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Croissance, dette : Les prévisions de la BAD pour l’économie marocaine – L’Opinion


Croissance, dette : Les prévisions de la BAD pour l’économie marocaine
Les exportations et les résultats exceptionnels du secteur agricole ont stimulé la reprise au Maroc, tandis que le tourisme a enregistré des scores inférieurs aux niveaux d’avant COVID-19, ressort-il d’un nouveau rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD) intitulé « Perspectives économiques en Afrique du Nord 2022 ».

“En 2021, l’économie a redécollé avec un taux de croissance du PIB réel de 7,2 %, après la forte récession de 2020 (-6,3 %). L’embellie de 2021 est le fruit de la bonne performance du secteur des exportations et d’une saison agricole 2020-2021 exceptionnelle”, estime l’institution financière.

Et de noter que le tourisme, qui représentait 17 % des exportations et 6,5 % du PIB en 2019, a été particulièrement affecté par les restrictions sur les déplacements en lien avec le COVID-19. Le déclenchement de cette pandémie a fait chuter les arrivées de touristes de 71,2 % entre 2019 et fin 2021, mais elles sont en hausse de 34 % par rapport à 2020, fait savoir l’institution financière.

Le même document nous apprend aussi que les investissements ont redémarré en 2021. « Les investissements ont largement contribué à la croissance au Maroc (5,5 %) après une importante baisse en 2020 », souligne la BAD, notant que les exportations nettes ont légèrement contribué à la croissance du PIB (0,3%) du Royaume.

En raison aussi de la pandémie de COVID-19, et après plusieurs années d’assainissement budgétaire, le déficit budgétaire a presque doublé pour atteindre 7,6 % du PIB en 2020. « En 2021, la politique budgétaire est restée favorable avec un déficit qui a légèrement baissé à 6,4 % du PIB malgré la reprise économique soutenue », relève-t-on de même source.

Quant à l’inflation, elle a été en légère hausse en 2021, atteignant 1,2 % contre 0,6 % en 2020, en raison d’une augmentation des prix des produits non alimentaires de 1,8 %. « Elle est cependant restée modérée, permettant à la politique monétaire d’être toujours accommodante. En 2020, la Bank Al-Maghreb a baissé son taux d’intérêt de référence, de 75 points de base, et a élargi la marge de fluctuation du dirham à ± 5 % contre ± 2,5 %. Le panier de devises de référence reste inchangé (60 % pour l’euro et 40 % pour le dollar) », rappelle la BAD.

Et de poursuivre que le déficit du compte courant s’est creusé pour atteindre 3 % du PIB en 2021, contre 1,5 % en 2020, à la faveur de la remontée des importations, qui a compensé la reprise des exportations.

A l’inverse, entre 2020 et 2021, les envois de fonds ont considérablement augmenté (+39,9 %).

Par ailleurs, la dette de l’administration centrale en pourcentage du PIB a considérablement augmenté au Maroc (de 63,7 % à 76,3 %) sur la période 2015-2021.
 
Réserves de change, DTS…
 
La BAD rappelle, d’autre part, que le Maroc a récemment augmenté ses émissions  d’obligations, faisant appel aux marchés de capitaux internationaux. « Le risque de refinancement de la dette souveraine du Maroc est limité compte tenu de sa maturité moyenne de 7 ans et 4 mois et d’un coût moyen modéré de 3,6 %. Selon une estimation du FMI datant de février 2022, la dette est soutenable, mais elle est plus sensible à une baisse significative de la croissance du PIB réel à moyen terme », indique la Banque.

Par rapport aux besoins financiers exprimés pour 2021, poursuit la même source, le Maroc n’a reçu que 6 % de DTS (Droits de Tirage Spéciaux). Fin 2021, les réserves de change estimées s’élevaient à 35,3 milliards de dollars (7 mois d’importations), rappelle la BAD.

Dans un autre volet, la BAD indique que « le taux de pauvreté, qui avait eu tendance à baisser, passant de 6,2 % en 2011 à 4,8 % en 2014, est remonté d’au moins un point de pourcentage en 2021, tandis que l’incidence de la pauvreté absolue caractérisée par des besoins non satisfaits a été multipliée par sept, passant de 1,7 % en 2014 à 11,7 % en 2021, avant de chuter ultérieurement grâce à des programmes d’intervention rapide du gouvernement ».

Les Petites et Moyennes Entreprises (PME), qui fournissaient 73 % des emplois avant la crise, ont également été durement touchées, estime la BAD.

En conséquence, le chômage a augmenté passant de 9,2 % en 2019 à 12,8 % au deuxième trimestre de 2021. Néanmoins, en raison notamment de la reprise, le taux de chômage a diminué de près d’un point de pourcentage au troisième trimestre de 2021.

Dans ce sillage, la BAD indique que le nouveau modèle de développement a placé le capital humain au centre de sa vision et entend établir une sécurité sociale universelle d’ici 2025.
 
