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« L’Oiseau moqueur »: Walter Tevis fustige les abus de la technologie et un monde qui court à sa perte – 20 Minutes

L’Oiseau Moqueur — Gallmeister
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  • Aujourd’hui, « L’Oiseau Moqueur » de Walter Tevis, paru le 7 janvier 2021 aux Éditions Gallmeister.

Anne-So « Echos de Mots », blogueuse jeunesse et contributrice du groupe de lecture 20 Minutes Livres, vous recommande L’Oiseau moqueur de Walter Tevis, paru initialement en 1981 sous le titre L’Oiseau d’Amérique et réédité le 7 janvier 2021 aux Éditions Gallmeister.
 

Sa citation préférée :

Et là, je commençai à comprendre, à imaginer cet incroyable phénomène qui avait débuté dans des temps immémoriaux à l’ombre des arbres, dans les grottes et dans les plaines de l’Afrique ; l’homme, bipède et simiesque, s’étendant partout et fabriquant d’abord ses idoles, puis ses cités. Et cet homme avait dépéri jusqu’à devenir ce qu’il était aujourd’hui : un pauvre reste drogué, s’avançant en titubant sur le chemin qui le menait au néant (…).

Pourquoi ce livre ?

  • Parce que l’intrigue nous projette quelques centaines d’années après notre ère. Les humains se sont déchargés de tous leurs problèmes grâce à des robots qui gèrent tout à leur place et à la médication empêchant les soucis de les atteindre. Un jour, Paul apprend à lire, seul. Pour lui, ce sera le début d’une succession de découvertes qui pourraient tout remettre en cause et, surtout, ce sera le début d’un voyage mouvementé au cours duquel le héros se découvrira réellement.
  • Parce que le personnage le plus touchant a des pensées, des difficultés et des envies terriblement humaines. Cependant Spofforth n’est pas un humain, c’est un robot de Classe 9 ; le robot le plus sophistiqué jamais conçu. Ce dernier, programmé d’une certaine manière, n’a pas d’autre choix que de vivre quand il aimerait tant mourir. Lorsqu’il rencontrera Paul, Spofforth devra prendre une décision aux répercussions retentissantes.
  • Parce que ce livre est un hommage à la lecture et à l’écriture, aux connaissances qu’elles véhiculent et aux réflexions qu’elles engendrent. A travers l’acquisition de la lecture, l’horizon de Paul s’élargit et ne se limite plus à ce New York peuplé de robots travailleurs et d’humains aux regards hagards qui ne communiquent et ne se regardent plus et dans lequel les psi-bus sont les seuls éléments à mettre la vie dans un paysage gris et morne.
  • Parce que ce roman est très bien construit et expose son histoire avec parcimonie et intelligence. Il est également une critique du progrès ainsi qu’une observation pertinente de la nature humaine. La plume est fluide et porteuse d’idées intéressantes et bien exploitées. On ne peut s’empêcher de penser que le futur imaginé ici par Walter Tevis pourrait s’échapper de la fiction pour s’installer dans nos vies et ça fait froid dans le dos.
  • Parce que, quarante ans après sa première parution, L’Oiseau Moqueur reste un petit bijou de science-fiction qui a le bon goût d’être aussi subtil qu’intelligent. L’auteur mixe à merveille ses idées futuristes à ses réflexions intemporelles sur la nature humaine, la religion et l’intelligence artificielle offrant ainsi à ses lecteurs un roman pertinent de A à Z avec une fin parfaite.
     

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. « Pas de questions, détends-toi. » C’est le mot d’ordre des humains du XXVe siècle, obsédés par leur confort et déchargés de tout travail par les robots. Ils se laissent vivre en ingurgitant les tranquillisants fournis par le gouvernement. Jusqu’au jour où un homme apprend à lire grâce à de vieux enregistrements.

Les personnages. Spoffort est un robot de Classe 9 fatigué de vivre. Paul est un homme ayant appris à lire tout seul et remettant sa vie en question.

Les lieux. Le roman se déroule aux Etats-Unis ; en grande partie à New York.

L’époque. L’histoire a lieu plusieurs centaines d’années dans le futur.

L’auteur. Walter Stone Tevis a écrit ce roman, paru initialement en France sous le titre L’Oiseau d’Amérique en 1981. C’est un auteur américain spécialisé dans la science-fiction et le roman noir. On lui doit notamment Le Jeu de la Dame qui a été adapté sur Netflix en 2020 et qui rencontre un (très) grand succès.

Ce livre a été lu avec plaisir par Anne-So Echos de Mots, blogueuse spécialisée dans la littérature jeunesse et ado. « Pour moi, la lecture peut être aussi bien un plaisir personnel dans lequel on court se réfugier qu’une excuse pour échanger et rencontrer d’autres lecteurs. Je suis une amoureuse des mots toujours intéressée par de nouvelles découvertes. »

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