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Au festival June Events, la danse se met au vert

L’ouverture du festival de June Events, au petit matin le lundi 30 mai, gardera pour les spectateurs présents le goût précieux des moments suspendus. Baignés dans le camaïeu émeraude du bois de Vincennes, bercés par les gammes joyeuses des oiseaux, ils étaient conviés à suivre les cinq danseurs du chorégraphe américain Daniel Linehan pour Listen Here, These Woods. Une performance méditative au contact de la nature et de ses éléments : le mystère de l’air, la matérialité immémoriale des végétaux et, au milieu, des corps en quête d’harmonie.

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Comme Daniel Linehan, qui présente le deuxième volet de sa pièce en intérieur le 2 juin, les chorégraphes à l’affiche de cette 16e édition de June Events combinent les propositions en salle et en extérieur, avec pour terrain de jeu le bois de Vincennes, écrin de l’Atelier de Paris-Centre national de développement chorégraphique.

Des costumes éloquents

La danseuse Marion Carriau et la performeuse Magda Kachouche donneront ainsi deux versions, dont une à la nuit tombée dans le Parc floral, de leur Chêne centenaire. Dans cette « fable écologique », la danse, le chant, le texte et les objets se mêlent pour raconter la fin d’un monde, le nôtre, et esquisser les perspectives d’un nouvel horizon.

« L’art est fondamentalement politique, assure Magda Kachouche. Nous nous engageons là où nous sommes, avec ce que nous savons faire autour de cette question urgente : comment habiter le futur ? Nous essayons de fabriquer une “possitopie”, où tout est à réinventer. »

Les deux jeunes artistes sont convaincues que les savoirs ancestraux constituent des voies de résistance à l’effondrement. Un propos qu’elles ont mis en pratique dans la création de ce duo. « Nous ne sommes pas seulement dans la fable, nous défendons une sincérité et une manière de faire, souligne Marion Carriau. Par exemple, quasiment aucun achat n’a été fait pour la scénographie et les costumes. »

Ceux-ci, qui tiennent une place centrale dans le récit, ont été conçus par Alexandra Bertaut avec Yannick Hugron, à partir de matériaux de récupération (sacs en plastique, bandes magnétiques, mais aussi dentelles, coquillages, etc.) selon des techniques anciennes de tissage. À l’image des possibles recommencements dessinés par Chêne centenaire, l’espoir d’une transformation vertueuse au diapason de la nature.

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