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« Lorsque l’enfant paraît », « Music-hall », « Une situation délicate »… Les critiques théâtre de la semaine – Le Journal du dimanche

Lorsque l’enfant paraît ****

Théâtre de la Michodière, Paris 2e arrondissement, 2 heures

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Alors qu’il sévit contre les maisons closes et les avortements, un sous-ministre découvre que sa femme, plus toute jeune, attend un enfant. Et que son fils mal dégrossi a engrossé sa secrétaire ! Écrit à l’après-guerre et créé en 1951 avec Gaby Morlay, ce boulevard d’André Roussin fut un triomphe en son temps. On ne doute pas qu’il en sera de même cet hiver – et jusqu’au printemps 2023 ! – avec Catherine Frot et Michel Fau tant leur impayable duo, pris dans les rouages de cette débâcle morale, nous fait rire. Frot, impériale et d’une précision fascinante en bourgeoise réactionnaire, exécrable, élégante à l’excès, est la reine du spectacle. Entourée d’acteurs finement choisis (tels Quentin Dolmaire, Hélène Babu, Sanda Codreanu), elle brille de tous ses feux, hilarante et jamais mieux portée que par son sens du détail qui tue. Michel Fau, drôle en pater pathétique de cette intrigue survoltée, signe une mise en scène imparable, sans temps morts, où l’on entend très clairement les glaçantes résonnances actuelles du texte sur l’hypocrisie et l’égoïsme consommé.

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Music-hall ***

Petit Saint-Martin, Paris 10e arrondissement, 1h15.

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Portée par son succès, l’an passé, dans Les règles du savoir-vivre dans la société moderne, Catherine Hiegel ne se passe plus de Jean-Luc Lagarce. On s’en réjouit car sa voix unique, son phrasé féroce et sa gestuelle toujours mordante y font merveille. Dans ce Music-Hall, l’une des pièces les plus connues de l’auteur disparu, elle apparaît tout en strass sous les traits de « la fille » vieillissante entourée de ses deux « boys », deux pingouins comme elle lassés de tout, joués par les irrésistibles Raul Fernandez et Pascal Ternisien. Leur trio nous emporte dans un univers où l’absurde et le pathétique disputent au pince-sans-rire sans exclure l’émotion ni les pas de danse et les lalala. Car dans cabaret passé de mode, voulu seventies et très graphique par le metteur en scène Marcial Di Fonzo Bo, le temps a cruellement passé et l’art du simulacre, si brave soit-il, n’est qu’une tragicomédie cinglante et humiliante. 

Le principe d’incertitude *

Théâtre du Montparnasse, Paris 14e arrondissement, 1h30.

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Dans une gare de Londres, Georgie, une américaine délurée de 40 ans, aborde un vieil anglais discret qui pourrait être son père. Leur rencontre suscite une série de discussions, d’aveux et de situations délicates sinon embarrassantes. Car elle ose tout et lui est sensible… Dans un décor quasi nu baigné de lumières plutôt sombres, Laura Smet et Jean-Pierre Darroussin nous tiennent en haleine tant que la pièce de Simon Stephens déconcerte. Malheureusement, passé un temps, cette rencontre entre deux solitudes s’avère plus petite qu’il n’y paraît. On finit par se lasser de la volubilité forcée du personnage féminin, pérorant sans chercher à attendrir. S’il habite son texte avec plus d’évidence, Jean-Pierre Darroussin ne surprend pas plus que ça. La traversée s’avère, somme toute, assez plate, dépourvue de vision dans sa mise en scène.

Une situation délicate **

Théâtre Edouard VII, Paris 9e arrondissement. 1h30.

Dans le pas du succès de Josiane Balasko dans Chalet à Gstaad (visible jusqu’au 8 janvier 2023 au théâtre des Nouveautés), c’est Gérard Darmon qui fait toujours l’événement au théâtre Edouard VII dans un vaudeville d’Alan Aycbourn, auteur anglais connu pour avoir inspiré plusieurs de ses scénarios à Alain Resnais. Dans la peau d’un vieil amant largué, incapable de voir que sa jeune maîtresse lui préfère un autre moins décati, Darmon rayonne. Cette mise en scène de Ladislas Chollat le montre tour à tour veule, borné, obsédé et de très mauvaise foi, mais toujours complice et sympathique. Clotilde Coureau se délecte de ses répliques acides pour une bourgeoise esseulée qui, sans tout savoir, voit très bien de quoi il retourne. Avec Elodie Navarre et Max Boublil parfaits en amoureux empêtrés, les quatre nous font basculer dans l’infini quiproquo échafaudé par Aycbourn. Son écriture jongle avec le rire et le malaise pour tendre sa belle palette de jeu aux comédiens. A.C.

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