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Capton, Missonnier, Frémaux… le cinéma français reste optimiste malgré la crise sanitaire

Interrogées par le magazine Variety, dix personnalités du septième art mettent en avant les évolutions significatives du secteur. La pandémie et les confinements favorisent l’essor des plateformes de streaming. Un mal pour un bien ?

Frappé de plein fouet par la crise sanitaire, le cinéma français garde espoir. Variety a interrogé dix personnalités du monde du secteur sur l’évolution du septième art en 2021. Pour le directeur du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, qui vient d’alerter sur les dangers encourus par les salles, 125 ans après leur création, la situation impose de «repenser l’écosystème de l’industrie cinématographique».

La pandémie a accéléré «une transition déjà amorcée dans notre industrie et qui aurait mis quelques années à se développer» sans le Covid-19, estime Caroline Benjo, cofondatrice de la société de production Haut et Court. «Mais beaucoup ne survivront pas au processus», prévient-elle. Une sélection naturelle qui, déplore-t-elle, va balayer les plus faibles au profit des plateformes et des grosses sociétés de productions.

« La France a toujours été pionnière en matière d’équilibrage entre régulation et business. Désormais, elle a l’opportunité d’appliquer cet équilibre avec les plateformes mondiales »

Marc Missonnier, fondateur de la société de production Moana Films

Outre la fameuse «exception culturelle» française, le modèle de financement du cinéma et de sa distribution évolue durablement. «2021 devrait être une année de changements majeurs avec la mise en place [depuis le 1er janvier en France, NDLR] de la directive sur les services de médias audiovisuels , et ce avant de nombreux autres pays européens», observe Pierre-Antoine Capton, patron de Mediawan, producteur de fictions (films ou séries) mais aussi d’émissions de télé comme C à vous sur France 5. Le principe ? Que les plateformes de streaming aient les mêmes obligations de financement que les diffuseurs classiques. «Il y aura ainsi plus d’opportunités pour les sociétés de production et de distribution françaises capables de fournir des contenus de qualité», poursuit-il.

«La France a toujours été pionnière en matière d’équilibrage entre régulation et business. Désormais, elle a l’opportunité d’appliquer cet équilibre avec les plateformes mondiales», s’enthousiasme le producteur Marc Missonnier (Moana Films) qui, à l’inverse, s’inquiète d’une réglementation à outrance qui pourrait s’avérer liberticide. Car l’essor du streaming met aussi en exergue les tensions entre producteurs et diffuseurs français et leurs homologues américains.

Le cofondateur de la société de production Make It Happen Studio, Sydney Gallonde, à l’origine de la série Une chance de trop pour Netflix, explique : «Auparavant, il était facile pour les producteurs en France d’accéder aux artistes et à la propriété intellectuelle. Mais maintenant, pour ceux qui souhaitent sécuriser les talents locaux poursuivis par les streamers et les studios américains, cela devient un combat épique dans la veine de David et Goliath.»

Quid du film en salle ?

La voie sur laquelle s’engage l’industrie cinématographique tend à sacrifier la diffusion en salle, en tout cas concernant les films américains dont les producteurs privilégient les contrats avec Netflix et les autres plateformes de streaming. Jocelyn Bouyssy, directeur des cinémas CGR, se veut pourtant optimiste : «Avant le deuxième confinement, le succès du cinéma en salle a souligné l’importance de diffuser des films pour tous les âges. Les Français sont des cinéphiles avides. […] En ces temps sombres, nos films locaux ont eu l’opportunité de briller et ont aidé la France à devenir le pays européen qui a le moins souffert de la baisse des entrées. »

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