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Espoir d’un retour au théâtre et succès de la web TV… le bilan 2020 de la Comédie Française – Europe 1

INTERVIEW

Une année qui ne se termine pas sur les planches, rompant avec une tradition historique de la Comédie Française. “Le 31, on ne jouera pas. On ne jouera pas non plus le 1er, en matinée. On n’a pas joué le 24, on n’a pas joué le 25. C’est totalement exceptionnel et historique”, commente jeudi sur Europe 1 Eric Ruf, administrateur général. L’institution du théâtre français, qui a résisté “aux guerres” et “aux révolutions”, est désormais fermée depuis plusieurs mois, en raison de l’épidémie de Covid-19. “C’est contre-nature”, “c’est épuisant”, poursuit l’acteur.

Le succès de la chaîne en ligne

Pour pallier l’absence du public, la Comédie Française a lancé dès le mois d’avril sa chaîne en ligne “La Comédie continue”, proposant des archives mais aussi des captations en direct et une nouvelle comédie d’automne, “Mais quelle comédie“, inspirée des évènements de mars dernier. Raconter “le confiné, par le confiné”, résume Eric Ruf. “Inventer quelque chose par rapport à ce que nous traversons tous”, pour respecter le “hic et nunc”, ici et maintenant, propre au théâtre.

Et l’initiative fut un succès : 620.000 personnes ont répondu présent sur la chaîne en ligne, environ 15.000 personnes en moyenne chaque jour. “Ça fait beaucoup de monde. Quand on reporte ça en jauge de spectateurs dans une salle, c’est très impressionnant”, confie l’administrateur général. “Pour le coup, on est très heureux parce que ça veut dire aussi que ça touche des gens qui, physiquement, ne viennent pas.”  

L’espoir d’un retour dans les théâtres

Pour autant, Eric Ruf espère évidemment le retour dans les salles des spectateurs, considérant cette adaptation numérique comme “un pis-aller”. “La présence d’un acteur, être en live, comme on dit en anglais, c’est vraiment l’essence même du théâtre, donc je comprends les gens qui ont du mal à supporter qu’on parle de cette période comme d’une espèce d’invention ou de renouveau”, explique-t-il.

“On a plongé là-dedans sans s’y connaître beaucoup. Dès le premier confinement, il a fallu trouver des moyens d’exercer nos missions, de garder le lien avec le public, avec les élèves. L’Education nationale est l’une des choses qui nous importe beaucoup. Et puis, les acteurs étaient comme des lions en cage chez eux, donc, il fallait leur donner matière à inventer et raconter des histoires”, se souvient l’administrateur général, qui reconnaît une proximité “assez incroyable” et paradoxale avec le public par le biais du numérique. “Ca nous permet d’avancer, de tenir quand même”, ajoute Eric Ruf, qui se réjouit d’avoir une soixantaine d’acteurs au sein de la troupe comme “forces vives”. “C’est extrêmement difficile pour ceux qui n’ont pas ces moyens humains”. 

Pour l’année prochaine, l’acteur se veut positif sur le sort de la culture. “C’est comme en amour : il faut ne pas voir les gens pour s’apercevoir à quel point il nous manque. On traverse aussi ça et on en ressortira, j’espère, avec un grand besoin de divertissement et de sens profond”, conclut-il.

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