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Fêter en grand les 25 ans de programmation sur scène de Danse Danse en débutant avec force

Pour les amoureux·ses de la danse, on connaît Danse Danse et chaque saison donne l’occasion de découvrir de nouvelles compagnies, de nouveaux chorégraphes ou encore d’assister à des créations de chorégraphes reconnus.

Pour la saison 22-23, on célèbre les 25 ans de cette institution culturelle.

Emblème de la modernité, Le Sacre du printemps d’Igor Stravinski n’a cessé d’inspirer les chorégraphes contemporains, notamment Nijinski, Béjart, Martha Graham, Marie Chouinard, et bien sûr Pina Bausch, dont on retrouvera l’essence du travail sur scène avec cette oeuvre qui débute la saison anniversaire de Danse Danse. La Pina Bausch Foundation et l’École des Sables dirigée par Germaine Acogny (avec le soutien et la forte implication du prestigieux théâtre londonien Sadler’s Well), se sont associées pour donner naissance au formidable projet de la transmission du Sacre du printemps à un groupe de danseur·se·s du continent africain.

Le sacre du Printemps © Maarten Vanden Abeele

Créé en 1975 par Pina Bausch, cette oeuvre intemporelle met en scène, comme l’a imaginé Stravinski, un rituel qui marque le passage de l’hiver au printemps. La création de Pina Bausch est interprétée, cette fois, par une compagnie de danse qui regroupe 36 danseuses et danseurs provenant de 14 pays africains. « Cette version du Sacre du printemps devait être présentée il y a 3 ans, mais la pandémie en a décidé autrement », rappelle le directeur artistique et général de Danse Danse, Pierre Des Marais.

Pierre Des Marais, directeur artistique et général de Danse Danse.
© Julie Artacho

« C’est pour nous un événement majeur que de pouvoir enfin voir ces interprètes s’approprier avec autant de brio l’oeuvre majeure de Pina Bausch en grande première de notre saison. La chorégraphe Germaine Acogny me disait que la musique de Stravinsky et la chorégraphie de Pina Bausch semblaient avoir été créées pour que cette rencontre se fasse avec des danseurs et des danseuses africain·e·s, comme une seconde création ».

Germaine Acogny est non seulement une chorégraphe de danse contemporaine africaine et la fondatrice de l’École des Sables de Dakar, mais elle danse aussi. Elle ouvrira la soirée avec un duo où elle partagera la scène avec la chorégraphe Malou Airaudo, qui dansa elle-même le rôle de l’Élue dans la création originale de Pina Bausch, en 1975. Germaine Acogny et Malou Airaudo se sont rencontrées pour la première fois en 2020. Ensemble, elles ont créé common ground[s] avec cette rencontre et cette fusion de deux traditions de danse différentes qui reflètent leurs expériences, leurs histoires, et leurs échanges. À plus de 70 ans chacune, elles démontrent sur scène, que l’expérience et bien sûr le travail donnent à leur geste une couleur, une émotion, une vitalité sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise. Pour Pierre Des Marais, en danse, le continent africain ne cesse de nous surprendre. « Il y a une effervescence culturelle en Afrique qui nous frappe et nous touche toutes et tous », confie le directeur artistique. « Et je crois que l’on va voir de plus en plus sur la scène internationale des compagnies et de jeunes chorégraphes africain·e·s, avec des écritures chorégraphiques propres ».

Graces et corps atypiques

Toujours au mois d’octobre, Danse Danse accueillera la danseuse et chorégraphe italienne, Silvia Gribaudi. « Ce qui m’a marqué dans la création Graces de Silvia Gribaudi, c’est sa capacité d’introduire l’humour dans la danse contemporaine, c’est plutôt rare tout en offrant un spectacle de très haute qualité, avance Pierre Des Marais. Elle s’attaque à une conception des corps trop normés dans la danse. Silvia a un corps comme on dit atypique, et le met en scène entouré de trois danseurs — hommes—, et offre une ouverture vers d’autres types de corps que l’on aimerait voir plus souvent aujourd’hui ». Avec Graces, Les Trois Grâces, sont remplacés par trois Apollons, qui cherchent de nouvelles significations au mot « grâce ». Rien de mieux alors que de transgresser tous les codes de la représentation de ce que serait la beauté du corps en revisitant les arts, comme la sculpture, le cirque, la danse qui le mettent en scène. Iconoclaste, Silvia Gribaudi bouscule les frontières, déconstruit certains mythes, le tout avec humour et finesse.

Graces © Fabio-Sau. Interprètes Andrea Rampazzo, Siro Guglielmi

Pour Pierre Des Marais, il ne peut y avoir véritablement de danse sans public. « J’ai toujours pensé que la danse devait être une rencontre et un échange entre le public et des artistes, que cette rencontre particulière soit une découverte pour le public comme pour les artistes, et cela fait du bien à tout le monde au bout du compte, l’art est indispensable à la santé mentale de toute société, et la danse y participe largement ».

Que l’on soit aficionado ou néophyte, on peut donc se faire du bien. Une raison supplémentaire de se précipiter au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

INFOS |

Le Sacre du Printemps et common ground[s] de Pina Bausch Foundation et École des Sables, les 5, 6, 7 et 8 oct 2022 au Théâtre Maisonneuve

Gracesde Silvia Gribaudi Performing Arts, les 11, 12, 13, 14 et 15 oct 2022 au Théâtre Maisonneuve

Voyez toute la programmation 22-23 sur dansedanse.ca

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