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Le théâtre de la vie

Voici un roman qui ressemble à une pièce de théâtre : les scènes se succèdent avec le nom des protagonistes comme titre, on découvre d’abord les personnages, leur histoire, puis les liens, amenés avec beaucoup de subtilité, qui vont les rapprocher.

Sur la scène, ce sont trois personnages principaux qui se répondent, trois voix qui se font écho, trois symptômes d’une époque, trois masques qui finissent par tomber ; ce sont des gens à l’image de l’oxymore du titre du roman, en contradiction avec eux-mêmes face aux injonctions du monde d’aujourd’hui, entre vérité profonde et le besoin de trouver une place dans cette société. Chacun a ses espoirs, ses doutes, doit faire face à la vie et à ses drames.

Le style est rapide, les paragraphes courts, l’écriture va à l’essentiel, ce qui donne beaucoup de rythme à la lecture. On joue avec la première et la troisième personne du singulier pour marquer la proximité qui s’installe.

Ces trois destins qui se frôlent, se croisent, s’entremêlent posent une même question : comment vivre soi avec les autres, être soi face à leurs regards, comment réussir sa vie, comment gérer ses sentiments et ses désirs ?

La fin nous laisse dans l’expectative de la suite des événements, pour nous laisser le choix peut-être d’une fin alternative : les aléas de la vie sont comme des boucles qui se rejoignent pour former une chaîne dont on ne connaît jamais tout à fait la fin.

Un monde de salauds souriants, Thomas Rosier. Éditions Actes Sud – 235 pages, 20,50 euros

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