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Espace : la France veut accroître son rôle dans la conquête spatiale

Ouvert en fanfare ce week-end à Paris, le Congrès international d’astronautique entend remettre la France au centre du grand jeu géopolitique et économique de la conquête spatiale. Dimanche 18 septembre, Élisabeth Borne a ainsi annoncé une enveloppe de 9 milliards d’euros pour le secteur spatial sur les trois prochaines années.

L’espace comme champ de bataille

Dans le détail, une bonne partie de ce budget est en réalité déjà fléchée : 1,5 milliard d’euros sortiront du plan de relance France 2030, et les fonds alloués au Cnes, le centre spatial français, sont ceux prévus par la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, déjà votée. Cinq milliards d’euros sur les neuf proviendront enfin de la loi de programmation militaire qui court jusqu’à 2025.

Le gouvernement français avait donné plusieurs indices ces derniers mois avant de l’assumer clairement : l’Hexagone doit devenir une puissance militaire spatiale. « Nous ne pouvons pas être les naïfs de la militarisation de l’espace, a martelé Élisabeth Borne. Cela devient un champ de confrontation à part entière, ce n’est plus une fiction. » Se défendre contre de potentielles ingérences étrangères, mais ne pas faire cavalier seul pour autant : la France doit réussir à convaincre ses partenaires européens d’ouvrir leurs bourses à l’occasion de la prochaine conférence des ministres européens de l’espace.

Prévue fin novembre, cette réunion devrait fixer le budget de l’Agence spatiale européenne (ESA) à partir de 2024. Josef Aschbacher, le patron de l’ESA, espère une rallonge de quatre milliards, pour un budget total de 18 milliards d’euros sur trois ans. La question de l’exploration humaine sera sur la table. L’Europe ne dispose pour l’instant pas de ses propres taxis pour envoyer des astronautes et dépend des États-Unis ou de la Russie, au gré des tensions géopolitiques.

Ariane Group veut passer aux « briques » réutilisables

Côté industrie, on se félicite de ces investissements, et surtout d’une politique résolument orientée vers « une préférence européenne » en matière d’appels d’offres et de développement. Ariane Group, qui connaît des retards avec Ariane 6, a aussi profité du Congrès pour présenter un projet d’étage de fusée réutilisable. « Susie », de son petit nom, est conçue pour prendre la place de la coiffe du lanceur, la partie haute où se trouve la cargaison ou les astronautes à envoyer.

Pour l’instant au stade de concept, cet étage réutilisable devrait être compatible avec les futures fusées Ariane 6. Son volume interne de 40 mètres cubes permettrait de transporter aussi bien du fret qu’un équipage allant jusqu’à cinq personnes, à l’image d’une capsule spatiale. « Alors que l’ESA et la Commission européenne appellent au renouveau de l’ambition spatiale en Europe en matière d’exploration et de vol habité, s’est félicité Morena Bernardini, directrice de la stratégie chez Ariane Group, Susie apporte une réponse particulièrement astucieuse aux besoins futurs de services dans l’espace et de transport automatisé ou habité. »

Ce projet rejoint d’autres « briques » réutilisables en développement chez Ariane Group, comme le moteur Prometheus qui devra équiper les futures fusées à la suite d’Ariane 6, et le premier étage Themis. Les fusées réutilisables, qui n’existent pour l’instant que chez les Américains de SpaceX, doivent permettre de réduire les coûts de la course à l’espace.

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