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En Europe, la peur des « banques zombies »

Qui croire pour connaître l’état de santé réel des banques européennes, après plusieurs mois de crise économique liée à la pandémie de Covid-19 ? Les autorités financières les plus optimistes, se félicitant que les établissements soient entrés solides dans la crise ? Ou bien les sceptiques, qui redoutent l’explosion des créances douteuses, ces prêts que les emprunteurs peinent à rembourser, et dont l’accumulation pèse sur les banques au point de freiner leur capacité à proposer des crédits ?

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La France se range résolument dans le camp de ceux qui voient le verre à moitié plein. « La crise actuelle n’évoluera pas en une crise bancaire, aujourd’hui nous n’avons pas d’inquiétude », indique ainsi Emmanuel Moulin, directeur du Trésor. « Nous suivons l’évolution des créances douteuses dans les banques françaises, et il n’y a pas de sujet à ce stade. Les banques ont contribué à soutenir l’économie ces derniers mois, en distribuant les prêts garantis par l’Etat. Elles ont très bien joué le jeu », se félicite-t-il. Si bien que, pour le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, il est désormais temps pour les banques de pouvoir de nouveau verser un dividende à leurs actionnaires.

Au printemps, la Banque centrale européenne (BCE) avait ordonné aux 117 plus grandes banques de la zone euro placées sous son autorité de cesser de distribuer des dividendes, afin de constituer des réserves supplémentaires face à la crise. « La capacité de résistance des institutions financières à des chocs très importants, qu’illustre leur situation à la fin de l’année 2020 » permet « maintenant (…) une ouverture prudente vers une distribution », a déclaré M. Villeroy de Galhau, le 27 novembre.

« Scénario grave mais plausible »

Une confiance que le superviseur des plus grandes banques européennes ne partage pas entièrement. Andrea Enria, le président du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, s’est fendu, lundi 26 octobre, d’une tribune dans le Financial Times, titrée « L’Union européenne a besoin d’une “bad bank” régionale », c’est-à-dire d’une structure de défaisance où les banques pourront transférer leurs créances douteuses.

« La Banque centrale européenne estime que, dans un scénario grave mais plausible, les prêts douteux des banques de la zone euro pourraient atteindre 1 400 milliards d’euros, bien au-dessus des niveaux des crises financières de 2008 et 2011 de la dette souveraine de l’UE », y écrit M. Enria. Regrettant que l’Europe n’ait pas, après ces crises, réussi à se consolider « pour éliminer les capacités excédentaires », il constate que « le résultat aujourd’hui est un secteur bancaire européen fragile, avec des valorisations boursières très basses ».

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