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A Lille, le festival Latitudes contemporaines miroir du réel

« Chœur(s) », d’Alain Platel, du 11 au 14 juin à l’Opéra de Lille-Latitudes contemporaines.

Rue Monge, rue Desbonnet, rue Tamana Zaryab… Si les Roubaisiens reconnaîtront facilement les deux premières, la troisième détonne. Depuis le 8 juin, la rue, originellement nommée Edouard Anseele, a été rebaptisée au nom de la militante féministe afghane Tamana Zaryab par l’artiste et performeuse Kubra Khademi à l’occasion du festival Latitudes contemporaines, un événement culturel et engagé qui célèbre chaque année, dans la métropole lilloise et ses alentours, l’art contemporain sous toutes ses formes ainsi que les engagements de ses auteurs.

Jusqu’au 28 juin, les visiteurs peuvent ainsi assister à diverses manifestations artistiques au sein d’une programmation éclectique allant de la danse au théâtre en passant par les arts plastiques. Pour sa 20édition, le festival a misé sur le thème du développement durable pour faire découvrir au public le travail d’artistes nationaux et internationaux « Il faut comprendre ce thème au sens large. Nous n’évoquons pas seulement l’écologie mais le développement durable de la société, précise Maria Carmela Mini, fondatrice et directrice du festival depuis 2003. Latitudes est un festival attaché au réel avec des artistes qui se posent des questions de société. »

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Ainsi, la plaque au nom de Tamana Zaryab n’est qu’un aperçu du parcours mis en place par l’artiste Kubra Khademi à Roubaix. Baptisée Les Héroïnes d’aujourd’hui, cette installation consiste à recouvrir un nom de rue pour lui donner celui d’une activiste féministe afghane. Au total, trois plaques ont été installées dans la ville et deux autres à la Condition publique, une friche industrielle réinvestie en terrain d’expérimentation artistique. L’établissement accueille, cette année, plusieurs événements du festival.

Engagement du corps

« Je déteste les spectateurs passifs, déclare Maria-Carmela Mini. Le spectateur doit lui-même construire son récit en fonction de notre programmation et il est acteur de ce qu’il a décidé de voir. » Dans une sorte isoloir, des marteaux, des scies, des lunettes de protection et une inscription : « Prenez votre objet, détruisez-le, découpez-le, réduisez-le en pièce ». Autant d’injonctions à l’attention des visiteurs. A La Condition publique, l’expérience interactive Worktable de l’artiste néo-zélandaise Kate McIntosh surprend. Cette installation organisée pendant trois jours brouille les frontières entre artistes et spectateurs. Avant de commencer l’expérience, ces derniers doivent choisir un objet : un parapluie, un vase en céramique, un téléphone fixe… Une fois le choix fait, le visiteur doit le détruire à huis clos.

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