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Covid-19 en France : une fête sauvage de 2 500 personnes inquiète les autorités

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Près de 2 500 personnes s’étaient donné rendez-vous au sud de Rennes pour fêter le Nouvel An, lors d’une fête sauvage que n’ont pu empêcher les autorités.

Faisant fi des forces de l’ordre et du couvre-feu, quelque 2 500 personnes, parfois venues de l’étranger, ont célébré la fin d’année sur de la techno depuis le soir du 31 décembre, lors d’une fête illégale au sud de Rennes. Le son a finalement été coupé dans la nuit de vendredi à samedi vers 2 h du matin.

“Il n’y a pas eu d’intervention des forces de l’ordre”, souligne la préfecture, tout en précisant que les gendarmes, qui contrôlent les axes pour accéder aux lieux où se trouvaient jeudi matin 2 500 personnes environ, procèdent à des opérations de contrôle et verbalisations. La préfecture a évoqué une “interruption du son”, sans écarter la possibilité d’une reprise de la musique.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait convoqué vendredi soir à Beauvau une réunion sur la rave avec le préfet et des membres du cabinet. “Je travaille avec eux cette nuit au rétablissement d’une situation normale en permettant au maximum l’intégrité physique de tous”, a-t-il écrit sur son compte Twitter.

“Les contrôles gendarmerie aux abords du site se poursuivent. Verbalisation systématique de toutes les personnes quittant les lieux, plus de 200 PV déjà relevés”, indiquait la gendarmerie sur les réseaux sociaux.

“L’État doit rétablir l’ordre public immédiatement”

Le député d’Ille-et-Vilaine Florian Bachelier (LREM) estimait sur son compte Twitter que “ce rassemblement de zadistes” faisait “honte à notre pays, à nos soignants mobilisés depuis des mois, à nos morts. Puisse l’autorité judiciaire leur faire comprendre rapidement et radicalement le sens du mot responsabilité. L’État doit rétablir l’ordre public immédiatement”.

“Il y a une grande hostilité, une grande violence face à nous qui a fait que le dispositif mis en place a évolué et on attend d’être en nombre, d’avoir suffisamment de forces mobiles pour mettre en place un dispositif qui est complexe, sensible, face à ces 2 500 délinquants présents sur les lieux”, avait souligné la porte-parole du ministère de l’Intérieur Camille Chaize sur BFM TV.

Jeudi soir, les gendarmes avaient tenté “d’empêcher cette installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux teufeurs”, a expliqué la préfecture d’Ille-et-Vilaine.

Lors de ces affrontements “un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères”, précise-t-on de même source.

Isabelle, une riveraine âgée d’une soixantaine d’années habitant dans une maison à proximité des hangars “désaffectés depuis quelques mois”, explique que l’arrivée des fêtards jeudi soir a été “spectaculaire”.

En pleine épidémie de Covid-19, “on essaye de faire ce qu’il faut et quand on voit ce qu’il y a en face… il est où le respect ?”, interroge-t-elle.

Selon la préfecture, le nombre de “teufeurs” était estimé vendredi matin à 2 500 “en provenance de différents départements et de l’étranger”.

Des secouristes sont sur place pour distribuer gel et masques “afin de limiter les risques de propagation du virus au sein du rassemblement”, qui a été interdit par arrêté préfectoral.

La préfecture précise que le parquet a ouvert une enquête pour “organisation illicite d’un rassemblement festif à caractère musical”, “violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique”, “dégradation du bien d’autrui en réunion” ou encore “travail dissimulé”, “tenue illicite d’un débit de boissons” et “infractions à la législation sur les stupéfiants et notamment la facilitation de l’usage”.

Deux hangars, deux ambiances 

En fin de matinée quelques fêtards quittaient les lieux sous un soleil radieux, a constaté un journaliste de l’AFP. Parmi eux, cinq Finistériens d’une vingtaine d’années, habillés en noir et bonnet sur la tête.

Selon eux il y a “deux hangars” et donc “deux ambiances” différentes pour cette fête “bien organisée” avec notamment des couvertures chauffantes à disposition pour lutter contre le froid.

À cette fête, dont ils ont appris l’existence “par le bouche à oreille”, “il y avait même des étrangers, des Espagnols et des Italiens”.

Un peu plus loin “Jo”, un des participants venus d’Alsace, a expliqué qu’il a rejoint jeudi à 19 h 30 un point de rendez-vous sur le parking d’un centre commercial. Puis le convoi s’est dirigé vers Lieuron où les forces de l’ordre ont tenté de les empêcher de passer.

Durant la journée, la fête au son d’une musique techno à plein volume a continué de résonner dans ces hangars industriels, de nombreux “teufeurs” dansant les uns à côté des autres sur un sol boueux, souvent sans masque, parfois avec des bouteilles d’alcool à la main.

Avec AFP

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