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En Inde, on danse au son de l’hindutva pour mieux rejeter les musulmans – Courrier international

En avril, pendant les fêtes de Navratri, le nouvel an hindou, l’Inde a entendu retentir une nouvelle musique. Du Karnataka à l’Himachal Pradesh, des foules d’hommes jeunes ont dansé au son produit par des disc-jockeys qui jouaient un mélange de techno et de trance, de musique religieuse et nationale, de rythmes, de mots et de slogans, l’ensemble concoctant une ambiance de haine toxique.

L’“hindutva” a donné naissance à ce que j’appelle la “Disc Jockey Hindutva” en pénétrant jusque dans le paysage politique sonore. [L’hindutva, ou “hindouité”, est un projet politique fondamentaliste prospérant autour de la négation des minorités, en particulier la minorité musulmane, et dont se réclame le Bharatiya Janata Party (BJP), de Narendra Modi.]

Que l’hindutva soit entrée dans la musique, qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’elle va déployer la musique pour créer un nouveau mur d’indifférence et attaquer les minorités. La musique peut-elle inspirer de la violence ? Allez poser cette question aux femmes et aux minorités. Les chants communautaristes, sexistes, discriminatoires, racistes : tous provoquent la violence.

La musique joue sur le corps et l’esprit. Nous n’entendons pas la peur avec nos oreilles, nous la ressentons dans notre cœur. Elle nous glace les os avant même que nous ne l’entendions vraiment.

La musique peut être une arme. Comme n’importe quel langage, elle peut être utilisée pour humilier. Pour briser quelqu’un. Ses sons peuvent faire voler en éclats le miroir dans lequel nous nous regardons.

Le son de l’hindutva n’est plus “Om”

Le son de l’hindutva n’est plus “Om” [la vibration primitive de l’hindouisme] mais son opposé : “BOUM, BOUM, BOUM”. Transportée par la haine, l’hindutva danse sur son rythme. L’hindutva a montré que la musique peut réduire les minorités au silence et qu’une fête peut porter un message de haine.

Elle a également montré que Bhimrao Ramji Ambedkar [principal rédacteur de la Constitution, définissant l’Inde comme une république laïque] avait raison lorsqu’il

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