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Fermeture des salles de cinéma, les professionnels saisissent le ministère de la culture et le CCM

Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19 au Maroc, les salles de cinéma ont été contraintes de fermer boutique. Un an après, les professionnels du secteur subissent encore et toujours les répercussions de la pandémie, que ce soit les employés ou les employeurs. 

À cet effet, la Chambre Marocaine des salles de cinéma a adressé une lettre au directeur du Centre Cinématographique Marocain (CCM), Sarem Fassi Fihri, et au ministre de la culture, Othman El Ferdaous, alertant sur la situation critique des employés et employeurs de l’exploitation cinématographique au Maroc.

Concernant les employés, la Chambre indique qu’elle n’a eu de cesse, depuis juillet 2020, d’écrire au Ministère de la Culture afin que les salariés du secteur, dûment déclarés à la CNSS, soient pris en charge audelà du mois de juin 2020.

Le CVE a finalement déclaré le 6 janvier 2021 que la CNSS prendrait en charge les employés des Industries Culturelles et Créatives, ce qui a été un soulagement pour la majorité d’entre eux, sans revenu et sans compensation CNSS depuis plus de 6 mois. 

Mais l’annonce officielle tarde à être mise en œuvre à la CNSS, se désole la Chambre Marocaine des salles de cinéma, notant que le portail de déclaration n’est toujours pas opérationnel, et les salariés du secteur doivent encore supporter le mois de janvier sans revenu, ainsi que ce début de mois de février.

« Monsieur le Ministre, étant au quotidien en lien direct avec nos employés, nous pouvons témoigner de la très forte précarité dans laquelle ils sont plongés actuellement. Même les allocations familiales et la couverture médicale leurs ont été suspendues pendant cette pandémie les condamnant à une triple peine. Pourtant, tous nos salariés ont cotisé régulièrement à la CNSS pour leur sécurité, et ces salariés subissent avec violence cette absence de ressource pour le bien et la santé de tous les concitoyens. Cet effort consenti pas nos employés mérite donc la plus haute considération de la part des autorités, et surtout dêtre soutenu avec la plus grande urgence », réclame la Chambre dans sa lettre. 

Concernant les sociétés d’exploitation cinématographique, la Chambre fait état d’une chute de 85% de chiffre d’affaire annuel pour les exploitants et distributeurs de cinéma entre 2019 et 2020.

« La prise en charge par lEtat dune partie de nos charges fixes, sur la période allant de mi-mars à juin 2020, avait été décidée le 1er juillet 2020, dans l’espoir partapar tous de rouvrir les cinémas ce même mois de juillet. Une partie de cette aide a été débloquée seulement au mois de novembre. Le fait est que 7 mois plus tard, nous navons toujours aucune visibilité sur une date possible de réouverture des cinémas », explique la correspondance. 

La Chambre Marocaine des salles de cinéma poursuit que depuis juillet inclus, les professionnels ont supporté 7 mois de charges fixes sans aucun soutien. « Ainsi, tout comme nos employés, nous payons un lourd tribut à l’assurance santé de tous, quand d’autres activités recevant plus de public que nous, tels les restaurants, les cafés et bars, les hammams, les mosquées, et les transports publics, ont été autorisées à rouvrir », déplorent-ils. 

Si ces grands écarts dans la « contribution de tous », observés selon les secteurs économiques, peuvent attendre un retour à une situation sanitaire saine pour être rectifiés, la Chambre alerte le ministre de la culture, sur un risque majeur et imminent d’effondrement de l’ensemble de la filière cinéma au Maroc (exploitation, distribution et production), notant que « les salles de cinéma sont le guichet de rémunération quasi exclusif du cinéma au Maroc, les salles de cinéma ne fonctionnent qu’avec du personnel qualifié, et les salles de cinéma ne peuvent pas supporter leurs charges fixes sans revenu », relève la lettre. 

Depuis fin juillet 2020, la Chambre Marocaine des salles de cinéma n’a eu de cesse d’alerter le ministère de Othman El Ferdaous sur cette situation via des courriers « tous accusés en réception » mais en vain. Les courriers demeurent sans réponse, précise-t-elle.

« Nous reconnaissons que vous avez été le premier à nous défendre au parlement mais votre silence et celui de votre administration sont pour nous incompréhensibles », conclut la Chambre Marocaine des salles de cinéma à l’adresse du ministre.

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