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L’Europe de l’Est prend le pouvoir – Courrier international

Dans les décennies qui ont suivi la chute du mur de Berlin, vivre en Europe centrale et orientale a souvent été synonyme de marginalisation. Le cœur du continent réunifié restait carolingien : ses institutions politiques (UE) et militaires (Otan), ainsi que ses grandes régions économiques, se partageaient entre l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Les nouveaux membres de l’UE, les candidats à l’adhésion et ceux qui rêvaient de faire partie du club, étaient condamnés à imiter l’ouest de l’Europe et à tenter de rattraper ses normes socio-économiques, comme l’expliquent Ivan Krastev et Stephen Holmes dans leur ouvrage The Light That Failed (2020) [Le Moment illibéral, publié chez Fayard].

Souvent, le cœur du continent n’avait que mépris pour ces pays périphériques. En 2003, quelques mois avant que l’UE n’admette huit anciens États de l’ancien bloc de l’Est, Jacques Chirac, alors le président de la France, leur reprochait d’avoir “perdu une bonne occasion de se taire” dans les débats sur la guerre en Irak. Une fois à l’intérieur de l’UE, ces États se sont souvent retrouvés en marge des grands événements : la crise de la zone euro concernait avant tout les pays du Sud ; pendant la crise des migrants, ils passaient pour des autoritaires intransigeants ; la politique européenne face à l’agression de l’Ukraine par la Russie en 2014 puis vis-à-vis de la pandémie de Covid-19 a eu pour fers de lance la France et l’Allemagne. Aucun responsable né à l’est de l’Elbe n’a encore occupé ni le poste de secrétaire général de l’Otan ni celui de président de la Commission européenne.

“Biden, Scholz et Macron repassaient leurs chemises”

Dans les premiers temps de l’“opération militaire spéciale” lancée par le Kremlin, les grandes puissances de l’UE et de l’Otan ne croyaient pas que Kiev soit capable d’une résistance prolongée et s’attendaient à devoir traiter rapidement avec un Poutine victorieux. “Biden, Scholz et Macron repassaient leurs chemises en vue des négociations”, ironisait Eerik-Niiles Kro

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Dessin de Martirena
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Source de l’article

New Statesman (Londres)

Depuis sa création en 1913, cette revue politique, aussi réputée pour le sérieux de ses analyses que pour la férocité de ses commentaires, est le forum de la gauche indépendante. Le titre est, par définition, le journal de référence de l’intelligentsia de gauche, mais ses colonnes sont ouvertes à un large éventail d’opinions. Il a abandonné sa présentation austère pour une maquette plus aérée et colorée. 

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