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Angleterre-France : les coups de cœur et les coups de griffe de notre envoyé spécial – Le Figaro

Envoyé spécial à Twickenham

Coups de cœur

La profondeur du réservoir français

62 joueurs. Depuis le début de son mandat, en janvier dernier, le sélectionneur Fabien Galthié a convoqué 62 joueurs. Pour une flopée de confirmations, de révélations, de jolis coups. Contraint par la convention de dupes signée avec les clubs professionnels à ne pas aligner plus de trois fois les mêmes joueurs durant les cinq tests de l’automne, il en a finalement profité pour élargir sa revue d’effectif. Sa dernière composition faisait redouter le pire. Mais son équipe de gamins, sans expérience, a tenu la dragée haute aux vice-champions du monde anglais. Pour quelques postulants de plus (Dulin, Geraci, Pesenti, Jelonch, Woki, Villière, Moefana…). Au final, et sans caricaturer, le staff du XV de France se retrouve à la tête de 45 joueurs pouvant prétendre au maillot bleu. L’équivalent de trois équipes. Une émulation (Galthié préfère ce terme à celui de concurrence) qui va forcément contribuer à faire monter encore le niveau. Et on ne parle même pas des blessés de longue date, à l’image de Damian Penaud qui postulera directement pour une place de titulaire.

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Des spectateurs, de la vie.

Bien sûr, ils n’étaient que 2.000. Perdus dans une enceinte de 82.000 places. Mais ils ont chanté, crié, applaudit, mettant un peu de vie dans des stades trop silencieux depuis trop longtemps. Leurs applaudissements lors de l’hommage à Christophe Dominici ont un peu réchauffé les cœurs. Leurs encouragements envers le XV de la Rose ont rempli le vide. Et on a même entendu la poignée de supporters français (pas plus de cinq…) entonner la Marseillaise à pleins poumons ou vibrer aux prouesses des jeunes Tricolores. Vivement que les stades se remplissent à nouveau pour revivre enfin pleinement toutes ces émotions.

Farrell le résiliant

De quel métal est fait le capitaine anglais. Le buteur du XV de la Rose a raté des pénalités immanquables, a touché le poteau sur celle qui devait sceller la victoire en mort subite de son équipe. Quatre échecs inhabituels qui n’ont pas empêché Owen Farrell de se montrer décisif. En réussissant la transformation dans les arrêts de jeu pour envoyer les deux équipes en prolongation. Et, à la 96e, de se placer à nouveau derrière le tee pour tenter le but de la victoire. Avec réussite. Il ne doute pas. C’est pour cela qu’il est terriblement agaçant. Pour ses adversaires. Ses partenaires, eux, savent que, quoi qu’il arrive, ils pourront compter sur lui. Acier inoxydable ?

                                                                       

Coups de griffe

M. Brace arbitre-maison

« C’est gênant que le match se soit joué à des décisions…» Fabien Galthié a pointé du doit l’arbitre irlandais après la défaite, injuste, de son équipe. Passant sur le manque de dignité d’Andrew Brace, se faisant dicter ses coups de sifflet ou le recours au TMO (vidéo-arbitrage) par les joueurs anglais hurlant après lui. C’était déjà bien irritant mais il y a eu pire. Trois décisions malheureuses qui ont scellé le sort de ces Bleus si méritants. Sur l’essai anglais à 25 secondes de la fin du match, l’Irlandais et ses assesseurs ne veulent pas voir un en-avant au sol d’un joueur anglais. Embêtant. Sur le coup d’envoi de la seconde prolongation, il siffle à l’inverse un en-avant imaginaire de Sekou Macalou. Pas de bol, sur la suite de l’action, Villière, au grattage, avait récupérer la potentielle pénalité de la gagne… Au début de la première prolongation, il avait offert à Owen Farrell une occasion en or sur une faute inexistante de Tolofua. Mais, signe du destin, le buteur anglais avait vu le ballon détourné par le poteau. On pourrait poursuivre la liste des drôles de choix de M. Brace. Mais bon, l’arbitre a toujours raison…  

Un règlement débile

Mais qui a pondu ce règlement, que les joueurs français ont d’ailleurs découvert sur le tard ? Des prolongations avec mort subite ! Une première et, on l’espère vraiment, une dernière, tant ce format, ce couperet, ne convient pas au rugby. Absurde d’attribuer la victoire à la première pénalité marquée. Sans parler du pouvoir démesuré que cela donne à l’arbitre (voir ci-dessus…). Bref, une très mauvaise idée à bannir définitivement.

Les Français manquent de courtoisie

D’accord les Bleus l’avaient légitimement mauvaise d’être passé si près d’un retentissant exploit. D’accord, ils avaient quelques raisons d’en vouloir à l’arbitre et très certainement une dent contre ces Anglais qui ne les avaient guère respectés dans leurs déclarations d’avant-match. Mais ils se seraient grandis en restant sur la pelouse de Twickenham pour assister à la remise du trophée, de cette coupe d’automne des nations, à leur adversaire (cérémonie étrange où Farrell passait lui-même la médaille autour du cou de ses coéquipiers, passons…). «Frustrés, déçus, amers», les Français ont préféré ne pas voir ça en plongeant au plus vite dans les entrailles de Twickenham. Pas très classe. Et comme on est certain que, si l’issue avait été inverse, les Anglais et leur légendaire fair-play seraient restés contempler leurs bourreaux…

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