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Euroligue: Zvezdan Mitrovic, le roc de la Roca Team.

Arrivé en Principauté en 2020 après un premier passage entre 2015 et 2018, Zvezdan Mitrovic retrouvera son ex-club de l’ASVEL ce soir pour une revanche après la défaite en Euroligue il y a onze jours (85-84). Homme de caractère, l’entraîneur monténégrin doit cette année gérer un groupe élargi et quelques égos.  

La scène est passée inaperçue ou presque. Le 19 novembre dernier, à Istanbul, au cours du dernier quart temps, Zvezdan Mitrovic décide de sortir Mike James, la star de l’effectif monégasque, arrivée cet été sur le Rocher. L’Américain, en difficulté sur le parquet du tenant du titre en Euroligue, ne comprend pas le choix de son coach. Les deux hommes échangent quelques mots puis James rejoint le vestiaire. Monaco était mené de 8 points à 7 minutes de la fin du match. Le meneur reviendra sur le banc en haut de survêtement quelques instants plus tard mais ne rentrera plus en jeu. La Roca Team s’inclinera de 21 points (98-77).

Après la défaite au buzzer contre l’ASVEL la semaine dernière (85-84), Mitrovic est interrogé sur la gestion du sulfureux James: “Question suivante” balaiera-t-il d’un sourire en coin. “Des égos il en a toujours eu à gérer” explique Mathias Lessort, champion d’Eurocoupe avec Monaco et son “coach Z” la saison dernière: “J’ai apprécié travailler avec lui car il est très honnête. Avec lui il n’y a pas de statut. Il va parler à un petit jeune comme il parle à un cadre de l’équipe”.

Cette saison, le tacticien monténégrin doit gérer un effectif plus dense, conséquence de la qualification historique du club de la Principauté en Euroligue: “On a 15 nouveaux joueurs vous savez c’est toujours plus difficile au début de réapprendre à jouer ensemble, de se comprendre” avance le coach supplée par son arrière de 29 ans Yacouba Ouattara: “Pour ce qui est de la gestion des caractères, c’est son boulot et pour l’instant il le fait bien. Cette année il y a 16 joueurs, ce n’est pas évident pour lui car il doit répartir les temps de jeu. C’est sûr que ça ne satisfera pas tout le monde mais ce qui est certain c’est qu’avec lui chacun aura son moment de gloire à un moment donné. Zvezdan c’est Zvezdan. Il est très émotionnel, il donne tout donc veut que ses joueurs donnent tout sur le terrain”.  

“L’entraîneur le plus marrant que j’ai eu dans ma carrière”  

Tout donner au point de se voir infliger quelques fautes techniques et suspensions. Un trait volcanique que Léo Westermann, ex du Barça et actuel capitaine de la Roca Team explique par la culture de son entraîneur: “Chaque coach à sa façon de voir le basket. Il a cette influence yougoslave qui le différencie des autres coachs en France mais qui est répandue partout en Europe notamment en Euroligue. En France, il y a peut-être Laurent Legname (JL Bourg) qui s’en rapproche. Zvezdan a une force de caractère, il est charismatique, n’a pas besoin de beaucoup parler pour se faire comprendre. Alors oui il peut partir au quart de tour, il peut déborder mais il élève juste un peu la voix et on comprend ce qu’il veut. Les meilleures équipes d’Euroligue sont coachées par des personnes de ce calibre, qui emploient une grosse pression mentale sur leurs joueurs”.

Un tempérament qui peut prêter à sourire. Le 3 avril dernier, Monaco reçoit Orléans dans sa salle Gaston-Médecin. En fin de troisième quart-temps, Mitrovic se révolte suite à une faute antisportive sifflée contre son joueur Branden Frazier. Le Monténégrin s’emporte, traverse le terrain en enlevant sa veste puis rentre au vestiaire avant même que l’arbitre vienne le sanctionner: “Cette scène… t’es obligé de rigoler sur le moment” se souvient Mathias Lessort, l’ex-pivot monégasque. “J’ai tellement d’anecdotes sur lui que je ne peux pas raconter… en dehors de ce qu’on pense ou ce qu’on entend, c’est un homme drôle. Certainement sans le vouloir mais c’est je pense l’entraineur le plus marrant que j’ai eu dans ma carrière”.  

Ce mardi, à l’heure d’affronter l’ASVEL, Zvezdan Mitrovic n’aura pas le cœur à rire mais comptera prendre sa revanche après avoir été puni en Euroligue, il y a onze jours, par un shoot au buzzer de William Howard du milieu de terrain. Un tir que le coach monégasque continue de contester. Face à son ancien club qui l’a limogé en 2020 pour faute grave, une affaire sur laquelle il préfère ne pas s’étendre et qui est entre les mains des tribunaux, le Monténégrin ne ressentira aucune nostalgie: “Autant l’an dernier c’était particulier parce que je venais de quitter le club mais on a déjà joué trois fois contre eux depuis, il faut juste continuer” admettait-il après le dernier affrontement. “Que ce soit l’ASVEL, le Barça ou le Real on doit enchaîner et ne pas être focus sur l’ASVEL. La semaine prochaine (ce soir), on les reçoit encore en championnat. Si à chaque match vous me demandez si c’est spécial pour moi…” Lui en tout cas, restera spécial.  

Clément Brossard

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