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Le cinéma français n’a plus la cote en Chine – Le Monde

L’actrice française Virginie Ledoyen et l’acteur chinois Huang Xiaoming, le 26 juin 2018, lors de la conférence de presse d’ouverture du Festival du film français à Pékin.

Le salut du cinéma français en 2020 ne viendra pas de Chine. Pourtant, les cinémas y ont rouvert leurs portes et le pays a profité de la paralysie de Hollywood pour devenir le principal marché mondial du film. Mais la Chine reste un marché difficilement pénétrable : les difficultés du festival Panorama, lancé le 3 décembre à Pékin et qui se tient jusqu’à la mi-janvier, en témoignent. D’ordinaire, une dizaine de films français y sont présentés dans une dizaine de villes. Cette année, seuls huit films (sortis en France en 2019 et 2020) ont été sélectionnés : Un triomphe (Emmanuel Courcol), Fête de famille (de Cédric Kahn), J’ai perdu mon corps (Jérémy Clapin), La Belle Epoque (Nicolas Bedos), La Vérité (Hirokazu Kore-eda), Le Sel des larmes (Philippe Garrel), Sibyl (Justine Triet), A l’abordage (Guillaume Brac). Surtout, tous n’ont pas été acceptés par les différentes censures municipales. Ainsi, Shanghaï a refusé les films de Philippe Garrel et d’Emmanuel Courcol. Pourquoi ? Mystère.

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Depuis 2018, le cinéma en Chine ne relève plus d’une administration, en l’occurrence le bureau d’Etat chargé de la presse, publication, radio, cinéma et télévision, mais directement du bureau de la propagande du Parti communiste. Contrôle des financements, mise au pas des stars, annulations in extremis de la programmation de films dans les festivals internationaux… le changement de cap a été brutal. Il n’a pas épargné les étrangers. Aux restrictions déjà existantes – pas plus d’une centaine de longs-métrages étrangers par an, interdiction de certaines plages horaires à la télévision – s’en sont ajoutées de nouvelles : « Les contenus étrangers diffusés (cinéma et autres contenus audiovisuels) sont désormais limités à un tiers des volumes horaires des contenus chinois, marquant la fin de l’exonération de limitation pour les contenus déjà importés pour une autre distribution (salle ou DVD) », déplore Unifrance dans une note sur la situation en Chine.

Un miroir aux alouettes

Résultat : l’eldorado chinois – 1,7 milliard d’entrées, 70 000 écrans – se révèle souvent un miroir aux alouettes. Sur les 543 films sortis en 2019, 413 sont chinois, 43 nord-américains, 42 proviennent du reste de l’Asie et 11 de France. Une répartition imposée par le pouvoir qui varie peu d’une année sur l’autre. En part de marché, le constat est encore plus sévère. En 2019, les films chinois s’octroient 64,1 % des parts de marché, les Etats-Unis 30 % et la France… 0,1 % seulement. Avec 1,1 million d’entrées, les films français sont quasiment passés inaperçus en Chine en 2019. Surtout qu’à lui seul le premier film, Minuscule 2 (Thomas Szabo et Hélène Giraud), a réalisé 489 000 entrées. Et 2020 s’annonce pire. Derrière Spycies, film d’animation sino-français de Zhang Zhiyi et Guillaume Ivernel qui totalise 1,5 million d’entrées, Dans la Brume, long-métrage franco-canadien de Daniel Roby, n’a attiré que 82 000 spectateurs.

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