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Musique. Fils Cara croit en sa bonne étoile – L’Humanité

Il est Marc à la ville, Fils Cara sur scène. Monté à Paris en 2018 pour y tenter sa chance, ce Stéphanois de 25 ans a d’abord sévi dans le rap sous le pseudo de Klé. Depuis, il a fait exploser les frontières du hip-hop. Aujourd’hui, accompagné au piano par ­Francis, son frère cadet, il livre une musique hybride, synthétise les rythmes de l’époque (rap, trap, électro, rock anglais mais aussi chanson ­française) dans un format pop. Dans ce délicat syncrétisme, ses textes fleurent bon la ­littérature, miroir des interrogations de la jeunesse. Fils Cara a du goût. Il porte aux nues Jorge Luis Borges, « le meilleur auteur de langue latine qui ait existé ».

L’année 2020 devait être celle de son envol avec deux EP, Volume en janvier et Fictions en septembre, comme rampes de lancement. La critique s’enthousiasme. Les chantiers 2020 des Franco­folies et des dates à guichets fermés, finalement annulés en raison du nouveau confinement, confirment l’engouement. Mais les turbulences sanitaires ralentissent sa propulsion. Et pourtant, alors qu’il prépare un concert pour Arte (diffusion en direct sur artetv.fr le 5 décembre à 20 h 30), Fils Cara accepte avec philosophie ce retard à l’allumage. « Le chant ne s’arrête jamais. Les salles de concerts fermées ne m’angoissent pas. Quand on croit en soi, il n’y a pas de problème. » D’ailleurs, dans un titre où il évoque avec onirisme ceux qui peinent à joindre les deux bouts, il lance dans un refrain plein d’assurance : « Demain, y aura mon nom dans le New York Times.  » Ses chansons cultivent une mélancolie ­ludique. « Le spleen donne un regard assez lucide sur le monde. Mais la joie est une ­puissance créatrice encore plus grande. Je vais chercher dans la littérature des livres de joie comme chez Camus. »

Pour se créer un personnage, Fils Cara a utilisé le surnom de sa mère sicilienne. « C’était une manière d’importer sa bonne étoile sur scène. » Car cet ancien étudiant en cinéma ne cache pas ses ascendances en refusant de s’y circonscrire. « Je suis de descendance ouvrière. J’ai été à l’usine. J’étais préparateur de commandes dans le congélo géant d’une chaîne de grand froid. C’est l’enfer mais ce n’est pas ça qui me définit. Ce qui me définit, c’est mon écriture, mon arbre généalogique très méditerranéen avec la culture de la musique, le rythme, des pleurs, des cris et de la bonne nourriture. C’est assez cliché mais j’en reviens to ujours à cette force centrifuge entre rythmique et passion méditerranéennes et l’héritage du beau verbe, des belles-lettres et de la littérature. »  

En vidéo : Fils Cara nous reçoit dans son studio

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