, notamment dans le recyclage, avec le groupe d’industrie chimique Solvay. Mais les très petites entreprises, notamment dans l’hôtellerie-restauration, auront également un rôle à jouer. Le Groupe SOS veut ainsi muscler son opération “1.000 cafés”, qui vise à faire revivre ces lieux de rencontre et de services dans les petites communes. Veolia a ainsi annoncé qu’il allait participer au programme pour qu’il intègre des initiatives culturelles dans les villages éloignés.

Cet appel à la solidarité et aux initiatives privées ne sera toutefois pas suffisant. Jean-Marc Borello appelle l’Etat à donner “un dernier petit coup d’épaule”, en transformant en subventions non remboursables les prêts garantis par l’Etat que les petites structures, artisans et commerçants, ne parviendraient pas à rembourser. Concrètement, il s’agirait selon lui de comparer le bilan de ces entreprises en début d’année avec celui des derniers mois, et de compenser la différence. “On efface ainsi l’année terrible, explique Jean-Marc Borello. La dépense supplémentaire se monterait de 10 à 20 milliards d’euros pour l’Etat. Mais il ne faut pas s’arrêter au milieu du gué.” Les bonnes volontés ne suffiront pas. L’argent magique devra continuer de couler à flot.

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