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Antoine Dupont (Stade Toulousain) : « Les Irlandais, chez eux, ça n’est jamais simple » – L’Équipe.fr

« À quel match vous attendez-vous à Belfast, vendredi soir ?
Ce sera très difficile, mais aussi décisif pour la suite de la compétition avec le nouveau format (quatre matches de poules au lieu de six). Déjà qu’on n’avait pratiquement pas le droit à l’erreur lors de l’ancienne formule, là, ça sera encore plus vrai. Comme un symbole, on retrouve les deux équipes qu’on a affrontées il y a deux mois (l’Ulster et Exeter). On les connaît bien, mais elles aussi nous connaissent bien. J’imagine que l’Ulster a dû garder en mémoire sa défaite ici en quarts de finale de la précédente édition (36-8). Les Irlandais, chez eux, ça n’est jamais simple. D’ailleurs, les dernières fois qu’on a joué là-bas, ça ne s’est pas bien passé pour nous. On sait à quoi s’attendre dans ce climat hostile.

Que pensez-vous de cette nouvelle formule, justement ?
C’est sûr que c’est particulier. Chaque match ressemblera à une rencontre de phase finale. Après, ça amènera peut-être un peu plus d’équité au moment des vraies phases finales, justement, puisque les quarts de finale se joueront par matches aller-retour, et non plus sur un seul match, ce qui donnait un avantage certain à l’équipe qui recevait.

« Le fait de les avoir joués (les joueurs de l’Ulster) il y a peu nous fait gagner beaucoup de temps sur les analyses vidéos »

Antoine Dupont, joueur du Stade Toulousain

Le fait d’avoir nettement battu l’Ulster il y a deux mois vous confère-t-il un avantage certain ?
Je ne sais pas, parce que les Irlandais doivent préparer cette rencontre depuis plusieurs semaines déjà. Je crois qu’ils n’ont pas perdu un match depuis ce fameux quart de finale. On va donc être reçus comme il se doit, et pas vraiment dans les mêmes conditions climatiques qu’en octobre à Toulouse, où il y avait un grand soleil. Ce qui est sûr, c’est que le fait de les avoir joués il y a peu nous fait gagner beaucoup de temps sur les analyses vidéos.

Que vous ont apporté les deux dernières campagnes européennes, où vous avez échoué à chaque fois en demi-finales ?
L’équipe était très jeune il y a deux ans, un peu moins la saison dernière. On a surtout des regrets sur la dernière édition. Maintenant, on connaît mieux les pièges de cette campagne, on sait que c’est toujours d’un niveau supérieur à celui du Championnat.

« Le rugby qui marche aujourd’hui n’est pas forcément celui qui est le plus joli »

Antoine Dupont, joueur du Stade Toulousain

La Coupe d’Europe a-t-elle en France l’aura qu’elle mérite ?
En France, on a un Championnat tellement exigeant que c’est peut-être plus difficile pour nous que pour d’autres de se focaliser sur la Coupe d’Europe. Après, Toulouse a une histoire particulière avec cette compétition puisqu’il est codétenteur du plus grand nombre de titres (4, avec le Leinster). Quand je suis arrivé dans ce club, j’ai vraiment senti l’importance de cette compétition pour les joueurs, le club, le staff, les supporters. D’ailleurs, à chaque fois qu’on croisait des gens dans la rue après notre titre de champion de France en 2019, ils nous disaient : “Bon, le Brennus, c’est fait, maintenant gagnez-nous la Coupe d’Europe !” On sent qu’ils ont un manque parce que ça fait dix ans que Toulouse n’a plus gagné cette compétition.

Les bons résultats obtenus par l’équipe de France peuvent-ils avoir un prolongement en Coupe d’Europe ?
Ça va de pair. La saison dernière, on avait deux clubs français en finale des deux compétitions européennes (le Racing 92 en Coupe d’Europe et Toulon en Challenge européen). Ça montre que le rugby français se porte bien. Peut-être que les équipes adverses nous craignent un peu plus.

Partagez-vous le sentiment de certains spécialistes qui disent s’ennuyer aujourd’hui en regardant un rugby devenu par moments une bataille d’occupation avec un nombre incalculable de ballons joués au pied ?
C’est sûr qu’on aimerait voir davantage de relances de 100 m et d’essais à 40 passes, mais on voit que le rugby qui marche aujourd’hui n’est pas forcément celui qui est le plus joli. Cheslin (Kolbe) ne m’en voudra pas en disant ça, mais l’Afrique du Sud n’a pas déployé le jeu le plus agréable à voir durant la dernière Coupe du monde. Pourtant, elle est devenue championne du monde. Après, on voit quand même au niveau européen des équipes qui jouent énormément comme Exeter, qui tient beaucoup le ballon, Bristol et d’autres. Mais c’est vrai que le jeu au pied devient de plus en plus important. Peut-être trop, parfois. Mais il y a bien des fois où l’on est obligé de taper.

Qu’avez-vous pensé de la performance de vos coéquipiers en finale de la Coupe d’automne des nations (défaite 22-19 a.p.) ?
Franchement, ils ont bluffé tout le monde. Ils ont réussi une performance incroyable avec un état d’esprit irréprochable du début à la fin. On a vu aussi qu’ils étaient en forme physiquement, parce que malgré la prolongation, ils ont gardé la même intensité. Quand on connaît la dimension physique de cette équipe d’Angleterre, si chère à Eddie Jones (le sélectionneur), c’est une réelle prouesse d’avoir fait plus que rivaliser dans ce secteur. C’était beau de voir. Je pense qu’on a tous vibré devant notre télé. »

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