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Économie mondiale: une bouffée d’oxygène

L’économie mondiale semble de plus en plus en passe de se redresser malgré l’impact à court terme des récentes mesures visant à contenir la propagation du COVID-19, en Europe particulièrement. Après une forte contraction en 2020, cette reprise sera néanmoins inégale selon les régions et s’étalera sur plusieurs trimestres.

Les récentes percées dans le développement de plusieurs vaccins contre le coronavirus ont fait naître beaucoup d’espoir, même si des incertitudes subsistent quant à la logistique complexe de sa fabrication, son transport et sa livraison dans le monde.

Ce que nous savons, avec beaucoup plus de certitude, c’est qu’une fois l’épidémie maîtrisée, la croissance s’auto-entretiendra, étayée par les mesures de relance en cours et stimulée par la demande latente.

Au cours de la dernière ligne droite de 2020, deux éléments ont compromis le rythme de la reprise: l’élection présidentielle américaine, qui semble désormais réglée et, bien sûr, le COVID-19. Désormais, le risque global lié à l’élection diminue et un paquet fiscal devrait être adopté. En revanche, l’évolution probable de la pandémie au cours des prochains mois continue de tirer le signal d’alarme.

Après la pause estivale, le virus est revenu en force en Europe et aux États-Unis. La forte augmentation des cas de Covid-19 et des hospitalisations a déclenché de nouvelles mesures de confinement, ce qui a eu un impact négatif sur l’activité économique.

Toutefois, les bons résultats des essais sur plusieurs vaccins renforcent notre scénario de base d’une percée médicale au début de l’année. Suite aux premières annonces selon lesquelles les vaccins développés par Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca/Université d’Oxford auraient des taux d’efficacité élevés, l’on peut espérer un ou plusieurs vaccins probablement validés d’ici janvier.

La récession liée au Covid-19 pourrait s’avérer plus intense et plus courte que les précédentes.

Daniele Antonucci

Daniele Antonucci,&  Chief Economist,&  Quintet Private Bank

Devrait alors suivre une immunisation rapide des groupes de personnes vulnérables, allant des personnes âgées aux patients souffrant de graves problèmes de santé et aux employés du secteur médical. Une campagne de vaccination plus large pourrait alors commencer dès le deuxième trimestre 2021.

La récession liée au COVID-19 pourrait s’avérer plus intense et plus courte que les précédentes, car il s’agit là de la toute première récession lancée par décret. Lorsque les économies se relèveront, l’activité devrait rebondir beaucoup plus rapidement que lors des récessions précédentes qui, elles, ont été déclenchées par un resserrement des politiques budgétaires ou encore un assainissement des bilans.

Alors que la population développe son immunité et compte tenu de l’assouplissement continu des politiques, il faut s’attendre à ce que l’activité économique rebondisse au printemps prochain. Bien sûr, les actifs mis à profit pour accélérer la croissance en profiteront, en particulier dans les secteurs actuellement dans une impasse comme celui des voyages, de l’hébergement et des services de restauration.

La demande pour les entreprises de petite taille et/ou plus cycliques devrait également se renforcer, tandis que la décote pour les entreprises de moindre qualité et les instruments de crédit devraient diminuer. À mesure que les flux de valeurs refuges perdent de leur importance, le dollar américain devrait s’affaiblir. Les rendements des obligations d’État devraient encore augmenter, même si les banques centrales plafonneront probablement toute hausse significative des taux.

Dans l’intervalle, les gouvernements des pays durement touchés par le virus continueront à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour remplacer les revenus du secteur privé perdus en raison des confinements par le biais d’importantes subventions salariales, d’allocations de chômage et d’autres transferts budgétaires. Si la dette augmente certes à travers ce système, les gouvernements peuvent se permettre de dépenser massivement, car les banques centrales continueront d’ancrer les coûts de financement au plus bas.

Contrairement à la crise de 2008, les faillites d’entreprises, dans les principaux marchés, n’ont pas grimpé en flèche. Cela s’explique principalement par le fait que les banques centrales ont gardé les robinets de liquidités bien ouverts et que les gouvernements ont mis en place des mesures de relance budgétaire à grande échelle.

À moins que les espoirs relatifs à l’imminence d’un vaccin sûr et efficace ne se révèlent faux – si, par exemple, le processus de validation était prolongé ou si l’efficacité n’était pas suffisante –, les faillites devraient rester inférieures au niveau observé lors des précédentes récessions.

À ce titre, il est à noter que le rythme des faillites aux États-Unis ralentit déjà et qu’en parallèle la création de nouvelles entreprises est en plein essor. Même s’il faudra du temps pour que l’emploi aux États-Unis retrouve son niveau d’avant COVID-19, c’est sans doute ce type de dynamisme qui offrira une bouffée d’oxygène à l’économie mondiale dans les mois à venir.

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