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Mort d’Ahmed Benaïssa, monument du théâtre algérien

Le comédien Ahmed Benaïssa, lors d’une répétition, le 20 juillet 2015, au Festival d’Avignon.

Une voix profonde et un visage reconnaissable entre mille. Ahmed Benaïssa, figure majeure du théâtre, de la télévision et du cinéma algérien, est décédé vendredi 20 mai à Cannes, « foudroyé par un malaise », quelques heures seulement avant la présentation de son dernier film, Goutte d’or, réalisé par Clément Cogitore.

Dans un message à la famille du défunt publié vendredi sur Facebook, la ministre algérienne de la culture et des arts, Soraya Mouloudji, a regretté la perte d’un « monument » de la culture algérienne, qui a laissé « une empreinte indélébile dans le monde du cinéma et du théâtre algérien ». L’acteur, âgé de 78 ans, sera rapatrié et inhumé en Algérie, a précisé l’agence de presse officielle APS, citant son fils.

Né en 1944 à Alger, Ahmed Benaïssa fait ses débuts dès les années 1960 sur les planches des théâtres algériens. Une passion dévorante pour la scène que l’acteur et metteur en scène avait à cœur de partager avec les jeunes générations. Féru de littérature, il était derrière l’adaptation au théâtre, en 2013, du roman Nedjma, de l’écrivain algérien Kateb Yacine. L’objectif était de rendre l’œuvre plus accessible en la faisant jouer en arabe dialectal par une troupe de comédiens essentiellement amateurs. Il souhaitait ainsi revenir « aux fondamentaux du Théâtre national algérien [TNA], occupé dès sa nationalisation par des comédiens amateurs », avait expliqué le comédien, à l’occasion du cinquantenaire de la fondation du TNA, en 1963.

Icône du septième art

En près de soixante ans de carrière, Ahmed Benaïssa n’est jamais resté très loin des planches. Même pendant les années de guerre civile qui virent s’opposer, de 1991 à 2002, le gouvernement algérien à divers groupes islamistes. En 1995, aux pires heures de la « décennie noire », le comédien avait pris la direction du théâtre régional de Sidi Bel Abbès, dans l’ouest du pays.

Mais c’est surtout pour ses rôles au cinéma que l’artiste s’est fait connaître. Il est apparu dans plus de 120 productions, majoritairement algériennes et françaises. Les Enfants de novembre, du réalisateur Moussa Haddad (1975), Le Silence des cendres, premier film de Youcef Sahraoui (1975), Leïla ou les autres de Sid Ali Mazif (1977)… Ahmed Benaïssa avait campé des rôles dans de nombreux films à succès des années 1970, période faste du cinéma algérien, puis dans les années 1980, avec Kahla ou Bayda, d’Abderrahmane Bouguermouh, dans lequel il avait retrouvé une autre icône du septième art algérien : l’actrice Chafia Boudraa, décédée dimanche 22 mai, à l’âge de 92 ans.

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