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“Le règne de l’Allemagne est révolu, l’heure de l’Europe de l’Est a sonné”

Kaja Kallas est “l’avenir de l’Europe”. C’est du moins ce qu’affirment sur les réseaux sociaux les nombreux internautes qui partagent des clichés de la Première ministre estonienne à côté de Sanna Marin, son homologue finlandaise. En parallèle, ils publient des photos de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel. “Le passé de l’Europe”, indique cette fois-ci la légende.

L’invasion brutale de l’Ukraine par la Russie le 24 février a entraîné une véritable restructuration de l’Union européenne (UE), dont le centre de commandement se déplace petit à petit vers l’est. L’Estonie, la Pologne et la République tchèque comptent, en effet, parmi les principaux fournisseurs d’armes européens de Kiev, et ce sont eux qui ont accueilli la majeure partie des plus de sept millions de réfugiés ukrainiens. Mais ces deux éléments ne sont pas les seuls indices de la recomposition européenne.

La réorganisation du pouvoir au sein de l’Union et les changements culturels associés se mesurent aussi par la multiplication, sur les réseaux sociaux, des publications qui glorifient des responsables politiques comme Kaja Kallas en les opposant à Angela Merkel – considérée comme la chef de file de l’Europe pendant de nombreuses années.

L’avant-garde de la lutte contre Poutine

Un constat semble s’imposer : le règne de l’Allemagne est révolu ; l’heure de l’Europe de l’Est a sonné. La guerre en Ukraine a placé l’ensemble des pays d’Europe centrale et orientale (Peco) sous le feu des projecteurs. Ces pays – qui forment, selon un terme allemand archaïque, “l’Europe médiane”, c’est-à-dire une zone située entre l’Allemagne, la Russie et l’Autriche – ont longtemps joui d’un poids politique très limité à Bruxelles. Mais désormais, ce sont eux qui donnent le tempo des sanctions européennes contre Moscou. Varsovie ou Tallinn sont toujours les premiers à exiger un durcissement des mesures – avant que Berlin ne finisse par leur donner raison.

La Slovaquie, la Roumanie ou encore la Pologne – qui, pendant des années, se sont fait accuser d’hystérie par Bruxelles et Berlin lorsqu’elles mettaient en garde contre l’agressivité de Moscou – se retrouvent aujourd’hui à l’avant-garde [de la lutte contre la Russie]. La Pologne, plaque tournante des livraisons d’armes occidentales à Kiev, s’est imposée comme un acteur incontournable. De tous les pays de l’Otan, c’est d’ailleurs elle qui renforce le plus l’arsenal militaire ukrainien. Les pays Baltes et la Slovaquie sont eux aussi prêts à défendre durablement le flanc est de l’alliance – partant du principe que l’hostilité de Moscou vis-à-vis de l’Euro

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