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« Face à la fermeture des musées, théâtres et cinémas, les réactions culturelles sont à géométrie très variable » – Le Monde

Chronique. Les musées, cinémas et salles de spectacle ont pris une douche froide quand ils ont appris qu’ils devront rester fermés jusqu’au 7 janvier 2021. Voire plus longtemps. Détresse et indignation sont de mise sans que personne ne suive vraiment l’écrivain Alexandre Jardin, pour qui mieux vaut « accepter en partie la mort » d’une ultraminorité de personnes qu’avoir un pays en dépression. Les réactions culturelles sont pourtant à géométrie très variable.

Le théâtre est de loin le plus virulent. Ce n’est pas une surprise. Ce secteur est historiquement chaud et militant. Qu’il soit en grande partie dépendant de l’argent public ne freine pas les critiques. A une nuance près : plus le lieu est prestigieux et subventionné, moins les responsables expriment leur indignation.

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Premier angle d’attaque des théâtres, les salles ne présentent aucun risque sanitaire. Sauf que personne ne sait si c’est vrai. Une seule étude a été faite, réalisée par la Philharmonie de Paris, avec l’expertise de Dassault Systèmes. Elle est très rassurante, sauf que cette salle est neuve, très grande, d’un seul bloc, avec un système de ventilation ultramoderne. Impossible d’en tirer des enseignements pour les milliers d’autres salles.

L’épidémiologiste Arnaud Fontanet vient de dévoiler les grandes lignes d’une étude sur les lieux où l’on se contamine le plus, mais la culture n’a pas vraiment été examinée. Surtout, c’est moins le moment du spectacle qui poserait problème que le flux pour s’y rendre (50 000 personnes par jour à Paris). Cet argument écœure les milieux culturels, qui pointent les dizaines de millions de personnes qui se ruent dans les magasins, notamment le week-end.

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Le gouvernement, qu’il le dise ou non, a pour priorité de sauver le commerce. La culture n’en est pas une, comme elle ne l’est pas pour l’immense majorité de la population dont la consommation culturelle se limite à regarder la télévision quatre heures et demie par jour en moyenne.

D’où la deuxième charge de voix théâtrales : laisser le commerce ouvert et pas la culture est un choix politique et non sanitaire, la preuve d’une marchandisation de la société. L’acteur Charles Berling, directeur du Théâtre Liberté à Toulon, dénonce « un gouvernement de petits commerçants ». D’autres ajoutent que le choix consumériste met la planète en péril.

Afficher une pugnacité

L’attaque est dans la logique du théâtre qui, au-delà des spectacles donnés, entend faire société. Il est le secteur le moins marchand de la culture, le moins touché par l’industrialisation et l’argent privé, le plus réticent à la diffusion numérique des œuvres, y voyant une concurrence nuisible aux « vrais » spectacles. La comédienne Jeanne Balibar, sur France Inter le 15 décembre, a même dit que l’Etat agresse la culture de façon « délibérée ». Pour d’autres, voir les lieux de culte ouverts et pas la culture fut la goutte d’eau de trop.

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