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Cette technologie pourrait permettre de transplanter beaucoup plus d’organes – ICI.Radio-Canada.ca

Pour décrire ce système, le Dr Jayan Nagendran, qui est également le directeur chirurgical du Programme de transplantation pulmonaire de l’Université de l’Alberta, utilise l’image d’une poitrine mécanique.

Il s’agit d’une boîte dans laquelle le poumon est placé juste après avoir été prélevé. Une fois à l’intérieur, l’organe est alimenté en oxygène et en sang, exactement comme il le serait s’il était encore dans un corps humain. C’est pour cela que l’on parle d’un appareil de perfusion ex vivo.

Bien que des appareils de ce genre existent déjà, celui-ci est le seul à utiliser une pression négative plutôt que positive pour alimenter la « poitrine mécanique ».

[Dans cette boîte] nous utilisons une ventilation à pression négative, ce qui est la façon dont vous et moi respirons, souligne le Dr Nagendran. On ne pousse pas l’air dans les poumons comme avec un respirateur, il y [entre]. Les poumons respirent naturellement.

Selon le spécialiste, c’est ce qui fait que cet appareil donne de biens meilleurs résultats que les autres.

Avec cette technologie, le Dr Nagendran et son collègue Darren Freed s’attaquent à deux problèmes : le manque d’organes jugés d’assez bonne qualité pour être transplantés et la durée de vie limitée d’un organe entre le prélèvement et la greffe.

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Une course contre la montre

Aujourd’hui, après avoir été prélevés, les organes sont placés dans de la glace. C’est là qu’ils commencent à mourir lentement, dit le Dr Nagendran.

Ils commencent à subir des dommages irréversibles après 6 heures. Après environ 10 heures, ils ne sont plus utilisables, résume le chercheur.

C’est pour cela que les greffes d’organes sont une course contre la montre et posent de nombreux défis logistiques. Avec l’appareil de perfusion ex vivo, les poumons peuvent être conservés jusqu’à 48 heures, d’après les chercheurs. 

En 2019, le Programme de transplantation pulmonaire de l’Université de l’Alberta – qui dessert l’Alberta, mais aussi la Saskatchewan, le Manitoba, le nord de la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest – a réalisé 78 greffes.

Parmi elles, 12 ont eu recours à cette poitrine mécanique dans le cadre d’un essai clinique. 

Nous avons procédé à 12 greffes avec des organes qui avaient été refusés, raconte le Dr Nagendran. Or, une fois placés dans l’appareil, nous avons pu constater qu’ils fonctionnaient bien. Les 12 organes ont été greffés et, un an plus tard, les patients vont bien.

Patients sur une liste d’attente

L’autre avantage de l’appareil de perfusion ex vivo, en effet, est qu’il permet de greffer des organes qui, sans cela, auraient été jugés inutilisables. Comme les chirurgiens ont plus de temps, ils peuvent évaluer plus précisément l’état de l’organe, ils peuvent même lui administrer des médicaments au besoin, poursuit le chercheur.

Grâce à la pression négative, les poumons respirent naturellement. Parfois, cela peut suffire à les réparer, précise-t-il.

Actuellement, plus de 75 % des poumons qui viennent de donneurs ne sont pas acceptés, alors qu’on a de nombreux patients en attente de greffe et que des patients meurent en attendant une transplantation, déplore le Dr Nagendran.

Jayan Nagendran (à gauche) et Darren Freed (à droite) posent devant leur invention.

La prochaine étape pour les chercheurs est de valider la version portative de leur appareil au cours d’un nouvel essai clinique.

Photo : Fournie par ArisMD

Aller plus loin

Le Dr Darren Freed, directeur de recherche de l’Institut de transplantation de l’Alberta, admet que cette technologie de perfusion n’est pas nouvelle, mais d’après lui, il y a eu de nombreux progrès, et ce n’est pas fini.

Je ne pense pas que ce soit exagéré de dire que la perfusion d’organes ex vivo est l’avenir de la transplantation. Dans un avenir proche, 90 % de tous les organes greffés auront été perfusés en dehors du corps, avance-t-il.

Avec cette technologie, on pourrait aller chercher des organes beaucoup plus loin. On pourrait aller chercher des organes sur un autre continent, affirme le Dr Nagendran.

Il ajoute que la compatibilité entre l’organe et le receveur pourrait également être améliorée : On pourrait choisir un patient qui est plus compatible, même s’il vient de plus loin.

Pour cela, la prochaine étape est que le système soit portatif. Les deux chercheurs ont déjà un prototype qui fera l’objet d’un essai clinique cette année.

Dans un an ou deux, les deux chirurgiens espèrent aussi pouvoir réaliser un essai clinique avec un système similaire, mais pour les greffes de cœur cette fois, car les appareils de perfusion ex vivo peuvent servir pour tout type d’organe.

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