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“Mon dernier Roland, sans fans, c’était bien la merde”: Roger Federer se confie après ses adieux au tennis

Membre de la team Europe qui n’a pu conserver la Laver Cup après un dimanche noir à Londres, Roger Federer en avait fini avec ses obligations médiatiques lorsqu’il a bien voulu se poser quelques minutes devant le micro de RMC Sport, dans les coursives de l’O2 Arena. Cette fois, il était bien retraité… Moment privilégié – presque magique – passé avec une légende du sport restée simple et accessible.

Roger Federer, si vous deviez détacher trois images de ce week-end où vous avez vécu d’incroyables émotions pour vos adieux…

Je pense qu’en premier, ce serait le moment où je vois Rafa (Nadal), Novak (Djokovic) et Andy (Murray) en train de pleurer avec moi, à côté de moi sur le banc. C’était extrêmement émouvant. Ça m’a beaucoup touché. Il y a aussi eu le moment où je suis entré dans le stade en sachant que c’était la dernière fois en compétition. C’était particulier.

Forcément, il y a ces moments avec ma famille en sachant qu’ils sont au bord du court vers la fin du match. Je savais qu’il ne fallait pas que je regarde dans leur direction sinon je ne voyais plus la balle avec les larmes aux yeux. Et puis, les fans bien sûr. Parce que dans un stade vide, il n’y a pas d’émotion. Je suis très heureux d’avoir pu le faire dans un stade plein. Le Covid était enfin passé. J’ai eu beaucoup de chance.

Maintenant que vous êtes à la retraite, quelle image voudriez-vous laisser dans l’histoire du sport ? Qu’aimeriez-vous que l’on dise de vous dans 10, 20, 50 ans ?

Que le gars, il était sympa à encourager et à voir, qu’il a amené quelque chose de particulier au tennis, que ce n’était pas juste un autre joueur. Après, c’est le temps et les journalistes qui vont diriger ça. Je sais que j’ai tout donné, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je me suis beaucoup entraîné, comme tous les autres. J’ai eu une relation incroyable avec mes fans mais aussi avec les fans de tennis en général. J’ai toujours essayé de représenter le tennis de la meilleure façon possible. Parfois j’étais bien, d’autres fois moins bien, mais c’est difficile de jouer à cache-cache pendant 25 ans. Les gens connaissent ma personnalité. Si je peux laisser une trace, tant mieux.

Quel message pouvez-vous adresser à vos fans français ? Vous êtes parti comme un voleur lors du dernier Roland-Garros… (NDLR : il avait gagné son troisième tour face à Koepfer dans un Central vide avant de déclarer forfait face à Matteo Berrettini)

C’est vrai que le dernier match à Roland, ce n’était pas trop ça. Il n’y avait personne dans le stade. D’autant que je savais que ça pouvait être mon dernier match à Roland. J’ai espéré que ce ne serait pas la nuit, malheureusement il a aussi fallu en passer par là et jouer le soir tard. D’un côté, j’étais content de jouer ce match dans ces conditions malgré le covid. D’un autre côté, sans fans, c’était bien la merde.

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Je suis aussi très fier de ma relation avec les fans de votre pays. Vous avez toujours bien aimé le tennis champagne et je pense avoir été l’un des rares joueurs à proposer ce tennis. J’adresse aux Français un énorme merci. J’ai vécu beaucoup de choses chez vous : pas mal de tournois juniors. J’ai gagné mon premier match à Toulouse (NDLR : en 1998 face à Guillaume Raoux). Il y a eu Marseille, Roland, Bercy, que j’ai pu gagner. La coupe Davis aussi, à Lille (NDLR : 2014). Je n’ai pas de plan précis quant à un éventuel retour en France. Mais on n‘est pas très loin, hein… Ce sera très bientôt, j’en suis sûr.

Recueilli à Londres par Eric Salliot

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