in

NBA: sa relation avec Jordan, sa jeunesse, les Bulls… Scottie Pippen se livre pour Basket Time

Pour la sortie de son autobiographie “Libéré” aux éditions Hugo Sport, Scottie Pippen s’est livré à l’équipe de Basket Time, le podcast de RMC Sport. Dans cet entretien, la légende des Chicago Bulls se confie sur son parcours, sa relation avec Michael Jordan mais aussi sa version du documentaire The Last Dance.

Scottie, qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cette autobiographie appelée “Ungarded” (“Libéré”, aux éditions Hugo Sport) ?   

J’ai écrit ce livre pour donner ma version, pour montrer aux gens qui était vraiment Scottie Pippen. Pour montrer mon histoire, mon parcours. 

La sortie du documentaire The Last Dance, réalisé par ESPN avec la mainmise éditoriale qu’avait Michael Jordan dessus, vous a-t-elle aussi poussé à sortir votre version des faits, votre histoire ?

Ce n’est pas le documentaire qui m’a poussé à écrire le livre. Ca n’a pas du tout été l’élément déclencheur. Quand The Last Dance est sorti j’avais déjà commencé à l’écrire. Je ne pense pas que ça a changé le fond du livre mais ça l’a fait évoluer.

Dès le début du livre on comprend les difficultés que vous avez traversées plus jeune. On rappelle que votre frère, Ronnie, a été victime d’une agression qui l’a malheureusement rendu handicapé. Votre père a aussi été victime d’un AVC. Vous vous êtes occupé d’eux très jeune. Quel est le regard du Scottie Pippen d’aujourd’hui sur le Scottie Pippen d’hier, qui a dû gérer beaucoup de choses en même temps ?

(Rires) Je n’ai jamais laissé les aléas de la vie m’atteindre. Je n’aurais jamais pu prévoir mon parcours mais j’ai toujours rêvé que j’y arriverai un jour. J’ai travaillé comme un dingue jusqu’à atteindre mon rêve.

Est-ce que le basket vous a en quelque sorte sorti de ces difficultés ? Ou vous a responsabilisé ? Vous a aidé à grandir pour surmonter tout ça ?

Je pense que le basket m’a aidé dans plusieurs domaines. Ça m’a aidé à comprendre le travail d’équipe. J’ai pratiqué plein de sports différents quand j’étais enfant. Le basketball, le baseball, le football et l’athlétisme. Le sport n’avait plus de secret pour moi. L’importance du collectif j’ai pu le mettre en pratique dans le basket. J’ai pu utiliser tout ce que j’ai appris dans les autres sports pour le basket. Couper des lignes de passe, savoir encaisser des fautes offensives, tous les points importants pour être un bon défenseur. J’ai pris de tous les sports pour devenir un joueur de basket complet.

En reprenant le livre sur la partie Michael Jordan, vous évoquez son insensibilité vis-à-vis de vous et de vos coéquipiers. Qu’est-ce que vous cherchez à dire sur lui ? Au début du livre vous avez des mots durs à son encontre. Plus on avance dedans, plus on a l’impression que votre relation évolue. Même si vous n’étiez pas les meilleurs amis du monde, à la fin du livre on a la sensation que vous comprenez mieux pourquoi il était comme ça.  

C’est une question assez profonde. Je ne sais pas trop comment y répondre. Je pense que le livre te dit beaucoup à propos de notre relation. De qui nous étions lui et moi.  

Est-ce que dans cette relation il y a eu un tournant en 1992 ? Lorsque vous rejoignez Team USA c’est clairement l’un des meilleurs moments de votre carrière. Toutes ces soirées avec Magic Johnson, Patrick Ewing et Michael Jordan à jouer aux cartes. Est-ce que cela vous a rapproché avec Michael ? Car vous étiez dans un autre cadre que celui des Bulls ?  

Non, je ne dirais pas vraiment que ça a affecté notre relation. Michael a toujours gardé une certaine distance. Cela ne nous a pas rapprochés. Pendant des années on a grandi ensemble à chercher nos défauts respectifs. On a fait tout ça ensemble, on a évolué ensemble. A l’entraînement, même l’été on se poussait mutuellement. L’important ce n’était pas notre relation en dehors des terrains de basket. L’important c’était de gagner ensemble.

