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Covid : les stations de montagne saisies d’effroi

L’incertitude est repartie de plus belle dans les stations de ski françaises et la colère enfle à nouveau. En annonçant ce jeudi, en début de soirée, le prolongement, jusqu’à la fin janvier, de la fermeture – notamment – des remontées mécaniques, dont l’ouverture était encore, il y a peu, attendue ce jeudi 7 janvier , le Premier ministre, Jean Castex, a suscité la stupéfaction générale des élus et acteurs économiques de la montagne.

De fait, ils ne s’attendaient pas à un tel coup de massue alors que le secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, avait indiqué la veille que leur cas serait à nouveau débattu lors d’un Conseil de défense le 13 janvier.

« C’est une catastrophe. C’est la peur d’aller vers la ”saison blanche”. On va perdre la montagne française. On risque de perdre 50 % des hébergeurs, 50 % des commerçants. Certains pourraient perdre vingt ans d’efforts en un seul hiver. Je n’ai pas été élu pour cela », a notamment réagi le président de l’Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), Jean-Luc Boch, manifestement ému. « C’est dur. C’est une décision lourde de conséquences », a observé, de son côté, le président de Domaines skiables de France (DSF), Alexandre Maulin.

De fait, les élus et acteurs économiques de la montagne s’accrochent plus que jamais à l’espoir d’une éventuelle ouverture des remontées mécaniques pour les vacances de février. Jean Castex a annoncé un nouveau point sur la situation sanitaire le 20 janvier pour une possible ouverture « début février ».

Plus que jamais cruciales, puisque représentant, bon an mal an, au moins un tiers de la fréquentation des domaines skiables sur l’ensemble d’une saison, ces vacances de février semblent même menacées dans l’hypothèse d’une ouverture des remontées mécaniques : « Le gouvernement nous laisse peu de temps pour relancer les réservations, l’écosystème. C’est beaucoup d’inquiétudes même si on peut ouvrir », commente à ce propos le président de DSF.

Plongeon

Or le début de la saison d’hiver 2020-2021 est d’ores et déjà gâché. Selon l’ANMSM, le taux d’occupation moyen dans les stations pour la période de Noël et du Nouvel An est ainsi tombé à 25 %, soit un retrait de 56 points par rapport à la même période en 2019-2020. Il a même plongé à 19 % dans les stations d’altitude, foncièrement dédiées au ski, à comparer à 85 % un an auparavant.

« Il y a à peine 20 % des hôtels ouverts mais cela dépend des stations. Il y en a très peu à Tignes mais ils sont plus nombreux dans les Vosges où on est plus dans une pratique de ski de randonnée », constate d’ailleurs Didier Chenet, le président du groupement patronal GNI de l’hôtellerie-restauration. Au global, selon l’ANMSM, la filière a perdu 1,5 milliard de chiffre d’affaires au cours de cette période de Noël et du Nouvel An. Un montant à rapporter aux quelque 10 milliards dépensés dans les stations chaque année.

Sacrifice

Autre exemple symptomatique : l’exploitant de résidences de tourisme Groupe Pierre & Vacances Center Parcs , un poids lourd de l’hébergement touristique, vient de décider de fermer 9 de ses 65 unités à la montagne qu’il avait ouvertes le 18 décembre. Cette décision concerne la période courant du 8 au 14 janvier, « pour le moment ».

Alors que la filière avait difficilement admis le « sacrifice » des vacances de Noël, la question d’un renforcement du plan de soutien de 400 millions d’euros , concocté par le gouvernement, se pose pour les présidents de l’ANMSM et de DSF. « Il va falloir revoir ce plan », déclare ainsi Jean-Luc Boch. « Il y avait des trous dans la raquette », souligne Alexandre Maulin, et de rappeler que le plan n’est pas encore validé par la Commission européenne, le dispositif de chômage partiel étant a contrario effectif.

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