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La technologie, un élément clé dans le succès (ou l’échec) des écuries de Formule 1

La technologie, un élément clé dans le succès (ou l'échec) des écuries de Formule 1

Au cours de la dernière saison de Formule 1 (F1), les écuries ont vu leur budget plafonné à 140 millions de dollars par équipe, contre 145 millions auparavant. Une baisse des dépenses synonyme de serrage de vis pour les différentes écuries en lice, appelées à mettre encore davantage l’accent sur la rentabilité et la gestion des ressources que jamais auparavant. De quoi conduire ces dernières à rivaliser d’inventivité pour parfaire leur technologie et assurer leur suprématie sur ce point critique pour leur succès… Ou leur échec.

Chaque équipe aborde différemment le défi du plafonnement des coûts, mais voici quelques-unes des façons dont les écuries de F1 utilisent la technologie pour économiser de l’argent cette saison, de l’usine jusqu’au paddock et à la ligne de départ des Grands Prix.

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AlphaTauri

Les ingénieurs d’AlphaTauri ont choisi d’utiliser le système Kinetic d’Epicor pour analyser les données de production et créer des simulations de pièces dans l’espoir de minimiser le nombre de matériaux utilisés. Grâce à l’utilisation d’un fournisseur de gestion de données, l’écurie (ex-Toro Rosso) fait valoir qu’elle peut rendre automatiquement une structure schématique complète ou livrer un jumeau numérique de ses voitures de course.

En disposant de ces rendus, AlphaTauri peut anticiper et éliminer les coûts financiers imprévus, tels que la sur-commande de composants ou le gaspillage de matériaux. De quoi éliminer toute dépense inutile. “L’équipe dispose également d’une visibilité granulaire sur la machine, l’opérateur et les outils utilisés pour la fabrication de chaque pièce, ce qui permet de développer des modèles d’analyse des coûts qui éclairent les décisions d’achat ou de vente, ainsi que de corriger rapidement tout problème de production avant d’arriver sur la piste”, explique en outre Giovanni Cattarina, l’un des ingénieurs de l’écurie.

Le fait d’avoir ces rendus en main permet également à AlphaTauri de déterminer rapidement quelle partie du véhicule est moins performante lors de l’analyse d’une course récemment terminée afin de renforcer sa logistique en temps réel et de grappiller de précieuses secondes sur la ligne d’arrivée.

Red Bull Racing

Qu’il s’agisse de la fabrication des pièces ou de la course elle-même, l’investissement dans l’amélioration de la technologie virtuelle – rendus, jumeaux numériques et simulations – semble être le principal objectif des équipes pour être compétitives dans le cadre d’un budget limité.

Red Bull, l’écurie vice-championne du monde des constructeurs l’an dernier où officie le champion du monde en titre Max Verstappen, mise sur sa collaboration avec Oracle  pour augmenter de plus de 1 000 fois le nombre de simulations de course qu’elle peut effectuer. Grâce à ce partenariat gagnant, la vitesse des simulations de l’écurie a été multipliée par dix au cours de la dernière saison, ce qui signifie que les stratèges de course de Red Bull ont désormais plus de temps pour améliorer la précision de leurs prédictions afin de prendre les bonnes décisions.

Demander à un fournisseur, tel qu’Oracle, d’effectuer des simulations demande toutefois beaucoup de temps et d’énergie, ce qui entraîne des coûts importants. Pour cette dernière saison, l’une des façons dont Red Bull a réduit ses coûts a consisté à limiter le temps passé à utiliser le cloud pour effectuer des simulations, explique Zoe Chilton, responsable des partenariats chez Red Bull.

“Si vous exploitez un centre de données sur site, il doit être allumé en permanence – vous consommez beaucoup d’énergie, ils consomment beaucoup de ressources. En fait, ce dont [Red Bull] a besoin, c’est d’une énorme puissance de calcul que nous pouvons allumer pour la durée du week-end de course, puis éteindre le reste de la semaine, car nous n’avons pas besoin qu’elle soit disponible en permanence pour cette tâche très spécifique”, indique cette dernière.

“Dans ce genre de cas, nous constatons des gains d’efficacité vraiment impressionnants et la possibilité d’utiliser le cloud pour ces tâches de simulation très spécifiques. Et partout où il y a de l’efficacité, il va y avoir un avantage, il va y avoir des économies de coûts, et évidemment des améliorations environnementales aussi.”

McLaren

Le responsable de la technologie commerciale de McLaren, Edward Green, souligne pour sa part l’importance de maximiser les jumeaux numériques pour réussir sous un plafond budgétaire. De la création de simulations de pilotes, au développement de composants, et même jusqu’à la conception de l’usine, McLaren a intégré des jumeaux numériques pour maximiser l’efficacité de ces processus.

“Le jumeau numérique est utilisé dans notre simulateur. Après chaque course, les pilotes reviennent et refont le parcours de la course qu’ils viennent de terminer, ce qui peut sembler étrange, mais cela nous aide à mieux calibrer leurs réactions et leur compréhension des données provenant de la voiture”, explique l’ingénieur. “Le jumeau numérique est ensuite également utilisé pour le développement des pièces. Nous pouvons effectuer des simulations, qu’il s’agisse de dégradation aérodynamique ou de dégradation des pneus. Nous effectuons des simulations physiques par rapport à un modèle virtuel de la voiture”.

“Grâce au jumeau numérique, vous pouvez vraiment comprendre ce qui se passe avec la voiture à tout moment.” Au-delà de l’utilisation de la technologie virtuelle pour réduire les coûts et trouver des améliorations mineures, l’écurie met également l’accent sur la création de prototypes rapides afin d’étudier à moindre coût des améliorations plus importantes et plus vastes pour ses véhicules.

“Parfois, ce prototypage rapide peut aider à déterminer la façon dont une pièce est fabriquée dans son intégralité, ou la façon dont elle se lie aux autres surfaces de la voiture, et ainsi vous pouvez créer ou imprimer en 3D ces pièces très rapidement. Plus vite vous faites cela, plus vite vous gagnez la course en coulisses pour le développement des pièces”, explique Edward Green.

Lors du dernier Grand Prix qui s’est déroulé en Australie, le recours à cette technologie a donné d’excellents résultats pour certaines équipes, mais pas pour d’autres. Le pilote Red Bull, Sergio Perez, a réussi à monter sur le podium tandis que son coéquipier Verstappen a abandonné avec des problèmes de moteur. Pendant ce temps, les pilotes McLaren et AlphaTauri se sont tous placés plus bas dans le peloton, de la cinquième à la quinzième place.

Source : ZDNet.com

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