Un passage très délicat du livre maintenant… C’est celui ou vous évoquez la mort de James Jordan, le père de Michael Jordan, en 1993. Un été très difficile pour vous si on rappelle les faits. Vous avez cherché à joindre Michael Jordan pour lui présenter vos condoléances. Vous avez contacté des personnes de l’encadrement des Bulls pour lui parler car vous n’aviez pas son numéro de téléphone ! Souhaitez-vous rajouter quelque chose sur cet épisode ou expliquer au moins pourquoi cela s’est passé comme ça ? Car à l’époque vous n’avez pas pu en parler avec lui si ce n’est que des mois plus tard. Les fans peuvent se demander aujourd’hui comment Scottie Pippen, coéquipier de Michael Jordan, avec tout ce qu’ils ont vécu ensemble, n’avait pas son numéro de téléphone ? 

Bon déjà à cette époque, les téléphones n’étaient pas utilisés comme aujourd’hui. Parfois, on n’avait même pas de téléphone. Je ne sais pas vraiment pourquoi cela s’est passé comme ça. Ce n’était pas aussi important de communiquer avec les autres à cette époque. C’est peut-être la raison, je ne m’en sers pas comme excuse. Je n’étais peut-être pas assez mature pour savoir comment gérer ce genre de situation.  

Cet épisode a-t-il pu avoir une influence sur votre relation par la suite, même si vous êtes bien évidemment en contact encore aujourd’hui tous les deux ?

Non je ne pense pas. C’est arrivé juste comme ça. Michael a pris un peu de recul par rapport au jeu et au basket en général. Il y a forcément des questions qui se posent à propos de ce moment-là mais je pense que c’est ce qu’il souhaitait au fond.

Parlons maintenant un peu plus du joueur que de l’homme. Cette carrière extraordinaire alimentée par 6 titres NBA. Cette incarnation du joueur collectif, mettant l’équipe en avant. Sur un plan personnel avez-vous des regrets par rapport à des distinctions, des choses que vous auriez mérité avoir et que vous n’avez finalement pas eu ?  

Je n’ai pas de regrets. Je pense être assez satisfait de ce que j’ai accompli. C’était amusant et plein de réussites donc non je n’ai pas de regrets. Je ne peux pas me dire, j’aurais dû faire ceci ou faire comme cela car ça remettrait en question tout ce que j’ai pu accomplir.

En lisant le livre on voit toutes ces personnes qui ont marqué votre chemin et qui ont compté pour vous. On peut citer en exemple Muggsy Bogues, l’ancien meneur des Charlotte Hornets avec qui vous avez joué lors du fameux camp NBA pré-draft de Portsmouth. Avez-vous encore des contacts avec ces personnes aujourd’hui ?

J’ai des contacts avec des dizaines d’anciens coéquipiers. Ceux à qui je parle le plus ce sont (Horace) Grant et Ron Harper. Je croise les gars de temps en temps et on discute à l’occasion.

Est-ce que des anciens coéquipiers vous ont appelé pour vous remercier d’avoir écrit et raconter votre version des faits ou une autre version de l’histoire racontée dans le documentaire The Last Dance ?

Personne ne m’a appelé pour me remercier même si je leur ai envoyé des copies du livre. 

Un mot sur les Chicago Bulls d’aujourd’hui qui ont réalisé une très belle saison en finissant 6es de la conférence est avec 46 victoires au compteur. Même s’ils ont été éliminés par les Bucks au premier tour des playoffs, qu’est-ce que vous pensez de leur saison ?

Ils n’étaient pas prêts. Ils ont eu des problèmes de blessures. Ils ont perdu leur meneur (Lonzo Ball) assez tôt dans la saison. C’était leur premier problème. Ils se sont fragilisés au cours de la saison alors qu’il y avait des grosses attentes. Il y a eu différents problèmes. Quand tu joues le champion en titre il faut être prêt. Quand tu les rencontres dès le premier tour c’est le genre de chose qui peut t’arriver. Ils sont capables de surmonter ça.

Dernière question pour le futur. L’un de vos enfants, Scottie Pippen Jr., va se présenter à la draft cet été. Comment voyez-vous sa carrière se dessiner ? 

Sur le même sujet

Je vois une bonne carrière pour lui. Il a beaucoup de cœur et de potentiel !  

Basket Time

What do you think?

2730 points
Upvote Downvote

Comments

Laisser un commentaire

Loading…

0

Saïdia Resorts: Un mois sous le signe du golf

Éric Sénéchal est animé par le volleyball de plage