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Fès : le Festival des musiques sacrées du monde magnifié au Sénat français

C’est dans le très beau palais du Luxembourg, construit en 1631 par Marie de Médicis, mère du roi de France Louis XIII, devenu le siège du Sénat après la Révolution française, que l’équipe de la Fondation Esprit de Fès a présenté, le mardi 12 avril, le programme de l’édition 2022 du Festival des musiques sacrées du monde. Il sera organisé dans la capitale spirituelle du Royaume du 9 au 12 juin.

La conférence de présentation, menée par Abderrafih Zouiten, président de la fondation, s’est tenue dans les somptueux salons de Boffrand qui gardent encore la trace et le style des Médicis, cette famille de banquiers, de marchands et de princes florentins qui a magnifié l’architecture, les sciences et les arts, enclenchant ce grand virage culturel et intellectuel dans l’histoire du monde qu’est la Renaissance italienne.

C’est dans ce lieu chargé d’histoire que Fès, son festival, le Maroc, son histoire, sa civilisation, ont été présentés sous leurs plus beaux jours en présence d’une assistance très select : Christian Cambon, sénateur et président du groupe d’amitié France-Maroc ; l’ancienne ministre Rachida Dati ; Françoise Nyssen, ex-ministre de la Culture sous le gouvernement d’Edouard Philippe et présidente du directoire de la maison d’édition Actes Sud ; l’entrepreneuse sociale et épouse de DSK, Myriam Strauss-Kahn ; l’intellectuel marocain et directeur général de la Fondation Esprit de Fès, Driss Khrouz ; Simon Skira, secrétaire général de la Fédération française du judaïsme marocain ; Véronique Atlan, directrice de la maison de la Métropole Nice Côte d’Azur ; le questeur du Sénat et sénateur Vincent Capo-Canellas ; Moché Lewin, vice-président de la confédération des rabbins d’Europe et conseiller spécial du Grand rabbin de France, ainsi qu’une vingtaine d’autres personnalités françaises, sénateurs, artistes, acteurs culturels, économiques et religieux.

Tous ont été réunis pour célébrer le Maroc et prendre connaissance de ce que leur réserve cette 26e édition du Festival des musiques sacrées du monde, organisée sous le haut patronage royal.

« Un menu qui donne envie », dixit Rachida Dati

Et le menu est assez copieux. Il « donne envie », comme nous le confie Rachida Dati. « Après avoir vu tout cela, je ne comprends pas comment on peut se fâcher avec le Maroc », nous lance-t-elle avec un brin d’humour. Un message adressé certainement à la classe politique française, dans ce moment crucial de l’entre-deux-tours.

Cette année, la direction du festival a choisi pour thème un bel alliage : « L’architecture et le sacré ». « La musique est une architecture pétrifiée », disait Goethe. C’est cet esprit-là que le festival veut rendre, faire revivre à travers une programmation éclectique qui connaîtra la participation de troupes artistiques en provenance de 15 pays, notamment le sultanat d’Oman, le Kazakhstan, l’Inde, la France, l’Italie, le Sénégal…

« Cette édition sera l’occasion d’un voyage à travers le monde et le temps. Nous explorerons la façon dont les hommes de toutes les confessions ont exprimé par l’architecture leur quête du sacré. L’exploration des édifices religieux parmi les plus emblématiques du monde nous transportera dans ce long et riche dialogue des hommes avec le divin », annonce le chef d’orchestre du festival, Abderrafih Zouiten.

« Une histoire où les synagogues, les églises, les mosquées et les temples ne sont d’ailleurs pas simplement la matérialisation de croyances ; ils sont aussi le témoignage de grands mouvements historiques (…). Le Maroc, un des plus vieux royaumes du monde, incarne excellemment cette philosophie. Son Histoire est marquée par l’édification de magnifiques lieux de cultes et de savoirs tels que la grande mosquée Hassan II, la Quaraouiyine, la grande mosquée de Taza, de Tinmel… Ces lieux d’exception ont permis de façonner cet esprit de tolérance et d’ouverture caractéristique de notre pays », ajoute le président de la Fondation Esprit de Fès.

De Fès à Jérusalem, en passant par le Tibet, le Taj Mahal, Notre-Dame de Paris…

La soirée d’ouverture sera ainsi une belle traduction de cette philosophie, de cet esprit. Elle fera voyager le public de Fès à Jérusalem en passant par le Tibet, le Taj Mahal, la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour finir à Casablanca avec la mosquée Hassan II.

« Tout, dans la musique, est une histoire d’architecture, de formes et d’ornements ; tout est question de constructions, de lignes, de pleins, de vides, de superpositions, de hauteurs… », signale à juste titre le directeur artistique du festival, Bruno Messina.

« La musique inscrivant dans le temps ce que l’architecture inscrit dans l’espace, l’une et l’autre soucieuses de justes proportions, de géométrie, de physique, d’harmonie, de mathématiques et de toute la spiritualité que contient le mot esthétique. A la fois sensation et sentiment. Même la notion de Maqam, liée à l’échelle mélodique et commune aux grandes suites musicales que l’on trouve de l’Afrique du Nord jusqu’à l’Asie centrale, désignait à l’origine une construction, le lieu où se jouait la musique… », ajoute-t-il.

C’est dans cette idée et cet esprit que la programmation du festival a été construite, selon le directeur artistique de l’événement, « d’architecture et de spiritualité en musique, avec le souci permanent d’offrir au public une fête musicale digne de la Zaouia de Fès qui, selon le voyageur Ibn Battuta, « n’a pas sa pareille dans tout l’univers, pour l’agrément de la situation, la beauté de la construction et ses ornements » ».

>>> Infos pratiques : pour le public qui veut assister au festival, les réservations et les achats de billets ou de pass se font en ligne sur le site www.fesfestival.com. Le pass du festival, qui donne accès à tous les concerts, événements parallèles, forums de discussion et de débat, est proposé à 1.390 dirhams.

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