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L’espace dernier havre de paix ?



À croire que le conflit n'a pas eu d'impact dans l'espace. Faut-il y voir une main tendue de la Russie en matière de spatial ? - Depositphotos.com Auteur cookelma

À croire que le conflit n’a pas eu d’impact dans l’espace. Faut-il y voir une main tendue de la Russie en matière de spatial ? – Depositphotos.com Auteur cookelma

On n’en a quasiment pas parlé, mais savez-vous que depuis le mercredi 21 septembre une fusée Soyouz a décollé à destination de la Station spatiale internationale (ISS) depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.

Jusque-là rien de très nouveau. Mais si l’on vous dit qu’à son bord, il y a un Américain, Frank Rubio, de la Nasa et deux Russes, Sergueï Prokopiev et Dmitri Peteline de l’agence spatiale russe Roscosmos, ceci en pleines tensions liées à l’offensive en Ukraine et alors que les relations entre Moscou et Washington sont au plus bas. Alors cela change tout…

Surtout qu’un autre vol vers l’ISS est programmé le 3 octobre, dans le cadre d’une mission conjointe entre la Nasa et Roscosmos, cette fois à bord d’une capsule Crew Dragon de la société Space X. Un cosmonaute russe, deux astronautes américains et un Japonais décolleront du centre spacial Kennedy, en Floride.

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À croire que le conflit n’a pas eu d’impact dans l’espace. Faut-il y voir une main tendue de la Russie en matière de spatial ?


Les relations entre la Russie et les USA vont elles se renouer ?

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Il est évident qu’il s’agit d’un geste fort qui peut être va renouer la collaboration entre la Russie et les USA du moins au niveau de la coopération spatiale.

Il faut rapprocher ce geste à la démission de Dimitry Rogozin directeur général de la société spatiale d’État Roscosmos, celui même qui avait twitté à l’attention de Joe Biden : « Si vous bloquez la coopération avec nous, qui sauvera l’ISS d’une désorbitation incontrôlée et d’une chute sur les États-Unis ou l’Europe. Je vous suggère de ne pas vous comporter comme un irresponsable (…) Pour éviter que vos sanctions ne vous tombent sur la tête. Et pas seulement au sens figuré. »

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Non seulement, il y a la démission, mais aussi la façon dont celle-ci s’est faite et qui en dit long peut être sur les intentions de la Russie : 15 juillet, à 14h42 (heure de Moscou), un communiqué du Kremlin annonce qu’ “en vertu d’un ordre exécutif et conformément à l’article 83 de la Constitution de la Fédération de Russie, Iouri Borisov quitte ses fonctions de vice-premier ministre”.


La paix dans l’espace, ce n’est pas gagné…

Deux minutes plus tard, à 14h44, un autre communiqué du Kremlin annonce que Vladimir Poutine “a signé” un décret par lequel Dimitry Rogozin “démissionne de son poste de directeur général de la société spatiale d’État Roscosmos”. Une minute plus tard, à 14h45, la Présidence de la République publié une troisième déclaration informant que “conformément à un ordre exécutif, Yury Borisov a été nommé directeur général de Roscosmos”.

Seule fausse note dans cette tentative de rapprochement la déclaration du Commissaire européen de Thierry Breton en charge de l’espace et de la défense entre autres, a déclaré, il y a environ une semaine, au cours de sa visite sur le site d’ArianeGroup à Vernon : « La coopération avec la Russie est définitivement bannie. »

L’espace qui était jusqu’alors considéré encore un havre de paix et comme le modèle de la coopération internationale, montre toute sa fragilité. La paix dans l’espace, ce n’est pas gagné…

Ceci ne peut que nous encourager à regarder sur le net la conférence du Général Jean-Marc Laurent, Responsable exécutif de la Chaire Défense & Aérospatial sur le thème « Facteurs de risques spatiaux en mesure de déstabiliser la paix mondiale » qui aura lieu le 7 octobre à Science Po Bordeaux.


Michel Messager

Michel Messager

Michel MESSAGER est directeur associé de Consul Tours, société de conseil travaillant pour une clientèle privée et institutionnelle dans les secteurs du tourisme.

Après avoir occupé les postes de Secrétaire Général du Tourisme Français, puis de Directeur de Touropa et Directeur du pôle tourisme du Groupe Verney, il rejoint en 1997 l’APST (Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme) en qualité de Secrétaire Général jusqu’à fin 2007, période à laquelle, encore jeune retraité, il décide de réactiver sa société de conseils créée au début des années 90.
Nommé par le Ministre chargé du tourisme en 2005, puis en 2012, il siège au Conseil National du Tourisme en qualité de Président Délégué de la section économie touristique, il est aussi Membre Fondateur de l’Institut Européen du Tourisme Spatial et de l’AFST (Association Française des Seniors du Tourisme).

Il est l’auteur de deux livres sur le Tourisme Spatial, le premier publié en 2009 à la documentation française et le second sorti en 2021, “Histoire du Tourisme Spatial de 1950 à 2020” chez Amazon, ainsi que de nombreux articles sur le sujet. Il est considéré actuellement comme l’un des spécialistes en la matière. Il intervient fréquemment sur ce sujet à la radio et à la télévision, ainsi qu’au travers de conférences dans de nombreux pays, notamment au Canada où il réside quelques mois par an.

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