Perspectives
 
Côté perspectives, l’institution financière africaine prévoit une croissance du PIB réel au Maroc de 1,8 % en 2022 (en baisse de 0,9% par rapport à ses précédentes prévisions) sous l’effet “d’une sécheresse exceptionnelle a déjà réduit la production agricole en 2022 et contraint les pouvoirs publics à augmenter les subventions sur le pain et à compter sur les importations. ”
Pour 2023, la Banque s’attend à une croissance de 3,3% (en baisse de 0,6% par rapport à ses précédentes prévisions) à cause des mesures rapides prises par les autorités pour atténuer l’impact de la sécheresse.

A ce sujet, l’institution estime que le programme annoncé par le gouvernement, conformément au Nouveau Modèle de Développement, est ambitieux. “Le pays vise à généraliser la protection sociale d’ici à 2025 au moyen d’indemnisations en cas de perte d’emploi, de l’assurance maladie et d’allocations familiales. Ce programme pourrait toutefois entraver le processus d’assainissement des finances publiques à moyen terme et entraîner ainsi une nouvelle augmentation de la dette publique”, estime la BAD.

Elle pense également que les perspectives macroéconomiques du Maroc en particulier et de l’Afrique du Nord  en général sont soumises à des risques, à savoir les nouvelles variantes de la COVID-19, les retombées du conflit Russo-ukrainien et le durcissement des conditions financières mondiales à la suite de la hausse des taux directeurs dans les économies avancées.

La BAD recommande ainsi à l’ensemble des pays de l’Afrique du Nord certaines politiques à moyen et long terme pour une croissance forte, durable et inclusive dont : réduire progressivement la dépendance aux hydrocarbures en investissant continuellement dans des capacités d’énergie renouvelable ; réformer les subventions inefficaces aux combustibles fossiles ; supprimer les obstacles pour soutenir davantage les investissements dans les énergies renouvelables ; mobiliser les financements climatiques en Afrique du Nord et faciliter l’action climatique ; et investir dans la productivité agricole et la sécurité alimentaire.


Les perspectives en Afrique du Nord restent positives
A en croire la BAD, l’Afrique du Nord est appelée à connaître une croissance de 4,5 % en 2022 et de 4,2 % en 2023, avec des disparités entre les pays. La hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie au niveau mondial devrait faire passer l’inflation moyenne dans la région de 4,6 % en 2021 à 6,7 % en 2022 puis à 6,4 % en 2023.
Les soldes budgétaires devraient s’améliorer dans la région, allant de -5,4 % du PIB en 2021 à -3,2 % à la fin de 2022, bien que les subventions accordées aux produits alimentaires et à l’énergie pèsent sur les dépenses budgétaires.
Les projections du solde du compte courant varient selon qu’il s’agit d’un pays exportateur net de pétrole ou non. Le déficit régional des comptes courants est estimé à 2,2 % du PIB en 2022 et à 2,5 % en 2023, en raison de la hausse des factures d’importation par rapport aux recettes d’exportation.

 

Prix des métaux
 La guerre en Ukraine entraîne également une envolée des cours internationaux des métaux, notamment l’aluminium, le cuivre et le nickel, qui sont utilisés dans de nombreux secteurs d’exportation tels que l’automobile, les produits chimiques et l’électronique en Afrique du Nord, souligne la BAD dans son rapport « Perspectives économiques en Afrique du Nord 2022 ».
Les principaux pays producteurs (Égypte, Maroc et Tunisie) devront intégrer ces coûts supplémentaires dans les prix des exportations, ce qui, à court terme, pourrait réduire la demande extérieure. Cette situation devrait en revanche profiter à la Mauritanie qui exporte du minerai de fer, du cuivre et de l’or, affectant ainsi positivement sa balance commerciale.
 

 

Déficit budgétaire
Dans son récent bulletin « La situation des charges et ressources du Trésor (SCRT) », le  ministère de l’Economie et des Finance souligne que l’exécution de la Loi de Finances (LF) pour l’année 2022 intervient dans un contexte caractérisé, d’une part, par la poursuite de la reprise de l’activité économique et, d’autre part, par la hausse des cours internationaux des matières premières, notamment l’énergie et les céréales, la montée des tensions inflationnistes et les perturbations des chaines de production et d’approvisionnement à l’échelle mondiale. A côté de ces facteurs, l’année agricole a subi l’effet d’une faible pluviométrie ayant impacté négativement la récolte céréalière. Dans ce contexte, la situation des charges et ressources du Trésor à fin octobre 2022 fait ressortir un déficit budgétaire de 30,5 MM.DH, en amélioration de plus de 20,6 MM.DH par rapport à la même période de 2021 (-51,1 MM.DH). Cette évolution recouvre une augmentation des recettes (+47,1 MM.DH) plus importante que celle des dépenses globales (+26,5 MM.DH).

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