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À Saint-Pierre-du-Mont, le club de rugby est en sommeil : « Le rugby amateur ne convient plus aux jeunes »

Thomas Costedoat a reçu d’innombrables messages de soutien : « J’ai eu une centaine d’appels dans la foulée. Avec des mots réconfortants mais aussi parfois des demandes pour récupérer tel ou tel joueur. » Car la pénurie de joueurs se fait sentir partout, à tous les niveaux. « J’ai envoyé six de nos joueurs vers Villeneuve-de-Marsan qui, même s’ils sont en Fédérale 3, ont des soucis d’effectif. Quatre autres sont allés à Grenade, en Régionale 1. » Pas bien loin des Landes, en Régionale 2, le Rugby Club Béarnais, en entente avec Peyrehorade, a dû, lui aussi, déclarer forfait avant même le début du championnat.

« Moi, quand j’étais jeune, j’allais en courant à l’entraînement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas »

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Problème sociétal ?

Thomas Costedoat est particulièrement affecté par la situation. Au club depuis seize ans, il en a été joueur, entraîneur et donc président depuis 2016. Un club qu’il a récupéré endetté, avant de le remettre à flot. « Initialement, j’étais là pour du bricolage », confie-t-il. Il ne comprend pas les difficultés actuelles du rugby amateur : « Moi, quand j’étais jeune, j’allais en courant à l’entraînement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, le rugby amateur ne convient plus aux jeunes. Et puis, avoir un gosse, c’est une maladie apparemment : maintenant, dès qu’ils en ont un, ils arrêtent de jouer. Il y a ceux qui construisent leur maison, ceux qui se blessent… » Tous ces événements laissent donc des trous dans les effectifs.

Mais certains joueurs ont encore la flamme. Quand il leur a annoncé sa décision, Thomas Costedoat avoue que « certains ont pleuré, d’autres étaient plus fatalistes ». Il les a donc motivés à poursuivre leur carrière ailleurs, même si « c’est un crève-cœur que de laisser ce club ».

Trois semaines avant de déclarer forfait, il avait été contacté par Roquefort, club aussi en manque de joueurs, pour fusionner. Après réflexion, il a refusé. Une décision qu’il justifie : « Le Sporting Club Saint-Pierre-du-Mont Rugby a 42 ans et jamais Roquefort ne s’est intéressé à nous. Je préfère mourir tout seul qu’avec eux. » Car, selon lui, cette fusion était vouée à l’échec.

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