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Malgré le « traumatisme » du Brexit, « l’Europe va mieux », estime l’historien Luuk van Middelaar – Le Monde

Luuk van Middelaar est un historien et philosophe politique néerlandais. Cet ancien membre du cabinet du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, entre fin 2009 et 2014, est l’auteur de Quand l’Europe improvise (Gallimard, 2018), consacré aux deux grandes crises européennes de la décennie passée, celle de l’euro et celle des réfugiés. Dans un entretien au Monde, il revient sur le Brexit et ses conséquences pour l’Union européenne.

L’historien et philosophe politique néerlandais Luuk van Middelaar, en 2008.

Quand les Britanniques ont choisi de quitter l’Union européenne (UE), les Européens ont eu peur que le Brexit ne crée un précédent. Qu’en est-il quatre ans et demi plus tard ?

Avec le référendum du 23 juin 2016, et quelques mois plus tard l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, on a vu s’exprimer une contestation de l’ordre existant. Et, en Europe, la grande peur, c’était que le Brexit fasse des émules. Mais ça n’a pas été le cas. Aux Pays-Bas, que je connais bien et qui, à certains égards, sont assez proches du Royaume-Uni – avec des affinités libérales et nationalistes –, le retrait de l’Europe n’est plus une proposition crédible, comme elle l’a été l’espace d’un instant. On a vu au printemps un mouvement anti-européen fort s’exprimer en Italie, pour dénoncer le manque de solidarité de l’Europe face à la pandémie de Covid-19, mais il était passager.

Comment l’expliquez-vous ?

Le spectacle que nous a offert la politique britannique n’inspire pas confiance. Surtout, et ce n’était pas donné, les Européens, que ce soit les institutions ou les gouvernements, ont défendu fermement leurs intérêts dans la négociation avec Londres. Ils avaient à cœur de montrer qu’il en coûtait quelque chose de sortir de l’UE.

Lire l’éditorial du « Monde » : Face au Brexit, la force tranquille de l’UE

On ne saura jamais qui, des « leavers » ou des « remainers », avait raison. Les deux camps ont joué sur les peurs des citoyens, les premiers pour dénoncer le tsunami de l’immigration que signifierait le maintien dans l’Europe, les seconds pour prédire la catastrophe économique qui accompagnerait le Brexit. Mais, depuis quatre ans et demi, trop de choses ont changé dans le monde, à commencer par la pandémie.

Peut-on imaginer qu’un jour, le Royaume-Uni revienne dans l’UE ?

Pourquoi pas ? Je ne l’exclus pas. Le Royaume-Uni est divisé, et les jeunes, lors du référendum, étaient très largement favorables au maintien au sein de l’UE. Quant à l’Europe, sans le Royaume-Uni, il lui manque quelque chose : le Brexit, c’est une perte, la perte d’une puissance économique, diplomatique, et militaire, d’un rayonnement culturel.

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