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Covid-19 : comment éviter la troisième vague – Le Parisien

Des magasins qui se remplissent de nouveau, des enfants qui rédigent leur lettre au Père Noël, des sapins enguirlandés et des balcons qui s’illuminent… La magie des fêtes gagne petit à petit les esprits, comme un pied de nez joyeux à l’angoisse de la situation sanitaire. Mais elle ne doit pas éclipser le risque d’une nouvelle vague épidémique. Car des médecins et des scientifiques redoutent déjà un rebond de l’épidémie de Covid-19 en janvier, février ou mars. « Cela peut arriver à n’importe quel moment, dès lors que l’on se relâche trop », résume Simon Cauchemez, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, dont les calculs orientent les choix du gouvernement.

« Le niveau d’immunité dans la population n’est pas suffisant pour nous en prémunir, ajoute le spécialiste. Puisqu’une troisième vague est possible, il faut tout faire pour la contrer. » On connaît les clés : fuir les grands rassemblements, bien garder le masque même lors des réveillons du 24 et du 31 décembre au soir, et se garder des embrassades du jour de l’An.

«Beaucoup trop tôt pour baisser la garde»

Le contre-exemple américain est dans toutes les têtes alors que les Etats-Unis ont enregistré un nombre record de contaminations en 24 heures avec près de 230 000 nouveaux cas recensés dans la journée de samedi 5 décembre. Le pays compte aujourd’hui le nombre de décès le plus élevé au monde alors que des millions d’Américains avaient voyagé la semaine dernière pour célébrer la grande fête de Thanksgiving, malgré les appels à éviter les déplacements.

« Ce sont les rassemblements familiaux et entre amis pour les fêtes qui sont les plus délicats, car il y aura sans doute une diminution de la tolérance au respect des gestes barrière, reconnaît Agathe Raynaud-Simon, cheffe du service de gériatrie à l’hôpital Bichat à Paris. Mais il est beaucoup trop tôt pour baisser la garde ».

La barre symbolique des 5000 cas à la mi-décembre

Chef du service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, le professeur Philippe Juvin estime qu’il ne serait pas inutile que chacun « se fasse tester avant les fêtes, de diminuer ses interactions sociales la semaine qui précède et d’aérer lorsqu’on se retrouve ensemble ». Des précautions cruciales, car le virus circule toujours. « Nous avons un fond de patients atteints du Covid qui continuent à arriver à l’hôpital », confie l’urgentiste. Preuve que la deuxième vague fait de la résistance.

Covid-19 : comment éviter la troisième vague

« La baisse des cas observée jusqu’à récemment encore nous laissait penser que nous serions sous la barre des 5000 cas par jour mi-décembre, explique Simon Cauchemez. Or, ces derniers jours, on voit un ralentissement de la baisse de l’épidémie, au niveau des hospitalisations et du nombre de nouveaux cas quotidiens. S’il se confirme, nous n’aurons pas passé le seuil des 5000 à la mi-décembre. » Un niveau hautement symbolique, posé par Emmanuel Macron comme l’une des conditions de la poursuite du déconfinement. Que se passera-t-il s’il n’est pas atteint? « C’est une décision politique », balaie Simon Cauchemez.

Ce ralentissement, l’expert, membre du conseil scientifique, ne se l’explique pas : « Cela peut être dû à un relâchement, à un retour trop précoce au travail ou avec ses amis… Il est trop tôt pour le dire. » Dans son équipe de gériatrie, Agathe Raynaud-Simon affirme en tout cas que la moitié de son service « continue à traiter du Covid ».

«On ne verra pas suffisamment tôt l’effet des vaccins»

Seule l’arrivée des vaccins « peut changer la donne », estime Simon Cauchemez. « Dans un premier temps, en protégeant les personnes les plus fragiles et donc en diminuant la pression sur l’hôpital, argumente-t-il. Dans un second − s’il réduit aussi le risque de transmission de la maladie − en immunisant une part suffisante de la population. La circulation du virus se ferait alors à bas bruit et nous permettrait de reprendre une vie plus normale. »

« Plus on repoussera la date de la vaccination, plus on s’exposera à cette nouvelle vague », estime Philippe Juvin. « On ne verra pas suffisamment tôt l’effet des vaccins pour éviter une troisième vague à laquelle nous sommes déjà préparés, craint de son côté la gériatre Agathe Raynaud-Simon. Entre nous, nous imaginons même une succession de plusieurs vagues d’ampleurs différentes. »

Raison de plus aux yeux de l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur, pour ne pas lâcher sur le contrôle de l’épidémie : « Ce serait vraiment terrible d’avoir une troisième vague avec tous ces morts alors que les vaccins sont proches, soupire Simon Cauchemez. Il faut tenir. »

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