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Les vaccins contre le Covid vus d’Asie : Messieurs les Occidentaux, tirez les premiers ! – Marianne

Le Japon ne fait pas dans la demi-mesure. La Diète, son parlement, a décidé le 2 décembre de modifier la loi et de débloquer 5,32 milliards d’euros pour vacciner gratuitement tous les Japonais ainsi que les étrangers résidant dans le pays. Soit 126 millions de personnes.

Si les autorités nippones se sont rangées à la vaccination de masse, elles n’entendent pas pour autant précipiter les choses et la campagne ne débutera vraisemblablement pas avant le second trimestre 2021. Tokyo veut d’abord s’assurer que les vaccins proposés n’auront pas d’effets secondaires indésirables. Et à leurs yeux, rien de mieux pour le savoir que d’étudier ce qui va se passer dans les pays occidentaux où les campagnes de vaccination débutent ou sont sur le point de commencer. Opinion partagée par une population encore très méfiante. « Je ne crois guère à l’efficacité de ces vaccins et les Japonais ne se feront vacciner que s’ils sont sûrs de leur efficacité », estime Mariko Taraguchi, esthéticienne à Tokyo, contactée par Marianne au téléphone.

Un taux d’efficacité des vaccins surprenant

D’autant que des sommités médicales ont recommandé la prudence. Tel Masayuki Miyasaka, immunologue, professeur à l’Université d’Osaka qui s’est exprimé dans le Mainichi, l’un des principaux quotidiens du pays. « Je me fais vacciner contre la grippe mais je ne me ferai pas inoculer celui du Covid 19 tout de suite, même une fois qu’il sera disponible. Il est sans conteste assez efficace mais nous ne devons pas nous limiter à cet aspect » a-t-il déclaré jugeant, en outre, surprenant les taux d’efficacité annoncés alors que ceux des vaccins contre la grippe plafonnent à 60-70 %.

Un pavé dans la mare du gouvernement qui, s’il n’a pas rendu cette vaccination officiellement obligatoire, la recommande plus que fortement. « Nous sommes encore libres de refuser et les entreprises n’auront pas le droit de nous y obliger mais j’imagine que certaines insisteront et que des salariés obéiront. Au Japon il existe une forte pression sociale et je suis persuadée que le pourcentage de vaccinés y sera plus important que dans d’autres pays », estime toutefois Yuko Maeda, employée de bureau à Osaka. Nul doute non plus que le Gouvernement jouera du bon déroulement des J.O pour convaincre les récalcitrants de céder aux sirènes vaccinales. Reste que le nombre de cas étant bien moindre qu’en Europe, les Japonais ressentent moins l’urgence du vaccin.

Prudence sur les effets secondaires

Même chose à Taïwan et en Corée, deux pays encore moins touchés où, là aussi, rien ne devrait se faire avant fin mars ou avril. À Taipei, les autorités ont certes annoncé avoir acquis une quantité substantielle de vaccins mais la prudence reste de mise quant à d’éventuels effets secondaires. Dans l’attente de certitudes, aucune date précise n’a donc été dévoilée pour leur distribution sans que cela génère beaucoup de débats. « Mais la plupart des gens vont sans doute se faire vacciner quand le gouvernement le conseillera car celui contre la grippe est entré dans les mœurs », témoigne Su-Chi Tsai, une résidente de Taipei.

En Corée, le Ministre de la Santé et des Affaires Sociales Park Neung-hoo a annoncé ce mardi 8 décembre que l’État avait précommandé des doses pour vacciner 44 des 52 millions d’habitants du pays. C’est plus que les prévisions contenues dans le plan dévoilé il y a un mois : il était alors question de ne vacciner que 60 % de la population pour atteindre l’immunité de groupe. Mais entre-temps, le nombre de cas quotidiens s’est accru pour atteindre 500-600 et des voix se sont élevées pour le revoir à la hausse. Sans toutefois réclamer une accélération du calendrier. Là encore, on observera le cobaye européen. « Nous déciderons du programme en fonction des observations sur leur efficacité et leur innocuité » a déclaré le ministre Park Neung-hoo.

Pression sociale

« L’épidémie restant à un niveau gérable, il n’y a pas de raison de se hâter comme en Europe et aux États-Unis. Nous pourrons toujours nous approvisionner après avoir surveillé attentivement les effets secondaires qui pourraient apparaître deux ou trois mois après les vaccinations dans ces pays » a ajouté Lee Hoan-jong, professeur au Collège de Médecine de l’Université Nationale de Séoul lors du même point presse. Décision qui satisfait plutôt les Coréens, nombreux à ne pas encore être convaincus par ces vaccins. « Comme tous mes collègues je préfère attendre pour être certaine qu’ils ne sont pas dangereux » souligne Kim Ji-Yeon, une universitaire coréenne de Séoul.

Ceci étant, la pression sociale est également forte en Corée et le taux de vaccination devrait y être élevé. « Moi et mon mari nous le ferons dès que ce sera possible », affirme Choi Hye-jin, commerçante dans la ville de Gongju.

À LIRE AUSSI :Comment la Corée du Sud est parvenue à vaincre sa peur du vaccin contre la grippe

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