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Mode : la traîne en majesté – Paris Match

En robe Guo Pei, la diva pop Rihanna a attiré tous les regards lors de la montée des marches au MET Gala en 2015. Getty Images

Entre contes merveilleux, histoire de France et grandes heures du glamour hollywoodien, la mode des robes à traîne nous emporte dans son sillage. Décryptage.

Avec l’arrivée de lady Diana dans la saison 4 de la série « The Crown », l’opulence des tenues de la princesse des cœurs infuse tout un courant de mode qui n’est pas sans rappeler un passé plus ou moins proche. En effet, la traîne trouve ses origines dès le XIIIe siècle, où elle est alors appelée queue de robe. C’est à la cour du roi Louis XIV qu’elle atteint des sommets de longueur entre 10,70 mètres pour Marie-Thérèse d’Autriche et 3 mètres pour les duchesses. En 1775, le manteau porté par Louis XVI lors de son sacre ne mesure pas moins de 8,54 mètres. La traîne est symbole de pouvoir et de richesse, mais aussi un moyen de se protéger. Elle disparaît peu à peu au profit de la robe volante pour revenir sous le second Empire, où le costume de cour fait une dernière apparition avec de longues traînes pour les dames comme l’impératrice Eugénie ou la princesse Mathilde. C’est à la fin des années 1850 dans la société parisienne et mondaine qu’on peut l’admirer à nouveau.

Si les guerres et les restrictions la font disparaître le jour, les années 1980 et des créateurs comme Vivienne Westwood lui redonnent ses lettres de noblesse. En 1981, la robe de mariée de lady Diana Spencer est coupée dans un taffetas de soie avec une traîne de plus de 7 mètres de long, signée par David et Elizabeth Emanuel. Kate Middleton et Meghan Markle veulent être à la hauteur du mythe avec une robe Alexander McQueen, réalisée par Sarah Burton pour la première, et Givenchy conçue par Clare Waight Keller pour la seconde. Le renouveau des dos drapés fait sensation sur les tapis rouge : Rihanna défraye la chronique du MET Gala 2015 avec un manteau brodé à la longueur extravagante de la créatrice chinoise Guo Pei.

Etam, défilé Fashion Week Paris, fin septembre.
Etam, défilé Fashion Week Paris, fin septembre. © Getty Images

Retour en 2020. Sur le défilé de Christelle Kocher, la traîne évoque les tapis rouges les flashs, les stars… La créatrice nous confie : « Le glamour m’intéresse quand je le mélange avec des codes plus urbains. Je suis très attachée au savoir-faire artisanal de nos ateliers français, celui de la haute couture. J’essaye d’en donner une interprétation nouvelle, en mixant une traîne avec une veste en denim ! » Chez Dior, Maria Grazia Chiuri nous fait voyager vers les années 1920, avec des fantaisies et un raffinement qui font revivre l’âge d’or du cinéma américain. Les robes de princesse des temps modernes se font une place sur les podiums du designer anglais Halpern, quand Giambattista Valli déploie avec panache des volumes flamboyants. Des pièces époustouflantes qui subliment une mode définitivement en trois dimensions.

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